Kevin Warsh a prêté serment vendredi comme nouveau président de la Réserve fédérale américaine lors d'une cérémonie organisée à la Maison-Blanche, en présence de Donald Trump. L'ancien gouverneur de la Fed, déjà en poste entre 2006 et 2011, succède à Jerome Powell, qui a dirigé l'institution pendant huit ans et reste membre du conseil des gouverneurs, une situation rare dans l'histoire de la banque centrale.
Lors de la cérémonie, Donald Trump a affirmé vouloir que Kevin Warsh soit "totalement indépendant", mais le cadre même de l'événement souligne l'implication inhabituelle de la Maison-Blanche dans la succession à la Fed. Le dernier président de la banque centrale américaine à avoir prêté serment à la Maison-Blanche était Alan Greenspan, en 1987.
L'enjeu dépasse donc la trajectoire attendue des taux, que Donald Trump souhaite voir baisser, puisque Kevin Warsh pourrait devoir démontrer très vite qu'il dispose de la latitude nécessaire pour faire l'inverse si les chiffres l'exigent. Les droits de douane et les investissements massifs liés au déploiement de l'intelligence artificielle alimentent de façon importante les prix des biens, tandis que les coûts de l'énergie remontent avec la guerre au Moyen-Orient et que l'inflation des services hors logement, la composante la plus persistante, reste bloquée autour de 3% depuis plus d'un an.
Si les marchés commencent à intégrer la possibilité d'un nouveau resserrement monétaire, Kevin Warsh pourrait rapidement être confronté à Donald Trump, mais aussi au test que tous les présidents de la Fed finissent par rencontrer : sa crédibilité auprès des marchés. Marc Sumerlin, ancien collègue de Warsh dans l'administration Bush et candidat auditionné l'an dernier pour la présidence de la Fed, estime qu'un glissement trop accommodant dans l'environnement actuel risquerait de déstabiliser encore davantage les taux obligataires de long terme.
Dans sa première intervention en tant que président, Kevin Warsh a rappelé le double mandat de la Fed, à savoir la stabilité des prix et le plein emploi. Il a aussi promis de diriger une Réserve fédérale "orientée vers la réforme", en tirant les leçons des succès et des erreurs passées. Cette formule vise surtout le cadre d'action hérité de la crise financière et de la pandémie, marqué par un recours massif au bilan de la banque centrale.
Le bilan de la Fed atteint encore environ 6 800 MdsUSD, après avoir culminé autour de 9 000 MdsUSD, contre près de 800 MdsUSD avant 2008. Kevin Warsh a déjà jugé ce bilan excessif et défendu un rôle plus limité de la Fed sur les marchés.
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