L'atterrissage en douceur des économies dans un contexte de taux restrictifs doit pousser à sélectionner des entreprises capables de résister à des coûts de financement plus élevés, qu'il s'agisse d'investissement action ou crédit, selon les perspectives 2024 d'Oddo BHF.
Les taux ont atteint un plateau, et non un pic, a prévenu le gérant d'actif au cours d'une conférence de presse: les politiques monétaires vont rester à des niveaux restrictifs plus longtemps que ce qu'anticipent les marchés, sans toutefois provoquer de récession importante. La croissance en zone euro et aux Etats-Unis devrait atteindre entre 0% et 1% l'an prochain, estime Oddo BHF.
Ce contexte de conditions financières plus contraignantes et d'une activité en ralentissement va poser la question de la soutenabilité de la dette pour de nombreuses entreprises, poussant le groupe à sélectionner des titres moins exposés aux risques de refinancement pour ses fonds diversifiés.
Côté actions, Sophie Monnier, spécialiste produit senior, explique que le groupe favorise un biais qualité et des entreprises internationales, moins exposées à une seule économie.
Les actions détenues par les fonds diversifiés du groupe atteignent en moyenne un niveau de levier (dette sur Ebitda) compris entre 0,3 et 0,8, contre une moyenne de 1,3 pour les indices actions internationaux.
Le crédit européen est l'autre compartiment favorisé par le groupe, qui estime que le crédit américain, historiquement plus rémunérateur car plus risqué, n'offre plus des rendements suffisants. Moody's prévoit ainsi une hausse des défauts à 3,7% à 12 mois pour l'Europe, contre 4,3% aux Etats-Unis.
Pour autant, il demeure des zones de risque dans le crédit européen: certains secteurs ont davantage souffert de la remontée des taux - l'immobilier concentre 57% de la dette décotée de la région - tandis que les perspectives négatives des agences de notation se concentrent sur les titres fragiles, de catégorie B et CCC.
Oddo BHF recommande donc de favoriser les secteurs moins endettés et de préférer les titres à haut rendement de maturité courte, moins sensibles à un nouvel écartement des spreads et offrant une rémunération attractive.
Le groupe s'expose enfin aux souverains pour leur rôle de protection plus que de rendement.
"Au vu des niveaux d'endettement des économies européennes, nous considérons ne pas être assez rémunérés pour le risque, en particulier pour les pays périphériques", constate Philippe Vantrimpont, spécialiste produit senior.
"Pour autant, nous nous exposons aux titres allemands et américains, sûrs, et qui offrent une couverture en cas de dégradation de la conjoncture".
(Rédigé par Corentin Chappron, édité par Blandine Hénault)

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