* La CGT appelle les cheminots à l'unité contre la réforme
* Le calendrier annoncé le 26 février à Matignon
* Il y a urgence, dit la ministre des Transports
PARIS, 19 février (Reuters) - Edouard Philippe et Elisabeth
Borne ont entamé lundi une série de rencontres avec les
dirigeants et les organisations syndicales de la SNCF pour
débattre des conclusions du rapport Spinetta avant une réforme
en forme de "big bang".
Les présidents du directoire et du conseil de surveillance
de l'entreprise ferroviaire, Guillaume Pepy et Frédéric
Saint-Geours, n'ont voulu faire aucun commentaire après avoir vu
le Premier ministre et la ministre des Transports, tout comme le
PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet.
Elisabeth Borne devait recevoir successivement lundi les
représentants de l'Unsa ferroviaire, de la CFDT ferroviaire, de
Sud Rail et de la CGT cheminots.
"On ne va pas au ministère très rassurés et on ne s'attend
pas à l'être en sortant", a dit à Reuters le secrétaire général
de l'Unsa ferroviaire, Roger Dillenseger. "Tous les éléments
sont un peu dérangeants dans le rapport."
L'Unsa décidera jeudi d'un éventuel mouvement social contre
la réforme. La CGT, syndicat majoritaire, a appelé les salariés
à se mobiliser le 22 mars, jour de mobilisation dans la fonction
publique.
"La bataille n'est pas gagnée d'avance pour le
gouvernement", a déclaré lundi le secrétaire général de la CGT
cheminots, Laurent Brun, sur franceinfo, appelant à l'unité des
syndicats de cheminots.
Elisabeth Borne "propose de pousser plus loin les solutions
qui sont mises en oeuvre depuis 15 ans et qui sont une
catastrophe : suppression de l'emploi puisqu'on nous annonce un
nouveau plan social avec des départs volontaires, suppressions
des lignes, etc.", a-t-il ajouté.
"LE STATU QUO N'EST PAS POSSIBLE"
Après d'autres consultations - régions et usagers notamment
- la méthode et le calendrier de la réforme seront annoncés le
26 février à Matignon.
"La situation étant préoccupante et alarmante, il y a
urgence à agir", a déclaré la ministre des Transports, Elisabeth
Borne, au Journal du dimanche.
"Nous allons aborder des sujets très sensibles. Il y a des
inquiétudes et forcément beaucoup de questions, c'est légitime.
Nous allons dialoguer, y répondre. Mais le statu quo n'est pas
possible. C'est ma ligne rouge et celle du gouvernement",
ajoute-t-elle.
Dans son rapport remis jeudi au Premier ministre, l'ancien
PDG d'Air France Jean-Cyril Spinetta fait 43 recommandations
pour l'avenir du transport ferroviaire, fragilisé financièrement
et confronté à d'importants défis avant l'ouverture à la
concurrence.
Il recommande d'examiner la pertinence de maintenir des
lignes peu utilisées, d'envisager de ne plus embaucher sous le
statut de cheminot et d'enrayer l'expansion des lignes TGV.
Il suggère d'autoriser la SNCF à recourir à des plans de
départs volontaires, qui pourraient concerner 5.000 personnes.
MISE EN CONCURRENCE
Il recommande de redresser les finances par des mesures de
compétitivité et des ajustements des péages, redevances et
dividendes. Une transformation qui passerait par la
transformation de SNCF Réseau en société nationale à capitaux
publics, associée à une garantie qu'elle reste 100% publique.
Concernant la mise en concurrence, qui doit commencer en
2019 et s'achever au plus tard en 2023 pour les lignes
subventionnées, selon un accord conclu au niveau européen, le
rapport se penche sur la délicate question du transfert des
personnels vers les nouveaux opérateurs.
Il propose de garantir le maintien de leur rémunération
nette, de leur ancienneté et de droits spécifiques concernant la
retraite, la garantie d'emploi et les facilités de circulation.
Pour donner de l'air à SNCF Réseau, il propose de transférer
à l'Etat une partie de sa dette, qui s'élève à 46 milliards
d'euros, soit plus de deux points de produit intérieur brut.
Les arbitrages du gouvernement seront intégrés au projet de
loi mobilités, prévu pour avril, qui comportera d'autres
chapitres importants comme les grands projets d'infrastructure.
L'association Régions de France s'est déclarée "très
préoccupée par l'avenir du réseau de proximité", Jean-Cyril
Spinetta soulignant de son côté que seule la France disposait de
milliers de kilomètres de lignes très peu fréquentées.
Emmanuel Macron avait suscité l'émoi des syndicats de la
SNCF l'été dernier en appelant l'entreprise à "se réinventer" en
échange d'une reprise de sa dette et en confirmant vouloir
mettre fin à son régime spécial de retraite.
(Jean-Baptiste Vey, Simon Carraud et Caroline Pailliez, édité
par Yves Clarisse)
France-Rencontres sous tension sur la réforme de la SNCF
information fournie par Reuters 19/02/2018 à 10:53
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