* Immatriculations de voitures neuves +12,9% en mars
* Première hausse en cinq mois
* Impact de la guerre en Iran sur les commandes
* Tesla +200% avec remises et restyling, Dacia rebondit
(Actualisé avec précisions, commentaires, citations Dacia)
Le marché automobile français a rebondi en mars avec une première hausse en cinq mois, selon les chiffres publiés mercredi par la Plateforme de la filière automobile (PFA), tandis que les modèles électriques se sont maintenus à un niveau record grâce notamment aux livraisons des commandes du leasing social et à un triplement des immatriculations de Tesla TSLA.O .
Les immatriculations de voitures neuves dans l'Hexagone ont grimpé de 12,9% à 173.633 véhicules le mois dernier, marqué par un jour ouvrable de plus que mars 2025, quand les immatriculations étaient ressorties à un niveau relativement bas.
"Il y a effet calendaire qui explique 4% ou 5% de la hausse mais c'est quand même un marché qui repart de l'avant, donc c'est une bonne nouvelle même si on reste sur des volumes faibles quand on regarde en données historiques", commente Flavien Neuvy, économiste et directeur de l'Observatoire Cetelem de l'automobile.
Les immatriculations sont encore en baisse de 23% par rapport à mars 2019, avant l'épidémie de COVID-19.
La part de l'électrique s'est maintenue à 28%, égalant son record de janvier, grâce notamment à un record de plus de deux ans pour les immatriculations de Tesla, reflet du rebond des ventes du géant américain du VE en Europe.
Depuis le lancement, aux États-Unis et en Europe à la fin de l'année dernière, de versions moins chères des Model Y et Model 3 restylés, les immatriculations européennes de Tesla ont inversé leur tendance et sont reparties à la hausse en février.
Les ventes de mars en France, premier marché européen à publier ses chiffres mensuels, ont montré une nouvelle accélération, dépassant la première hausse enregistrée depuis octobre.
Tesla a immatriculé 9.569 nouvelles voitures en France au cours du mois, selon les données de la PFA, soit une augmentation de 203,10% par rapport au même mois de 2025, et un niveau proche du record historique de 9.572 véhicules immatriculés en décembre 2023.
Sur l'ensemble du premier trimestre, le Model Y se classe 6e voiture la plus vendue en France, toutes motorisations confondues. La Renault 5 électrique arrive en 8e position.
LA GUERRE EN IRAN INFLUE SUR LE MIX DES COMMANDES
Les immatriculations de voitures neuves du groupe Stellantis
STLA.MI , qui regroupe notamment les marques Peugeot, Citroën, DS et Opel, ont progressé le mois dernier de 2,66% par rapport à un an plus tôt, tandis que celles du groupe Renault (marques Renault, Dacia et Alpine) RENA.PA , ont progressé de 13,30%.
Les immatriculations de Dacia ont rebondi de 12,3%, après une chute de 35% sur les deux premiers mois de l'année à cause de problèmes logistiques. Des vents violents avaient entraîné la fermeture du détroit de Gibraltar, perturbant l'approvisionnement en pièces des voitures fabriquées dans l'usine de Tanger, au Maroc, ainsi que l'expédition des véhicules finis.
"Nous avons dû également gérer la transition de notre gamme, avec l'arrivée de nouvelles motorisations", a dit à Reuters Olivier Mornet, directeur général de Dacia France. "Le mois de mars est le premier mois où nous commençons à absorber le retard, et il sera absorbé en grande partie sur le premier semestre."
Dacia "fait un excellent début d'année en commandes" avec une croissance à deux chiffres, a ajouté Olivier Mornet.
Si l'impact de la guerre en Iran et de la hausse consécutive des prix de l'essence et du diesel reste difficile à mesurer sur le marché du véhicule électrique neuf, contrairement à celui de l'occasion nL8N40E0HD , il devrait se faire sentir prochainement.
"Il y a un véritable effet explosion des prix des carburants sur la structure des ventes au profit de l'électrique", poursuit Flavien Neuvy. "Je pense que sur mars, ça reste marginal, ça se joue davantage sur les carnets de commandes, donc nous allons voir les effets de ce phénomène au cours des prochains mois."
La marque low cost du groupe Renault prévoit elle aussi ce type d'impact sur la demande en électrique, mais aussi sur la demande en motorisations GPL, pour lesquelles le prix à la pompe s'est maintenu sous la barre d'un euro le litre alors que l'essence et le diesel franchissaient les deux euros.
"Je suis persuadé qu'il y a un impact non négligeable sur l'offre de véhicules électriques et sur l'offre de véhicules GPL, c'est un sujet qui concerne beaucoup les gens, on le voit sur les consultations sur nos sites web, il y a des pics qui sont significatifs", déclare Olivier Mornet.
Il en veut pour preuve que rapportée à la hausse des commandes de la marque Dacia, celle des versions GPL de la petite Sandero est aujourd'hui pratiquement deux fois plus forte.
(Rédigé par Camille Raynaud, Alessandro Parodi et Gilles Guillaume, édité par Augustin Turpin et Blandine Hénault)

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