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France-Les syndicats de la SNCF sur leurs gardes
information fournie par Reuters 19/02/2018 à 17:10

    * La CGT appelle les cheminots à l'unité contre la réforme 
    * Unsa et CFDT méfiants 
    * Le calendrier annoncé lundi prochain à Matignon 
    * Il y a urgence, dit la ministre des Transports 
 
 (Actualisé après rencontres au ministère) 
    PARIS, 19 février (Reuters) - Les syndicats de la SNCF, 
échaudés par le "big bang" prôné dans un rapport remis la 
semaine dernière, ont abordé lundi avec la plus grande méfiance 
le cycle de consultation ouvert par le gouvernement, au-dessus 
duquel plane la menace d'un vaste mouvement social comme il n'en 
a pas encore connu. 
    L'exécutif, qui a pris connaissance jeudi des propositions 
de Jean-Cyril Spinetta, n'a rien dit de ses intentions précises, 
si ce n'est qu'il souhaitait réformer l'entreprise publique, 
confrontée au double défi de la dette - 46 milliards d'euros - 
et de l'ouverture à la concurrence dans le cadre européen. 
    Le Premier ministre, Edouard Philippe, dévoilera lundi 
prochain le calendrier et la méthode retenus. 
    Pour l'heure, seules la puissante CGT-Cheminots et Force 
ouvrière ont appelé les salariés à se mobiliser le 22 mars, une 
date qui coïncide avec une journée d'action dans la fonction 
publique.   
    Les rencontres entre la ministre des Transports, Elisabeth 
Borne, et les représentants de l'Unsa ferroviaire et de la 
CFDT-Cheminots, qui se sont succédé au ministère, se sont 
résumées à un échange de points de vue, sans annonce de part et 
d'autre. 
    Didier Aubert, secrétaire general de la CFDT, a ainsi 
énuméré les points les plus sensibles à ses yeux contenus dans 
le rapport Spinetta, comme la suppression possible de milliers 
de kilomètres de petites lignes, l'extinction du statut des 
cheminots ou le changement d'appellation juridique de la SNCF. 
    "Nous saurons aussi (...), si nous voyons que les choses ne 
changent pas, être capables de montrer les muscles et de faire 
réagir le rapport de forces", a-t-il prévenu à la sortie.  
    Mais, a-t-il ajouté, "on n'en est pas là." 
     
    "LA BATAILLE N'EST PAS GAGNÉE" 
    Les organisations syndicales se sont donné rendez-vous jeudi 
soir pour faire le point sur les réactions possibles. 
    "Nous restons sur nos gardes" après la remise d'un rapport 
qui "taille dans le vif", a dit a Reuters Roger Dillenseger, 
secrétaire général de L'UNSA ferroviaire. 
    Elisabeth Borne devait également recevoir en fin 
d'après-midi les représentants de SUD-Rail et de la 
CGT-Cheminots. 
    "La bataille n'est pas gagnée d'avance pour le 
gouvernement", a déclaré lundi le secrétaire général de la 
CGT-Cheminots, Laurent Brun, sur franceinfo, appelant à l'unité 
des syndicats de cheminots. 
    Elisabeth Borne "propose de pousser plus loin les solutions 
qui sont mises en oeuvre depuis 15 ans et qui sont une 
catastrophe : suppression de l'emploi puisqu'on nous annonce un 
nouveau plan social avec des départs volontaires, suppressions 
des lignes, etc.", a-t-il ajouté. 
    Le gouvernement prévoit également de prendre le pouls des 
régions et des usagers dans le courant de la semaine. 
    Les présidents du directoire et du conseil de surveillance 
de l'entreprise ferroviaire, Guillaume Pepy et Frédéric 
Saint-Geours, n'ont voulu faire aucun commentaire après avoir vu 
le Premier ministre et la ministre des Transports lundi, tout 
comme le PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet.     
         
    MISE EN CONCURRENCE 
    Dans son rapport, l'ancien PDG d'Air France Jean-Cyril 
Spinetta fait 43 recommandations pour l'avenir du transport 
ferroviaire.   
    Il suggère d'examiner la pertinence de maintenir des lignes 
peu utilisées, d'envisager de ne plus embaucher sous le statut 
de cheminot et d'enrayer l'expansion des lignes TGV. 
    Il recommande aussi d'autoriser la SNCF à recourir à des 
plans de départs volontaires, qui pourraient concerner 5.000 
personnes. 
    Concernant l'épineuse question de la mise en concurrence, 
qui doit commencer en 2019 et s'achever au plus tard en 2023 
pour les lignes subventionnées, selon un accord conclu au niveau 
européen, le rapport se penche sur la délicate question du 
transfert des personnels vers les nouveaux opérateurs. 
    Pour donner de l'air à SNCF Réseau, il recommande de 
transférer à l'Etat une partie de sa dette. 
    Les arbitrages du gouvernement doivent être en partie 
intégrés au projet de loi mobilités, prévu pour avril, qui 
comportera d'autres chapitres tout aussi lourds comme les grands 
projets d'infrastructure. 
    Emmanuel Macron avait suscité l'émoi des syndicats de la 
SNCF l'été dernier en appelant l'entreprise à "se réinventer" en 
échange d'une reprise de sa dette et en confirmant vouloir 
mettre fin à son régime spécial de retraite.     
 
 (Jean-Baptiste Vey et Simon Carraud, avec Caroline Pailliez, 
édité par Yves Clarisse) 
 

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