* La CGT appelle les cheminots à l'unité contre la réforme
* Unsa et CFDT méfiants
* Le calendrier annoncé lundi prochain à Matignon
* Il y a urgence, dit la ministre des Transports
(Actualisé après rencontres au ministère)
PARIS, 19 février (Reuters) - Les syndicats de la SNCF,
échaudés par le "big bang" prôné dans un rapport remis la
semaine dernière, ont abordé lundi avec la plus grande méfiance
le cycle de consultation ouvert par le gouvernement, au-dessus
duquel plane la menace d'un vaste mouvement social comme il n'en
a pas encore connu.
L'exécutif, qui a pris connaissance jeudi des propositions
de Jean-Cyril Spinetta, n'a rien dit de ses intentions précises,
si ce n'est qu'il souhaitait réformer l'entreprise publique,
confrontée au double défi de la dette - 46 milliards d'euros -
et de l'ouverture à la concurrence dans le cadre européen.
Le Premier ministre, Edouard Philippe, dévoilera lundi
prochain le calendrier et la méthode retenus.
Pour l'heure, seules la puissante CGT-Cheminots et Force
ouvrière ont appelé les salariés à se mobiliser le 22 mars, une
date qui coïncide avec une journée d'action dans la fonction
publique.
Les rencontres entre la ministre des Transports, Elisabeth
Borne, et les représentants de l'Unsa ferroviaire et de la
CFDT-Cheminots, qui se sont succédé au ministère, se sont
résumées à un échange de points de vue, sans annonce de part et
d'autre.
Didier Aubert, secrétaire general de la CFDT, a ainsi
énuméré les points les plus sensibles à ses yeux contenus dans
le rapport Spinetta, comme la suppression possible de milliers
de kilomètres de petites lignes, l'extinction du statut des
cheminots ou le changement d'appellation juridique de la SNCF.
"Nous saurons aussi (...), si nous voyons que les choses ne
changent pas, être capables de montrer les muscles et de faire
réagir le rapport de forces", a-t-il prévenu à la sortie.
Mais, a-t-il ajouté, "on n'en est pas là."
"LA BATAILLE N'EST PAS GAGNÉE"
Les organisations syndicales se sont donné rendez-vous jeudi
soir pour faire le point sur les réactions possibles.
"Nous restons sur nos gardes" après la remise d'un rapport
qui "taille dans le vif", a dit a Reuters Roger Dillenseger,
secrétaire général de L'UNSA ferroviaire.
Elisabeth Borne devait également recevoir en fin
d'après-midi les représentants de SUD-Rail et de la
CGT-Cheminots.
"La bataille n'est pas gagnée d'avance pour le
gouvernement", a déclaré lundi le secrétaire général de la
CGT-Cheminots, Laurent Brun, sur franceinfo, appelant à l'unité
des syndicats de cheminots.
Elisabeth Borne "propose de pousser plus loin les solutions
qui sont mises en oeuvre depuis 15 ans et qui sont une
catastrophe : suppression de l'emploi puisqu'on nous annonce un
nouveau plan social avec des départs volontaires, suppressions
des lignes, etc.", a-t-il ajouté.
Le gouvernement prévoit également de prendre le pouls des
régions et des usagers dans le courant de la semaine.
Les présidents du directoire et du conseil de surveillance
de l'entreprise ferroviaire, Guillaume Pepy et Frédéric
Saint-Geours, n'ont voulu faire aucun commentaire après avoir vu
le Premier ministre et la ministre des Transports lundi, tout
comme le PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet.
MISE EN CONCURRENCE
Dans son rapport, l'ancien PDG d'Air France Jean-Cyril
Spinetta fait 43 recommandations pour l'avenir du transport
ferroviaire.
Il suggère d'examiner la pertinence de maintenir des lignes
peu utilisées, d'envisager de ne plus embaucher sous le statut
de cheminot et d'enrayer l'expansion des lignes TGV.
Il recommande aussi d'autoriser la SNCF à recourir à des
plans de départs volontaires, qui pourraient concerner 5.000
personnes.
Concernant l'épineuse question de la mise en concurrence,
qui doit commencer en 2019 et s'achever au plus tard en 2023
pour les lignes subventionnées, selon un accord conclu au niveau
européen, le rapport se penche sur la délicate question du
transfert des personnels vers les nouveaux opérateurs.
Pour donner de l'air à SNCF Réseau, il recommande de
transférer à l'Etat une partie de sa dette.
Les arbitrages du gouvernement doivent être en partie
intégrés au projet de loi mobilités, prévu pour avril, qui
comportera d'autres chapitres tout aussi lourds comme les grands
projets d'infrastructure.
Emmanuel Macron avait suscité l'émoi des syndicats de la
SNCF l'été dernier en appelant l'entreprise à "se réinventer" en
échange d'une reprise de sa dette et en confirmant vouloir
mettre fin à son régime spécial de retraite.
(Jean-Baptiste Vey et Simon Carraud, avec Caroline Pailliez,
édité par Yves Clarisse)
France-Les syndicats de la SNCF sur leurs gardes
information fournie par Reuters 19/02/2018 à 17:10
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