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FEATURE-L'armée française veut se déployer dans les salles obscures
Reuters25/09/2017 à 16:22

    * Une convention inédite entre la Défense et les scénaristes 
    * Les armées veulent offrir leur savoir-faire aux cinéastes 
    * Un "soft power" qui ne dit pas son nom 
    * Un engouement depuis "Le Bureau des Légendes" 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 25 septembre (Reuters) - Le ministère des Armées 
signe mardi une première en scellant un accord avec la Guilde 
des scénaristes afin de renforcer sa coopération avec le cinéma 
français, à l'instar du Pentagone et de Hollywood, et de 
promouvoir l'image des armées à l'écran. 
    Depuis les attentats de 2015 à Paris, l'intérêt des 
réalisateurs et du grand public grandit pour les sujets de 
fiction liés à la Défense et à ses services, comme la Direction 
générale de la sécurité extérieure (DGSE) avec la série de 
Canal+  VIV.PA  "Le Bureau des Légendes" d'Eric Rochant. 
    La fiction audiovisuelle est devenue "un outil potentiel de 
sensibilisation et de recrutement", concède-t-on au ministère. 
    "On passe la surmultipliée. Au lieu de se contenter 
d'accueillir les réalisateurs sur nos sites pour leurs 
tournages, on va développer le conseil très en amont afin 
d'aider à des fictions plausibles", déclare Valérie Lecasble, 
directrice de la Délégation à l'information et à la 
communication de la Défense (Dicod). 
    "Il y a beaucoup d'histoires sur le Renseignement ou les 
forces spéciales. Notre rôle, c'est aussi de montrer tout ce 
qu'on fait d'autre et proposer des sujets diversifiés." 
    C'est Florence Parly qui signera cette convention mardi soir 
avec Pauline Rocafull, présidente de la Guilde des scénaristes, 
syndicat représentant quelque 300 scénaristes travaillant pour 
le cinéma, la fiction TV et l'animation. 
    Les armées françaises ont usé dès la fin des années 30 du 
cinéma comme d'un outil de propagande ou de contre-propagande 
mais elles ont pris un net retard sur les forces américaines 
dans le maniement de ce désormais "soft power". 
    Les historiens américains font remonter à 1915 et à 
"Naissance d'une nation", de D.W. Griffith, l'amorce des liens 
entre l'armée des Etats-Unis et Hollywood : des membres de 
l'Académie militaire de West Point avaient alors conseillé le 
réalisateur pour les scènes de la guerre de Sécession. 
     
    925 À 4.000 EUROS POUR UNE JOURNÉE DE TOURNAGE 
    L'idée n'est pas de "s'américaniser", dans la représentation 
du héros militaire ou le prosélytisme anti-djihadiste, mais 
d'"inspirer" et de favoriser une description juste et non 
fantasmée de l'armée, dit-on de source militaire française. 
    Il n'est toutefois pas rare que des soldats français, 
engagés nationalement ou sur des théâtres extérieurs, regrettent 
sous le sceau de l'anonymat le peu d'appétence du cinéma 
français pour l'héroïsme guerrier, dont Pierre Schoendoerffer, 
caméraman des armées en Indochine de 1952 à 1954, livra une 
vision naturaliste dans "La 317e section" (1964). 
    Dans le sillage du succès de la série le "Bureau des 
Légendes", achetée par les Américains, l'ex-ministre de la 
Défense Jean-Yves Le Drian avait lancé en mai 2016 une "Mission 
cinéma" au sein du ministère pour succéder au Bureau d'accueil 
des tournages, une instance qu'accueille chaque ministère. 
    Outre la mise à disposition de bâtiments moyennant 
rémunération (une grille tarifaire de 2010 fixe de 925 à 4.000 
euros une journée de tournage en Ile-de-France), le conseil, à 
titre gracieux, se développe. Le ministère, présent chaque année 
au Festival de Cannes, reçoit une centaine de demandes de 
tournage par an. 
    "Depuis longtemps les armées américaines travaillent avec 
Hollywood de manière étroite. C'est ce type de relation de 
confiance, toutes proportions gardées, que nous souhaitons 
établir, conforter, développer", dit le chef de la Mission 
cinéma, Olivier-René Veillon. 
     
    SOUS-MARIN NUCLÉAIRE 
    Ainsi le diplomate Antonin Baudry, qui a cosigné la bande 
dessinée "Quai d'Orsay" et écrit le scénario du film éponyme sur 
ses années au côté de Dominique de Villepin au ministère des 
Affaires étrangères, fait-il ses premières armes de réalisateur 
avec l'appui logistique de l'armée. 
    Son long-métrage, "Le Chant du loup", annoncé en salles en 
2018, est un film d'action tourné en partie à Toulon et Brest 
avec Omar Sy et Mathieu Kassowitz qui se déroule dans le milieu 
des sous-marins nucléaires, la "force océanique stratégique". 
    "Nous les avons accompagnés depuis le début, pour les 
décors, la préparation : on a embarqué par exemple l'équipe du 
film à bord d'un sous-marin", rapporte Valérie Lecasble. 
    La comédienne Hélène Fillières achève pour sa part le 
montage de son deuxième film, "Volontaire", qu'elle a réalisé 
avec l'appui de la marine à propos d'une jeune fille, Laura, 22 
ans, qui décide de s'engager dans les fusiliers marins. 
    Aux Etats-Unis, le département de la Défense et la CIA ont 
accentué dès les attentats du 11 septembre 2001 la dimension 
politique des films de guerre hollywoodiens en apportant 
matériels, conseils et entraînements aux réalisateurs. 
    Pour "La Chute du faucon noir" de Ridley Scott (2002), qui 
narre la débâcle américaine à Mogadiscio en octobre 1993, les 
acteurs s'étaient entraînés au maniement des armes avec des 
membres des forces spéciales, et l'armée avait fourni 
hélicoptères et blindés. Ce que l'armée française peut aussi 
faire si les moyens n'ont pas "de vocation opérationnelle". 
    "Le sentiment que nous avons - et en cela nous sommes 
proches de nos amis américains - c'est que mieux on apporte une 
contribution utile aux créateurs, plus le traitement qu'ils vont 
être amenés à faire, aussi critique soit-il, sera de qualité", 
juge Olivier-René Veillon. 
    Fructueuse en termes d'image, cette coopération avec le 
septième art le sera aussi financièrement pour la Défense, en 
quête de recettes dans un contexte budgétaire contraint.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 

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