Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
Plus de 40 000 produits accessibles à 0€ de frais de courtage
Découvrir Boursomarkets
Fermer

Faut-il revenir sur les marchés en cette fin d’année ?
information fournie par H24 Finance pour Boursorama 14/11/2018 à 15:00

Faut-il revenir sur les marchés en cette fin d’année ?

Faut-il revenir sur les marchés en cette fin d’année ?

Un mois d'octobre très difficile pour les marchés

« Dieu merci, octobre est derrière nous », « un mois éprouvant », « un mois brutal », « une plaie », « une machine à laver »… Les sociétés de gestion n'ont pas manqué d'expressions pour qualifier ce mois d'octobre particulièrement violent pour les marchés.
« Elles nous rappellent que les marchés financiers ne sont pas juste ce formidable lieu d'échange et de partage mais aussi et surtout un organisme versatile, atrabilaire, presque autonome qui n'hésitera pas à vous broyer si vous n'allez pas dans son sens » signale Cyrille Geneslay, Gérant Allocataire chez CPR AM.
L'indice MSCI AC World (en dollars) affiche le mois dernier un recul de 7,6 %, qui a sérieusement dégradé le bilan annuel, désormais de -5,6 %. Après un recul de 8,8 % en octobre, la baisse des marchés émergents depuis le début de l'année ressort à 17,5 % (indice MSCI Emerging en dollars).
« Le net rebond réalisé au cours de la dernière séance du mois n'a pas empêché les marchés actions de connaître en octobre leur plus forte baisse mensuelle depuis mai 2012 » résume Nathalie Benatia, Macroeconomic Content Manager chez BNP Paribas AM.

Pourquoi une telle correction ?

Il est difficile d'isoler un unique élément déclencheur à l'origine de cette baisse des marchés.
Pour Didier Le Menestrel,  Président de la Financière de l'Echiquier, le fameux « QE » (injection d'argent dans l'économie par le biais d'un programme d'assouplissement quantitatif) pratiqué par toutes les grandes banques centrales depuis 2009/2010 a créé une distorsion des prix des actifs, sortis du cadre classique de l'évaluation. « Lorsque les taux sans risque rapportent 0%, le prix des actifs censés « rapporter » un taux supérieur peut être infini ! Cette logique, très puissante depuis 2011, a entraîné des distorsions de prix visibles en particulier sur des actifs tangibles, comme les marchés de l'art et de l'immobilier par exemple, mais aussi sur les entreprises cotées dites de croissance visible » juge Didier Le Menestrel qui pointe un repli de ces actifs survalorisés qui était inéluctable.
« Les investisseurs se sont montrés inquiets quant à l'impact de la hausse des taux et des guerres commerciales sur la croissance économique et la rentabilité des entreprises » ajoute Elena Moya, Rédactrice sur le blog Bond Vigilantes de la société M&G Investments.
Plusieurs signes apparus durant le mois attestent d'un ralentissement, en particulier en Europe et en Asie. En effet, la croissance du PIB de la zone euro au troisième trimestre est inférieure aux anticipations, notamment en raison du « surplace » économique de l'Italie.
En Asie, la production industrielle a reculé de 1,1 % en septembre au Japon tandis qu'elle enregistre sa chute la plus importante de ces dix dernières années en Corée du Sud. L'indice PMI manufacturier chinois est également ressorti inférieur aux attentes en octobre, ce qui amène le renminbi à 6,97 face au dollar, son plus bas niveau depuis dix ans.
À Wall Street, les bénéfices des entreprises ont déçu : les principaux indices actions sont en baisse de 8 % par rapport au mois précédent.

Est-ce annonciateur d'une fin de cycle ?

Les marchés boursiers ont récemment repris des couleurs dans l'espoir que les facteurs négatifs ayant malmené l'économie mondiale depuis le début de l'année finiront par s'estomper, permettant une ré-accélération du cycle d'investissement au rythme d'une potentielle amélioration du moral des entreprises.
« Or, pour le moment, les indicateurs économiques avancés sont mitigés. Certes, l'indice Markit portant sur la confiance des entreprises dans le secteur des services progresse légèrement en octobre, soutenue notamment par un marché du travail bien orienté dans de nombreux pays. En revanche, la tendance baissière ne s'est toujours pas infléchie au sein des entreprises manufacturières, inquiétées par les conséquences des mesures commerciales mises en place par l'Administration Trump et les perspectives économiques plus faibles pour certains pays émergents clés » considère Marc-Antoine Collard, Chef économiste et Directeur de la recherche chez Rothschild AM.
Si elle reconnaît un ralentissement, Edmond de Rothschild AM n'envisage cependant pas de retournement du cycle car, selon elle, les signes qui préfigurent la fin du cycle manquent toujours à l'appel : l'inflation reste contenue, les marges des entreprises ne sont pas en phase de dégradation, les charges d'intérêts des entreprises demeurent soutenables. Et le durcissement des conditions financières suite à la correction des marchés ramène les grands indices de conditions financières sur des moyennes historiques.
« Il est donc difficile à ce stade d'anticiper que la crise d'octobre est en mesure de créer un tassement économique. Autrement dit, c'est un ralentissement qu'il faut craindre pour l'heure et non le retournement du cycle, ce qui n'a évidemment pas le même impact sur les marchés » estime la société de gestion.

Faut-il revenir sur les marchés en cette fin d'année ?

Le moment est-il donc venu de passer à une stratégie défensive ou bien est-ce une opportunité pour renforcer ses positions ?
Sans rupture majeure de la conjoncture économique mondiale et avec des politiques monétaires assez prévisibles sur les prochains mois, les marchés semblent un peu rassurés après la vague de défiance du mois d'octobre.
Mais selon Guilhem Savry, responsable Macro et Allocation Dynamique chez Unigestion AM, la situation actuelle ne semble pas viable à moyen terme, les actions et les obligations se vendant dans un contexte de croissance mondiale supérieure au potentiel. « Ainsi, soit les actions se redressent, soit la croissance faiblit et les obligations se raffermissent » estime le gérant, ce qui motive l'actuelle position défensive actuelle de la société qui neutralise sa surpondération en actifs de croissance et réduit le niveau de risque global de son portefeuille.
Faut-il donc oublier pour 2018 le fameux rally de fin d'année ? « Normalement, les mois de novembre et de décembre sont généralement bons boursièrement. Et les élections de mi-mandat s'avèrent aussi des faits générateurs de remontée des marchés actions. Il n'y a pas eu de révision de bénéfices en Europe à la suite des résultats du troisième trimestre. Les conditions sont donc peut-être plus idoines pour l'investissement en actions » rassure néanmoins Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion chez DNCA.
Un passage à l'achat qu'envisage OFI AM en cas de replis  supplémentaires de 5 % à 10 %, particulièrement sur les actions européennes qui sont très peu détenues actuellement par les investisseurs internationaux. « Le PER 2018 de l'indice S&P 500, c'est-à-dire sur des résultats désormais pratiquement connus, est à moins de 17, celui de 2019 est à 15,5 avec une progression des résultats de près de 9 % attendue pour l'année prochaine. Cela reste historiquement très convenable. En Europe, ces chiffres s'établissent respectivement à 13,7 et 12,5, avec un rendement des dividendes qui a monté à 3,7 % désormais » indique Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué en charge des gestions de la société.
OFI AM recommande ainsi de privilégier les valeurs qui bénéficieraient d'une tension modérée des taux obligataires et qui sont très décotées actuellement : banques européennes, automobile, certaines industrielles…

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.