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EN DIRECT-Bras de fer aux Communes, où Johnson a perdu sa majorité
Reuters03/09/2019 à 23:46

    LONDRES, 3 septembre (Reuters) - Les députés britanniques
hostiles à une sortie sans accord de l'Union européenne ont fait
adopter mardi à la Chambre des Communes une motion pour empêcher
une telle issue, ce qui pourrait amener Boris Johnson à
convoquer des élections anticipées le 14 octobre.
    Les députés se sont prononcés par 328 voix contre 301 en
faveur de ce texte présenté dès la reprise des travaux
parlementaires par l'opposition et des frondeurs du Parti
conservateur, en dépit des menaces d'exclusion.  
    Il leur permettra de contrôler l'ordre du jour et de
présenter mercredi une proposition de loi pour contraindre le
Premier ministre à demander un report de la sortie de l'UE
jusqu'au 31 janvier 2020, à moins qu'un accord soit approuvé
d'ici là par le Parlement ou qu'il accepte le principe d'une
sortie sans accord.
    "C'est la dernière chance pour le Parlement d'empêcher une
sortie sans accord le 31 octobre", a souligné le député Oliver
Letwin, à l'origine de ce bras de fer sans précédent avec
l'exécutif. 
    ---
    Les principaux développements de la journée:
    ---
    
    23h20 -  LA MOTION DES ADVERSAIRES DU NO DEAL ADOPÉE
    La motion déposée mardi au Parlement britannique par les
opposants à une sortie sans accord de l'Union européenne est
adoptée par 328 voix contre 301. 
    
    19h40 - John Bercow, président de la Chambre des communes,
approuve l'ouverture d'un débat d'urgence sur le Brexit à la
demande d'un groupe de députés hostiles à un "no deal".  
    Les députés à l'origine de la démarche souhaitent présenter
mercredi une proposition de loi pour contraindre Boris Johnson à
reporter la sortie de l'UE. 
        
    18h10 - CE SERA UN VOTE DE CONFIANCE, PRÉCISE DOWNING STREET
    Le vote sur la motion des opposants de Boris Johnson sera un
vote de confiance, précise le porte-parole du dirigeant
conservateur. Si la motion est adoptée, la parole sera donnée
aux électeurs britanniques par le biais d'élections anticipées
et il leur appartiendra de trancher.
    "Le Premier ministre a été très clair: si les parlementaires
votent ce soir et ruinent la position de négociation du
Royaume-Uni pour donner le pouvoir à l'opposition, alors l'étape
suivante pour le Premier ministre sera logiquement, même s'il
n'en veut pas, d'aller à des élections", a-t-il dit.
    "Les électeurs britanniques décideront alors qui ira à
Bruxelles pour prendre la décision", a-t-il ajouté.
    Le porte-parole de Johnson a réaffirmé que les députés
conservateurs rebelles perdraient l'investiture du parti Tory.
    Prié de dire si le gouvernement avait toujours une majorité
à la Chambre, il a seulement répondu que Johnson était toujours
le Premier ministre.
    ---
    16h40 - JOHNSON EXHORTE LA CHAMBRE DES COMMUNES À REJETER LA
MOTION DE SES OPPOSANTS; CORBYN RÉPLIQUE
    Boris Johnson a exhorté la Chambre des communes à rejeter
l'initiative des parlementaires hostiles à un Brexit sans accord
qui tentent d'éviter un "No Deal" le 31 octobre prochain,
affirmant que leur succès "ruinerait" toute chance de parvenir à
un nouvel accord avec les Européens.
    S'exprimant à l'assemblée lors d'une séance houleuse, le
Premier ministre britannique a affirmé qu'une "véritable
dynamique" s'était enclenchée depuis le récent sommet du G7 dans
ses discussions avec les Européens et a ajouté qu'il était
confiant dans la possibilité de conclure un nouvel accord sur le
Brexit lors du conseil européen des 17 et 18 octobre prochain.
    Il a répété que si la Chambre des communes votait la
proposition de loi de ses adversaires, elle ruinerait la
capacité de négociation de Londres: "Si cela se produit, tous
les progrès que nous avons enregistrés n'auront servi à rien,
cela détruira toute chance de négociation", a-t-il dit.
    
    Jeremy Corbyn, le dirigeant du Parti travailliste, première
force de l'opposition, a répliqué que le gouvernement Johnson
n'avait "ni mandat, ni morale, ni majorité". Pour le chef de
file du Labour, il est de plus en plus évident que le
gouvernement britannique veut quitter l'Union européenne sans
accord.
    ---
    16h40 - UN DÉPUTÉ CONSERVATEUR FAIT SÉCESSION, JOHNSON N'A
PLUS DE MAJORITÉ
    Juste avant le discours de Johnson, le député conservateur
Phillip Lee quitte les bancs du parti Tory à la Chambre des
communes et va s'asseoir au milieu des élus du LibDem, le parti
libéral démocrate opposé au Brexit.
    Son geste prive Boris Johnson de sa majorité à la Chambre. 
    "Je suis arrivé à la conclusion qu'il n'est pas possible de
servir les intérêts de mes électeurs et de mon pays en tant
qu'élu conservateur du Parlement", explique-t-il dans un
communiqué.
    "Ce gouvernement conservateur recherche de façon agressive
un Brexit destructeur avec des moyens peu scrupuleux. Il met
inutilement en danger des vies et des existences et menace sans
raison l'intégrité du Royaume-Uni", ajoute-t-il.
    ---
    14h10 - JEREMY CORBYN CONFIANT ET PRÊT À DES ÉLECTIONS
    Jeremy Corbyn, le dirigeant de l'opposition travailliste,
estime qu'il dispose de suffisamment de voix pour repousser la
date du Brexit et se dit prêt à l'éventualité d'élections
anticipées.
    Le chef du Labour s'exprimait à l'issue d'une réunion avec
les représentants d'autres partis hostiles à la perspective d'un
divorce sans accord. Cette réunion, a-t-il dit, s'est très bien
passée. "Nous espérons oeuvrer ensemble pour empêcher un 'No
Deal'."
    Il s'est également dit prêt à retourner aux urnes. "Nous
voulons des élections générales, à l'instar de tous les autres
partis", a dit le dirigeant du Labour. "La priorité est
d'empêcher une sortie sans accord de l'UE le 31 octobre et nous
verrons ce qui se passera après."
    ---
    12h41 - LES OPPOSANTS ONT DÉPOSÉ LEUR MOTION
    Les parlementaires hostiles à un Brexit sans accord, issus
des rangs de partis d'opposition mais aussi du Parti
conservateur de Johnson, ont soumis leur motion réclamant un
débat en urgence sur le retrait de l'Union européenne.
    Le Speaker (président) de la Chambre des communes, John
Bercow, doit se prononcer plus tard dans la journée sur
l'opportunité d'y donner suite. "Si le débat se tient
aujourd'hui, il pourrait durer le temps fixé par le 'Speaker' ou
au plus tard jusqu'à 22h00 (GMT)", précise l'assemblée.
    Cette motion est la première lame de l'initiative des
parlementaires. Elle doit leur permettre de prendre mercredi le
contrôle de l'ordre du jour de la Chambre des communes et de
tenter de faire voter par la suite une proposition de loi censée
empêcher une sortie sans accord le 31 octobre prochain.
    
    ENCADRE L'initiative parlementaire contre un Brexit sans
accord  
    ---
    12h15 - POUR LA COMMISSION, UN "NO DEAL" EST UNE
"POSSIBILITÉ TRÈS CLAIRE"
    La porte-parole de la Commission européenne, Mina Andreeva,
note lors de son point de presse que Bruxelles considère que la
perspective d'un divorce sans accord est une "possibilité très
claire". "Notre hypothèse de travail, c'est qu'il y aura un
Brexit le 31 octobre", dit-elle.
    ---
    9h45 - FARAGE N'A PAS CONFIANCE EN JOHNSON
    Boris Johnson n'a aucunement l'intention de faire sortir la
Grande-Bretagne de l'Union européenne, a déclaré mardi Nigel
Farage, le chef de file du parti anti-européen Brexit Party, si
bien qu'il est difficile d'imaginer une alliance électorale avec
les conservateurs, a-t-il ajouté.
    "Bien sûr, si Boris Johnson dit que nous allons partir, nous
aurons une rupture nette (...), alors nous, le Brexit Party
mettrons le pays avant le parti et dirons à monsieur Johnson que
nous voulons l'aider autant que nous le pouvons.
    "Mais je crains que ce ne soit pas ce que souhaite le
Premier ministre et il a été très clair là-dessus hier à Downing
Street. Ce qu'il souhaite, c'est relancer l'accord de retrait de
madame May."
    ---
    9h10 - HAMMOND PENSE QUE JOHNSON PEUT ÊTRE DÉSAVOUÉ
    Philip Hammond, ancien ministre des Finances, est persuadé
que l'alliance de circonstance, regroupant partis de
l'opposition et députés conservateurs hostiles à la politique
européenne de Johnson, peut prévaloir à la Chambre des communes.
    L'ancien chancelier de l'Échiquier a annoncé qu'il
soutiendrait un texte susceptible de repousser la date du Brexit
et de mettre en échec la volonté du Premier ministre de faire
sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 octobre.
    "Je pense que le compte y sera", a-t-il dit au micro de la
BBC. "De nombreux collègues ont été ulcérés par certaines
actions annoncées la semaine dernière", a-t-il ajouté en
allusion à la décision de Boris Johnson de suspendre le
Parlement à compter de la semaine prochaine et jusqu'au 14
octobre. "Je pense qu'il existe un groupe de conservateurs qui
sont désormais convaincus que le moment est venu de faire passer
l'intérêt de la nation avant les menaces pesant personnellement
contre nous ou contre nos carrières."
    Boris Johnson a prévenu les élus conservateurs qui
s'apprêtent à mêler leur voix à celles de ses opposants qu'ils
seraient exclus des rangs du Parti Tory.

 (Bureau de Londres)
 

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