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Des troupes russes dans l'est de l'Ukraine pour "maintenir la paix"
information fournie par Reuters 22/02/2022 à 08:13

DES TROUPES RUSSES DANS L'EST DE L'UKRAINE POUR "MAINTENIR LA PAIX"

DES TROUPES RUSSES DANS L'EST DE L'UKRAINE POUR "MAINTENIR LA PAIX"

par Andrew Osborn et Dmitry Antonov

MOSCOU (Reuters) - Le président russe Vladimir Poutine a reconnu lundi l'indépendance de deux régions séparatistes de l'est de l'Ukraine et a ordonné à l'armée russe d'y mener une opération qualifiée par Moscou de maintien de la paix, une escalade qui fait craindre aux Occidentaux une guerre de grande ampleur.

Vladimir Poutine a demandé par décret au ministère russe de la Défense d'envoyer des soldats dans les régions de Donetsk et de Louhansk afin d'y "maintenir la paix", après avoir annoncé l'indépendance de celles-ci - une décision critiquée par les Etats-Unis et leurs alliés européens.

On ne sait pas dans l'immédiat s'il s'agit du début d'une invasion de l'Ukraine, un scénario craint depuis plusieurs semaines par les Occidentaux, alors que la Russie et les séparatistes qu'elle soutient contrôlaient déjà de fait les deux régions.

Aucune information n'a été donnée par Moscou sur le nombre de soldats qui seront déployés dans les deux régions de l'est de l'Ukraine, le calendrier de l'opération ou la teneur exacte de celle-ci. Toutefois, le décret signé par Vladimir Poutine autorise Moscou à construire des bases militaires dans ces régions.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont demandé la tenue en urgence d'une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu. La réunion a été programmée à 02h00 GMT mardi.

Un représentant de l'Elysée a indiqué que le président français Emmanuel Macron considérait que son homologue russe avait rompu ses engagements et que cette escalade de la crise ukrainienne devait être sanctionnée.

"Le président Poutine a tenu ce (lundi) soir un discours qui est à la fois politico-historique accusatoire, qui mêle des considérations très diverses de type à la fois rigides et paranoïaques", a déclaré ce représentant à des journalistes.

Dans un communiqué, l'Elysée a indiqué que la décision de Vladimir Poutine constituait "clairement une violation unilatérale des engagements internationaux de la Russie et une atteinte à la souveraineté de l'Ukraine".

Au cours d'une longue allocution télévisée, Vladimir Poutine, visiblement en colère, a décrit l'Ukraine comme partie intégrante de l'histoire russe et l'Est ukrainien comme un ancien territoire russe. Il a dit être confiant sur le fait que le peuple russe soutiendrait sa décision.

SANCTIONS US ET BRITANNIQUES MARDI

Des images de la télévision publique russe ont montré Vladimir Poutine, en compagnie de chefs des séparatistes pro-russes du Donbass, signer un décret reconnaissant l'indépendance des régions de Louhansk et de Donetsk ainsi que des accords de coopération et d'amitié.

Cette décision a été prise par le président russe en dépit des avertissements des Occidentaux, qui ont prévenu qu'ils sanctionneraient la Russie en cas d'escalade de la crise ukrainienne.

A Londres, un porte-parole de Downing Street a fait savoir que le Premier ministre britannique Boris Johnson prendrait mardi un éventail de sanctions contre la Russie.

Selon le Kremlin, Vladimir Poutine a informé Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz de sa décision lors d'entretiens téléphoniques préalables. Le président français et le dirigeant allemand ont tous deux exprimé leur déception, a indiqué la présidence russe.

Un représentant de l'administration américaine a déclaré que l'accord de principe sur une rencontre entre Joe Biden et Vladimir Poutine pourrait être remis en cause et que Washington devrait annoncer de nouvelles sanctions liées à la Russie mardi.

La Maison blanche a fait savoir que Joe Biden avait signé un décret interdisant aux ressortissants américains de procéder à de quelconques échanges commerciaux ou investissements avec les deux régions séparatistes de l'Est ukrainien.

Il s'agit de mesures distinctes de sanctions préparées contre la Russie par les Etats-Unis et leurs alliés en cas d'invasion de l'Ukraine, a indiqué dans la journée la porte-parole de la présidence américaine, Jen Psaki.

Les pays de l'Union européenne sont convenus d'imposer un ensemble limité de sanctions "visant les responsables" de la reconnaissance par la Russie des deux régions séparatistes, a annoncé le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

"DÉCISION NÉCESSAIRE"

Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Otan, a accusé Moscou de continuer à alimenter le conflit dans le Donbass et de chercher un "prétexte" pour lancer une nouvelle offensive contre l'Ukraine, alors que la Russie a annexé en 2014 la péninsule de Crimée.

Au cours de son allocution, Vladimir Poutine a évoqué les tensions à l'égard de l'élargissement de l'Otan vers l'Est, une "ligne rouge" pour la Russie qui refuse que l'Alliance puisse un jour ouvrir ses portes à l'Ukraine et déploie des armements dans la région.

Le président russe a fait fi des avertissements des Occidentaux sur le caractère illégal de sa décision et sur les conséquences potentielles de celle-ci - fin des discussions diplomatiques et sanctions occidentales contre la Russie.

"Je considère nécessaire cette décision, qui aurait dû être prise il y a longtemps, de reconnaître immédiatement l'indépendance et la souveraineté de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Louhansk", a dit le chef du Kremlin.

Moscou nie depuis des semaines toute intention belliqueuse envers l'Ukraine, mais a menacé de prendre des mesures militaires non-spécifiées si les Occidentaux ne répondaient pas favorablement à sa série de demandes sécuritaires - dont la garantie que l'Ukraine ne sera jamais intégrée à l'Otan.

Cependant le décret signé par Vladimir Poutine ouvre la voie à un déploiement de l'armée russe dans le Donbass au motif de protéger les forces séparatistes contre l'armée ukrainienne.

Parvenir à une solution diplomatique à la crise ukrainienne se complique, la décision du président russe étant un rejet flagrant des accords de Minsk et des discussions en "format Normandie" relancées le mois dernier par la France et l'Allemagne avec la Russie et l'Ukraine.

La Russie a accusé des membres de l'armée ukrainienne d'avoir tenté de pénétrer sur son territoire dans des véhicules blindés et d'avoir causé cinq morts dans cet incident. Kiev a dénoncé une "désinformation".

Il semble s'agir d'une stratégie anticipée par les Occidentaux, qui ont accusé Moscou de vouloir mettre en scène un prétexte pour envahir l'Ukraine en blâmant Kiev pour des attaques.

(Reportage des bureaux de Reuters; version française Jean Terzian)

5 commentaires

  • 22 février 10:40

    Poutine teste la cohésion des occidentaux ! Il joue sur du velours !


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