Globalement haussière ou prudente jusqu'à la mi-séance, la tendance s'est brutalement dégradée pour les grandes places financières européennes après une intervention de Mojtaba Khamenei. Selon deux sources iraniennes de haut rang via Reuters, le guide suprême iranien aurait ordonné que l'uranium enrichi à un niveau proche de celui nécessaire à la fabrication d'armes nucléaires reste en Iran, ce qui éloigne la perspective d'un accord de paix.
Après la publication de cette information, les indices ont brusquement basculé dans le rouge, puis ont fait preuve de nervosité tout au long de l'après-midi. A la clôture, le CAC 40 affichait un repli de 0,39%, à 8 086 points, le DAX 40 à Francfort perdait 0,33%, alors que le FTSE 100 à Londres a réussi à progresser de 0,32%.
De leur côté, les cours du pétrole ont connu la tendance inverse et au moment de la clôture, le WTI à New York progressait de 2,96%, à 101,74 dollars, et le Brent de la mer du Nord à Londres s'appréciait de 2,89%, à 108,13 dollars.
S'ils affichaient en hausse de plus de 3% dans l'après-midi, les prix de l'or noir ont connu une certaine décrue après des informations de Bloomberg selon lesquelles l'Iran et Oman discuteraient de la mise en place d'un péage permanent dans le détroit d'Ormuz. Si cette solution semble illégale selon le droit international maritime, elle pourrait toutefois permettre le passage d'un certain nombre de navires, sauf si le blocus américain se resserre.
La guerre au Moyen-Orient va affecter la politique monétaire et l'économie
La pression sur les prix ne devrait pas retomber de sitôt et pourrait forcer les banques centrales à durcir leur politique monétaire. Selon les Minutes de la Fed publiées mercredi soir, le compte-rendu de sa dernière réunion, la majorité des responsables de la Réserve fédérale prévoit une hausse des taux d'intérêt si le conflit au Moyen-Orient continue d'aggraver l'inflation.
Les statistiques macro-économiques européennes ont révélé une très nette dégradation de l'activité dans le secteur privé.
Selon des données préliminaires de S&P Global, la contraction de l'activité dans le secteur privé de la zone euro a accéléré en mai. L'indice la mesurant est passé de 48,8 points en avril à 47,5 points, son plus bas niveau depuis octobre 2023. Pour Chris Williamson, chief business economist chez S&P Global : "Ces données soulignent l'impact croissant de la guerre au Moyen-Orient sur l'économie de la zone euro. Elles suggèrent ainsi une contraction de l'économie de la région de l'ordre de 0,2% au 2e trimestre 2026".
Dans le détail, en France, l'indice est passé de 47,6 à 43,5 points, un niveau inédit depuis cinq ans et demi. Selon Joe Hayes, économiste principal à S&P Global Market Intelligence : "L'estimation avancée des données PMI de mai pour le secteur privé français dresse un constat alarmant de la santé de l'économie du pays. Les répercussions du choc pétrolier sur les prix se prolongent et s'intensifient, le rythme de l'inflation continuant de s'accélérer en mai, tant dans le secteur manufacturier que dans celui des services. La flambée des prix du pétrole a frappé directement les ménages et les entreprises, désormais confrontés à une envolée des prix à la pompe, mais aussi indirectement, en se répercutant sur les coûts de transport et de production et donc sur les prix des biens et services".
Aux Etats-Unis, les statistiques ont été moins inquiétantes. Les nouvelles demandes hebdomadaires d'allocation chômage se sont élevées à 209 000 unités, soit 1 000 de moins que prévu. En ce qui concerne l'immobilier, les mises en chantier et les permis de construire attribués en avril ont été supérieurs aux attentes. Toujours au pays de l'Oncle Sam, l'indice PMI Composite préliminaire de mai, qui mesure le niveau de l'activité dans le secteur privé, est resté stable à 51,7 points, alors que les investisseurs redoutaient un repli à 51,5 points.
Seule réelle déception, l'indice de la Fed de Philadelphie, un indicateur particulièrement volatil, est passé de 26,7 à -0,4 points, alors que les analystes tablaient sur une baisse à seulement 18 points.
Sur le marché des devises, l'euro recule face au billet vert (-0,32%) et se négociait, au moment de la clôture européenne, contre 1,1588 dollar.
Dans l'actualité des valeurs
En France, Stellantis a reculé de 1,68% après avoir dévoilé son plan stratégique à horizon 2030 qui était attendu depuis des mois et qui n'a visiblement pas convaincu.
Le spécialiste de la restauration collective, Elior Group, a chuté de 26,76% après des résultats en deçà des attentes pour le premier semestre. Dans la foulée, le groupe a abaissé certains de ses objectifs financiers annuels.
Mieux orienté, Plastivaloire a flambé de 25,60%. Le fabricant de pièces plastiques complexes pour les produits de grande consommation a dévoilé une accélération de son activité au deuxième trimestre de son exercice 2025-2026, avec un chiffre d'affaires en hausse de 2,5%, contre 1,3% trois mois plus tôt.
En Europe, Syensqo a bondi de plus de 7%. Le chimiste belge a annoncé une revue stratégique de son activité Performance & Care. Cette décision a été saluée par plusieurs analystes.
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