Bourse : dans quoi investissent nos politiques ?
information fournie par Zonebourse 08/05/2026 à 09:58
Peu d'investisseurs au gouvernement
Elle était jusqu'alors méconnue du grand public. La discrète Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, a connu son premier "bad buzz" fin avril. En cause : une ligne de moins de 4 000 euros d'actions Inditex, géant de la fast fashion, un investissement qui dénote avec la cause écologique qu'elle est censée défendre.
Outre Inditex, son portefeuille (un peu plus de 100 000 euros) reste classique : grandes capitalisations européennes, bien diversifiées, mêlant luxe (LVMH, L'Oréal, Pernod Ricard), technologie (ASML, SAP, STMicroelectronics), industrie (Schneider Electric, Thales) et santé (Sanofi).
Laurent Panifous , ministre chargé des relations avec le Parlement, présente lui aussi un portefeuille d'environ 100 000 euros, mêlant gestion passive, active et titres en direct, avec un poids significatif des fonds (notamment Amundi Sérénité). L'exposition aux actions reste dominante, via des ETF couvrant les Etats-Unis (Nasdaq-100, Russell 2000), les marchés émergents et l'Inde.
Le portefeuille intègre un socle d'actions européennes bien réparti sectoriellement : valeurs défensives (Engie, Orange, Veolia), industrielles et cycliques (ArcelorMittal, Michelin, Trigano), ainsi que des profils plus technologiques et stratégiques (STMicroelectronics, Thales, ASML). Quelques mid caps comme Beneteau ou JCDecaux sont aussi présentes.
Trois députées disposent des plus gros portefeuilles
Les déclarations des députés à la HATVP (531 fiches sur 577 sont disponibles, le reste étant "en cours de traitement") permettent d'affirmer qu'un peu moins de 10% des élus de la chambre basse détiennent en direct des actions cotée, une proportion globalement cohérente et finalement proche de celle observée chez les Français investissant en Bourse.
En haut du tableau, on retrouve la députée de Paris, Joséphine Missoffe (Renaissance), à la tête d'un portefeuille de 2,8 millions d'euros placés à 97% dans Wendel. Cette concentration s'explique notamment par son environnement familial, la députée étant la fille d'Ernest-Antoine Seillière de Laborde, ancien dirigeant du groupe. Le reste du portefeuille se répartit entre plusieurs grandes capitalisations françaises comme Schneider Electric, Saint-Gobain, Air Liquide, EssilorLuxottica, Hermès, L'Oréal, Pernod Ricard, Legrand ou BNP.
De son côté, la présidente de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), dispose d'un portefeuille de 1,65 million d'euros, lui aussi très concentré : 1,59 million d'euros sont investis dans L'Oréal. Cette exposition s'inscrit dans un contexte professionnel familial, son conjoint étant cadre supérieur au sein du groupe. Le reste du portefeuille se compose de positions plus modestes (Sopra Steria, Crédit Agricole, TotalEnergies, AXA, LVMH, Hermès, BNP, Engie).
Enfin, Astrid Panosyan-Bouvet (Renaissance) complète ce podium 100% féminin avec 767 000 euros placés, dont 80% dans Unibail-Rodamco-Westfield. Là encore, cette allocation fait écho à son parcours professionnel, l'élue ayant occupé des fonctions dirigeantes au sein du groupe.
Au pied du podium, Jean-René Cazeneuve, élu (Renaissance) du Gers, détient un portefeuille d'un peu plus de 357 000 euros, investi à 99,8% dans Bouygues. Cette forte concentration reflète également un lien professionnel passé avec le groupe.
Dans l'ensemble, ces portefeuilles apparaissent peu diversifiés et largement influencés par les trajectoires professionnelles ou patrimoniales de leurs détenteurs, davantage que par une logique d'allocation financière optimisée. Le biais domestique est également marqué.
Des sénateurs assez peu investis
Sur les 348 sénateurs, 340 déclarations sont à jour : seules 8 fiches sont "en cours de traitement par la HATVP. Quarante-cinq sénateurs ont déclaréés détenir en direct des actions cotées, ce qui laisse encore apparaitre une proportion d'investisseurs inférieure à 10%, à l'image de leurs concitoyens.
Près de la moitié des sénateurs concernés détiennent un portefeuille compris entre 10 000 et 100 000 euros.
En tête du classement, Etienne Blanc (Les Républicains) a déclaré près de 647 000 euros d'actions. Son portefeuille repose principalement sur des grandes capitalisations défensives et internationales, avec une position importante sur Air Liquide (près de 248 000 euros). Le luxe constitue également un pilier (Hermès, LVMH), complété par des valeurs comme Roche, Nestlé ou Pernod Ricard.
Dans son sillage, Alain Chatillon (Parti Radical) détient 578 000 euros d'actions, avec un biais similaire en faveur du luxe et des valeurs défensives, complété par des positions en consommation courante, industrie, santé et technologie.
Enfin, Claude Malhuret (Horizons) dispose d'un portefeuille de 328 000 euros, largement concentré sur LVMH (212 000 euros). On y retrouve un mélange de valeurs défensives (Air Liquide, Sanofi, Danone) et de titres plus cycliques ou de rendement comme Accor, Covivio ou Engie. La présence de certaines valeurs réputées pour leurs dividendes élevés, notamment dans le tabac (Altria, Philip Morris), peut suggérer une attention portée au rendement, sans pour autant caractériser une stratégie de revenu structurée.
Les valeurs stars des élus
Crédit Agricole est le titre le plus plébiscité par les parlementaires (sénateurs et députés) et les membres du gouvernement. On retrouve ainsi le titre 38 portefeuilles mais ces déclarations peuvent porter à confusion car certains élus semblent avoir compilé actions et parts sociales dans leur portefeuille, faussant quelque peu les calculs. Air Liquide (24 portefeuilles) et Axa (18 portefeuilles) complètent le podium, tandis qu'on retrouve TotalEnergies et Engie en embuscade (17 portefeuilles).
Enfin, en valorisation cumulée, L'Oréal se démarque nettement avec 1,77 MEUR devant Air Liquide (environ 824 000 euros) et LVMH (473 000 euros environ).
(Papier réalisé avec l'aide précieuse d'Estéban Gustave et d'Anthony Bondain)
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