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Birmanie-Les opposants à l'armée créent un gouvernement d'union
information fournie par Reuters 16/04/2021 à 15:29

(Actualisé avec formation d'un gouvernement par l'opposition)

16 avril (Reuters) - Les opposants à la junte militaire qui a pris le pouvoir le 1er février en Birmanie ont annoncé vendredi la formation d'un gouvernement d'unité nationale comprenant des parlementaires déchus de leur mandat, des chefs de file de la contestation contre le coup d'Etat et des représentants des minorités ethniques du pays.

L'objectif de ce gouvernement est de mettre fin à la junte militaire, de rétablir la démocratie et d'obtenir une reconnaissance internationale, ont dit ses concepteurs.

"Veuillez saluer le gouvernement du peuple", a dit Min Ko Naing, militant de longue date de la cause démocrate en Birmanie, dans une vidéo de 10 minutes annonçant la création de cette structure.

Min Ko Naing n'a pas véritablement exposé de programme précis mais a dit que la priorité de ce gouvernement était de refléter la volonté du peuple, alors que l'armée a pris le pouvoir le 1er février après avoir dénoncé pendant des mois de supposées fraudes électorales lors de l'écrasante victoire de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi aux législatives de novembre dernier.

Il n'a pas été possible de joindre de représentant de la junte pour obtenir une réaction.

Le ministre de la coopération internationale de ce gouvernement, Dr Sasa, a rappelé que les Etats-Unis, par exemple, avaient reconnu Juan Guaido, chef de file de l'opposition au Venezuela, comme le président légitime de ce pays d'Amérique latine.

"Nous sommes les dirigeants démocratiquement élus de Birmanie", a dit Sasa. "Donc si le monde libre et démocratique nous rejette, cela signifie qu'il rejette la démocratie."

OBJECTIF COMMUN AVEC LES MINORITÉS ETHNIQUES

La liste des personnalités composant ce gouvernement inclut aussi bien des opposants politiques au coup d'Etat que des représentants de minorités ethniques, illustrant l'alliance de circonstance entre le mouvement en faveur de la démocratie et les communautés autonomistes, dont certaines luttent depuis des décennies contre les autorités centrales.

Aung San Suu Kyi, détenue par la junte depuis le 1er février, est désignée conseillère d'Etat, le poste qu'elle occupait avant le putsch, étant interdite de diriger officiellement le gouvernement en raison de son mariage avec un Britannique.

Sasa a déclaré à Reuters que ce gouvernement avait pour objectif la création d'une "union démocratique fédérale". D'autres ont ajouté qu'ils comptaient former une armée fédérale et qu'ils discutaient avec les forces des minorités ethniques.

Même si elle ne s'oppose pas officiellement au concept de fédéralisme, l'armée birmane se considère comme la garante de l'unité du pays.

Au-delà de ces tentatives d'unification politique de l'opposition, le mouvement de contestation, qui s'est traduit depuis le 1er février par des manifestations réprimées par l'armée, s'est poursuivi vendredi en prenant encore une nouvelle forme, celle d'une "grève silencieuse".

La population a été appelée à rester chez elle en signe de deuil pour les plus de 700 morts de la répression recensés par l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), une organisation non gouvernementale. De petits rassemblements de personnes vêtues de noir ont aussi été observés dans quelques villes, ont rapporté des médias.

A Rangoun, la plus grande ville du pays, les rues étaient pratiquement désertes ce vendredi, selon des habitants.

(Rédaction de Reuters; version française Camille Raynaud et Bertrand Boucey, édité par Marc Angrand)

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