Banques européennes : des fondamentaux solides face aux risques du Moyen-Orient (Scope)
information fournie par Zonebourse 18/03/2026 à 14:50
Les établissements européens disposent d'une exposition directe très limitée au Moyen-Orient, mais restent vulnérables aux effets de contagion. Une escalade ou un conflit qui s'installe dans la durée pourrait affaiblir la croissance européenne via un choc sur les prix de l'énergie, ou renchérir le coût du financement en cas de volatilité des marchés. A ce stade, ces scénarios ne sont pas intégrés dans le scénario central de Scope. L'agence souligne que l'exposition totale des banques supervisées par la BCE au Moyen-Orient représente moins de 1% de leurs actifs, sur une base de 27 800 milliards d'euros en septembre 2025.
Selon Scope, les dix établissements les plus exposés sont (exposition souveraine au Moyen-Orient, en pourcentage des actifs totaux) :
BPCE : 1,6%
SFIL : 1,5%
Intesa : 1,1%
Fineco : 0,5%
Crédit Agricole (Groupe): 0,5%
Eurobank : 0,45%
Société Générale : 0,3%
CaixaBank : 0,25%
Santander : 0,25%
BNP Paribas : 0,25%
Le prix de l'énergie en variable d'ajustement
Les risques dépendent largement de la réponse des pouvoirs publics. Une hausse durable des prix du pétrole et du gaz freinerait l'activité en Europe, réduisant la demande de crédit et pesant sur la qualité des actifs. Certains secteurs, comme la chimie, les métaux, les transports ou le textile, apparaissent plus exposés à un choc énergétique. Si des taux plus élevés peuvent soutenir les marges dans certains pays, cet effet reste conditionné à la capacité des banques à contenir leurs coûts de financement. Contrairement à 2022, les Etats disposent aujourd'hui de marges budgétaires plus limitées, ce qui complique toute réponse d'ampleur.
Autre canal de transmission : les marchés de financement de gros, devenus plus fragiles depuis le début des hostilités. Les spreads sur la dette bancaire se sont élargis et pourraient inciter les émetteurs à temporiser. Pour autant, les banques européennes restent globalement bien armées pour absorber des tensions de court terme, grâce à des dépôts de détail stables et peu coûteux. Quelques pays, plus dépendants des financements de marché, demeurent plus exposés, même si les marchés des obligations sécurisées, très développés en Suède ou au Danemark, offrent une certaine résilience en période de volatilité.
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