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Assurance vie, quel impact de la nouvelle stratégie de la BCE ?
information fournie par Le Cercle des analystes indépendants29/07/2021 à 09:20

François d'Hautefeuille
François d'Hautefeuille

François d'Hautefeuille

Evariste Quant Research

Cofondateur & président

https://www.evariste-quant-research.com/

Le siège de la BCE à Francfort. (Crédit photo : BCE)

Le siège de la BCE à Francfort. (Crédit photo : BCE)

L'annonce par la BCE d'une modification de ses objectifs d'inflation est un tournant fondamental dans l'histoire de l'euro. Elle ouvre la voie à une prospérité Européenne retrouvée après 10 ans de stagnation économique. Les investisseurs doivent retrouver leurs «animal spirits» pour profiter à plein de ces perspectives de croissance retrouvée.

Quelles annonces stratégiques de la BCE ?

La Présidente Lagarde a formalisé le changement stratégique des objectifs d'inflation de la BCE. Les opérations de reflation monétaire seront maintenues tant que le taux d'anticipé d'inflation à 18 mois / 24 mois sera inférieur à 2%. La BCE cherchera une symétrie du risque d'inflation autour de 2%.

Derrière ces annonces très techniques, on est en fait face à une véritable révolution monétaire. La BCE reconnait de plus en plus les manquements de sa politique au cours des 10 dernières années. Les taux d'inflation anticipés ont été très souvent surestimés. La politique monétaire a été resserrée par erreur en 2011 créant les fondements de la crise de l'euro. On a là une bascule entre un biais longtemps déflationniste de la BCE vers une renormalisation de la croissance du PNB nominal européen.

L'inflation passée et anticipée de la BCE reste en dessous de son objectif de 2%. Christine Lagarde a fait valider une poursuite des politiques de création monétaire tant que l'anticipation d'inflation à moyen terme restera sous l'objectif de 2%. Cette reflation à venir offre de bonnes perspectives de création de richesse.

Evolution de l'inflation anticipée par la BCE. (source : Bloomberg)

Evolution de l'inflation anticipée par la BCE. (source : Bloomberg)

Concrètement, la présidente Lagarde peut ainsi contrer la pression croissante d'un certain nombre de membres du Conseil de politique monétaire pour cesser la politique d'injection de liquidité mise en place depuis la crise Covid de mars 2020. Ainsi, le Président de la Bundesbank M. Weidman, ainsi que celui de la Banque de Belgique M. Wunsch ont publiquement exprimé leur désaccord face à ces mesures. Derrière les mots, on assiste donc à une lutte politique majeure entre les faucons et les colombes.  Le Président de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a publiquement soutenu Madame Lagarde.

Il est frappant de noter que Christine Lagarde a mis en exergue les fondements juridiques d'une telle redéfinition des objectifs monétaires de la BCE. Jusqu'à présent, ce sont avant tout les faucons qui utilisaient l'arme juridique en poursuivant la BCE quant à ses achats d'obligation d'Etat face à la Cour suprême allemande. Or, on peut argumenter que la situation monétaire européenne n'est pas conforme au Traité de Maastricht. 

De fait, comme l'a publiquement reconnu Isabelle Schnabel, une grande économiste allemande responsable des opérations de marché de la BCE, la BCE a souvent surestimé le risque d'inflation. Ainsi, la hausse des taux de 2011 a probablement été un facteur déclencheur de la crise de l'Euro. Depuis la crise Lehmann de 2008, le taux d'inflation est tombé structurellement en dessous de 2%. Les taux d'intérêt sont devenus négatifs pour la première fois de l'Histoire Européenne. La croissance économique a stagné en particulier dans l'Europe du Sud. 

Le taux d'inflation moyen depuis 2009 est à 1.2% bien en dessous de l'objectif de 2%. La BCE a donc une marge non négligeable de reflation de l'économie européenne.

Source : ECB, discours du Dr Schnabel le 14 juillet 2021, Peterson Institute for International Economics.

Source : ECB, discours du Dr Schnabel le 14 juillet 2021, Peterson Institute for International Economics.

De fait, la « Japonification » de l'économie européenne s'est traduit par un sous-investissement chronique. Les épargnants ont stérilisé leur épargne dans des placements sans risques type fonds monétaire et fonds en euros. 

Les banques européennes ont alors recyclé vers la Chine ces excédents d'épargne par rapport à un investissement européen atone. L'économie chinoise a ainsi pu financer sa croissance économique prodigieuse et reprendre la place qui avait toujours été la sienne jusqu'à la Révolution des Lumières en Europe au XVIIIe siècle. 

Quelles conséquences des annonces de la BCE pour les perspectives financières ? Vers un nouvel Age d'Or ou vers une nouvelle crise financière ?

La monnaie est un concept extrêmement complexe à maîtriser. En effet, beaucoup de principes de bon sens sont faux au niveau macroéconomique. Ainsi, comme Keynes l'a mis en exergue dans sa Théorie de l'emploi et de la monnaie, les politiques d'orthodoxie monétaire et budgétaire des années 30s ont aggravé et non pas soulagé la grande dépression économique à la suite de la crise de 1929. Cette leçon a bien été retenue par les gouvernements Européens qui ont laissé les déficits budgétaires exploser face à la crise COVID alors que la BCE a financé ces déficits par une création monétaire.

Certains analystes voient dans ces politiques les fondements d'un effondrement financier et monétaire. YouTube est rempli de vidéos d'analystes plus ou moins reconnus qui annoncent une tempête financière liée à un défaut de la dette d'Etat, à une fuite des épargnants vers l'or, voir même le Bitcoin, face à une défiance accrue envers la monnaie fiduciaire des banques centrales. La remise en cause du leadership Américain par la Chine, et finalement, la fin de la domination des modèles économiques et politiques occidentaux, qui seraient remplacés par un capitalisme d'Etat à base de démocrature voire de dictature comme en Chine.
Nous ne partageons pas du tout ces analyses qui prédisent un effondrement du système occidental de croissance et d'enrichissement individuel comme nous la connaissons depuis l'avènement des principes des Lumières et de la révolution industrielle du XVIIIe siècle. Au contraire, nous pensons que l'intelligence collective occidentale telle qu'elle se réaffirme dans la crise de l'euro a beaucoup d'atouts pour maintenir la richesse humaine et donc économique des économies européennes.  Comme l'a si bien exprimé Jean Bodin, Il n'est de richesses que d'hommes, et c'est la prééminence de cette richesse humaine qui pose les fondements à long terme de l'enrichissement continue des pays occidentaux depuis le XVIIIe. 

Vers sept ans de vaches grasses ou vers une crise financière majeure ?

Si notre analyse est correcte, Christine Lagarde a réussi un tour de force politique en retirant le biais déflationniste de la BCE donc de décroissance. Cette décision ouvre la voie non seulement à un nouvel âge d'or économique pour la zone euro, mais de plus elle pose aussi les fondements d'une nouvelle Europe qui crée une richesse réelle pour ses habitants et en particulier ses classes moyennes. 
C'est ainsi trois grandes dames européennes, mesdames Lagarde, von der Leyen et Schnabel qui posent les fondements d'un nouvel ordre monétaire et politique européen après une génération perdue dans bien des pays européens, à commencer par l'Italie. 
Quelles décisions d'investissement concrètes pour un investisseur sur les fonds en euros ?
Les décisions annoncées par la BCE sont absolument majeures et on ne saurait insister sur l'importance concrète qu'elles vont avoir sur l'ensemble de la création de richesse. 

1.    Privilégier les actions face aux obligations. Nous ne croyons pas du tout à la stratégie 60/40 qui est au cœur de bien des allocations d'actifs en gestion de patrimoine. De fait, la remontée de l'inflation se traduira forcément à moyen terme par une remontée des taux même si le timing d'un tel mouvement est impossible à déterminer. 

2.    Acheter des obligations indexées sur l'inflation. Le rattrapage des prix des matières premières après des années de stagnation va créer une hausse à court terme de l'inflation. Les obligations indexées sur l'inflation payent un taux réel et garantissent le capital en l'indexant sur la hausse des prix. 

3.    Ne pas choisir des profils de risque trop conservateurs pour profiter de la hausse. Beaucoup d'investisseurs sont habitués à bénéficier d'une garantie annuelle de leur capital via l'effet de cliquet des fonds en Euros. Un profil de risque avec 7% de volatilité nous semble adapté à un investissement à moyen terme (autour de 5 ans). Un tel profil de risque permet d'espérer un revenu annuel moyen de 7.000 EUR pour un investissement de 100.000 EUR soit un objectif de rendement de 7% pour une gestion active. Pour une gestion passive, nous pensons que la perspective de rendement est divisée par deux et tombe autour de 3.5% par an soit 3.500 EUR seulement. 

Conclusion

Les changements de politique monétaire annoncés par Christine Lagarde posent les fondements d'une renaissance économique de la zone Euro après 10 ans de « glaciation monétaire ». On ne saurait insister sur leur importance concrète pour un investisseur. 
Les investisseurs en assurance vie peuvent et doivent profiter de cet environnement favorable en revendant leurs fonds en Euros et en investissant dans des portefeuilles d'allocation d'actifs à risque maîtrisé.

Des profils de risque trop conservateurs nous semblent sous optimaux dans un tel environnement de reflation. Ne pas prendre de risque est un grand risque dans une période de reflation.


Cet article est adressé à titre d'information uniquement et ne constitue ni une offre de produits ou de services, ni une offre, une recommandation ou une sollicitation d'offre de fourniture de conseil ou de service d'investissement pour acheter/vendre des instruments financiers.

6 commentaires

  • 20 août16:45

    M140210 : C'est ça et avec le télétravail les salaires ne vont pas augmenter, on va délocaliser encore plus pour avoir de la main d'oeuvre moins cher. Une grosse baisse de pouvoir d'achat en perspective parce que les entreprises vont augmenter leurx prix (c'est déjà fait...) Ceux qui vont beaucoup trinquer ce sont les retraités qui ne sont pas revalorisés de l'inflation. Ca fait déjà plusieurs années que ça dure et ça va empirer. Belle Humanité que de se débarasser des aînés.


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