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Immobilier commercial : le secteur reste fragilisé par la pandémie
information fournie par Boursorama avec Newsgene01/12/2021 à 10:19

Le secteur de la mode a souffert ces derniers mois. (Pexels / Pixabay)

Le secteur de la mode a souffert ces derniers mois. (Pexels / Pixabay)

Retrouvailles en demi-teinte pour les enseignes et les foncières au salon Mapic, mardi 30 novembre : malgré une reprise du commerce physique après les confinements, le secteur reste fragilisé par les longs mois de fermeture, qui ont aussi affecté les relations entre bailleurs et commerçants.

Le commerce n'a pas été touché de manière uniforme par la pandémie. L'alimentaire par exemple en a plutôt profité, les supermarchés étant restés ouverts. L'équipement de la maison a aussi bien tenu : les Français se sont équipés pour télétravailler et beaucoup ont redécoré ou aménagé leur lieu de vie après y avoir passé de longs mois confinés. Selon la Fédération de promotion du commerce spécialisé (Procos), c'est l'un des seuls secteurs à avoir dépassé ses ventes d'avant-crise.

Une reprise inégale selon les formats

En revanche, la mode - qui connaissait déjà des difficultés structurelles - et la beauté/santé ne remontent pas encore la pente. Leur activité en magasin a baissé d'environ 20 % sur les dix premiers mois de 2021 par rapport à 2019.

Au total, les magasins dits « non essentiels » ont été fermés entre trois et six mois et demi depuis mars 2020. Les centres commerciaux ont été les plus touchés car ils ont dû fermer progressivement à partir de février jusqu'à la fin du troisième confinement, avant de se voir imposer en août le pass sanitaire, dans les régions où l'épidémie circulait le plus.

Tensions sur les loyers

Les magasins ont encore du mal à retrouver leurs niveaux de fréquentation d'avant-crise : seules les zones commerciales à ciel ouvert en périphérie des villes ont tiré leur épingle du jeu. « Avec le télétravail, les Français se sont mis à consommer plus proche de chez eux, donc souvent en périphérie des villes » , analyse auprès de l'AFP Christian Dubois, du cabinet Cushman & Wakefields. Être situés en plein air plutôt que dans des lieux clos, plus anxiogènes en période de pandémie, aurait aussi joué en leur faveur selon le spécialiste.


Les confinements ont réveillé des tensions entre bailleurs et commerçants sur les loyers. Chaque confinement a été différent : pour le premier, il a fallu trouver des accords à l'amiable. Certains bailleurs ont fait des gestes mais d'autres ont été plus durs envers leurs locataires. Avec pour résultat une multitude de procédures juridiques engagées.

Une aide non versée à ce jour

Pour le deuxième confinement, l'État a créé un crédit d'impôt pour inciter les bailleurs à faire des remises sur les loyers. Lors du troisième, il a promis de prendre en charge les loyers de certains magasins fermés mais l'aide n'a pas encore été versée. Selon le Comité national des centres commerciaux (CNCC), le taux de loyers impayés était encore de 20 % au troisième trimestre 2021.

« On comprend le stress vis-à-vis des actionnaires mais cela ne doit pas légitimer des attitudes excessives » , assure à l'AFP Emmanuel Le Roch, délégué général de Procos, qui évoque des menaces de mettre fin aux contrats ou de saisies sur comptes bancaires.

Une vacance commerciale qui se développe

La crise a tout de même poussé de nombreux bailleurs à se recentrer sur le taux d'effort des magasins : le ratio entre leur chiffre d'affaires et le montant de leur loyer. À l'avenir, Christian Dubois estime que les centres commerciaux qui sauront s'entendre avec leurs locataires autour de leur taux d'effort seront ceux qui s'en sortiront de manière pérenne.

Autrement, certains commerçants pourraient mettre la clé sous la porte. Selon les données de l'entreprise d'analyse de données Codata, la vacance commerciale en 2020 a ainsi dépassé le seuil de 10 %, une première. Même chose sur les huit premiers mois de 2021. La vacance commerciale s'est surtout développée dans les petits centres commerciaux et les grands centres-villes, qui ont plus souffert de la baisse du tourisme international et du télétravail.

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