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Réparations auto : pourquoi l’essor des voitures électriques fait grimper les factures

information fournie par Boursorama avec LabSense 15/05/2025 à 08:30
Faire réparer sa voiture coûte de plus en plus cher. Contrairement aux idées reçues, les véhicules dits « propres » sont bien plus onéreux à réparer que les modèles thermiques. Explications.

Réparations auto : pourquoi l’essor des voitures électriques fait grimper les factures / iStock.com - choochart choochaikupt

Réparations auto : pourquoi l’essor des voitures électriques fait grimper les factures / iStock.com - choochart choochaikupt

Une inflation constante bien au-delà du niveau général

Les chiffres, publiés par l’association Sécurité et Réparations Automobiles (SRA), dressent un constat clair : l’électrification du marché tire les factures vers le haut. En quatre ans, les coûts de réparation ont bondi de près de 27 %, alors que l’inflation générale n’a progressé que de 14,2 %. Rien qu’en 2024, la hausse atteint 6 % par rapport à 2023. Cette inflation s’explique principalement par trois facteurs : le prix des pièces détachées, les coûts de main-d'œuvre et les matériaux comme les peintures. Les pièces de rechange, qui représentent désormais plus de 52 % du coût des réparations, ont connu une hausse de 7 % en un an, avec des pointes sur certains éléments comme le pavillon (+23 %), le pare-brise (+14 %) ou encore la lunette arrière (+13 %).

Des véhicules électrifiés plus chers à réparer

Les véhicules hybrides et électriques, bien qu’ils soient mécaniquement plus simples en apparence, entraînent des coûts de réparation supérieurs de 14 à 16 % par rapport aux modèles thermiques. Plusieurs raisons expliquent cet écart. D’abord, leur poids plus important aggrave les dommages en cas de choc. Ensuite, ils intègrent des matériaux plus techniques, comme l’aluminium ou les composites, plus difficiles à réparer. Enfin, ils comportent des pièces spécifiques, comme les batteries haute tension ou les câblages complexes, dont le remplacement est souvent systématique.

Une main-d'œuvre spécialisée et des protocoles stricts

Les réparations sur les véhicules électrifiés doivent souvent être effectuées dans des ateliers spécialisés ou au sein de réseaux de constructeurs. Ces opérations, notamment celles impliquant des systèmes haute tension, exigent des compétences particulières et des outils adaptés, ce qui se traduit par des tarifs horaires plus élevés. Par ailleurs, les directives des constructeurs imposent souvent le remplacement complet des batteries après un accident, représentant à elles seules jusqu’à 60 % de la valeur du véhicule neuf.

L’électrification alourdit les sinistres

En 2024, 11,5 % des sinistres concernaient des véhicules électrifiés, contre 7,8 % l’année précédente. Chez les modèles de moins de deux ans, cette proportion atteint même 39 %. Cette évolution se traduit par une explosion des coûts des sinistres les plus courants : capots, ailes avant, pare-brise et blocs optiques. Le coût moyen d’un choc avant est désormais 1,5 fois plus élevé qu’un choc arrière, en grande partie à cause du remplacement systématique d’éléments technologiques intégrés aux faces avant des véhicules.

Un réemploi encore marginal face à la complexité

Pour alléger les coûts, le recours à des pièces issues de l’économie circulaire progresse timidement. En 2024, 17,3 % des réparations expertisées intégraient au moins une pièce d’occasion, mais ces pièces ne représentent encore que 5 % de l’ensemble des pièces remplacées. Plusieurs freins persistent, notamment les normes de sécurité, la complexité technologique croissante des pièces, et des délais d’approvisionnement dissuasifs. Résultat, 72 % des pièces endommagées sont remplacées, contre 68 % en 2020, accentuant encore la tendance à la hausse des coûts.

2 commentaires

  • 15 mai 08:57

    Il est possible d'optimiser les moteurs diesel mais les lobbies sont puissants et vont sacrifier les 13 millions d'emplois européens


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