Le géant du e-commerce devrait à nouveau tirer profit du confinement.
En pleine crise sanitaire les géants de la vente en ligne sont pointés du doigt, accusés de rafler le manque à gagner des commerces « non-essentiels » contraints de fermer boutique. Selon le baromètre de l’audience du e-commerce en France réalisé Médiamétrie en partenariat avec la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad)*, au deuxième trimestre 2020, 69% des Français ont consulté chaque mois, au moins un des 15 plus grands des sites et/ou applications de vente sur internet, avec en tête Amazon.
La part de marché* du leader mondial en France (hors acteurs de la grande distribution) est de 19%, d'après les chiffres de l'institut Kantar. Selon le baromètre Médiamétrie et Fevad, Amazon a enregistré en moyenne plus de 31 millions de visites uniques par mois au second trimestre. Au total 49,7% de la population française a consulté le site de vente en ligne sur la même période. La vente sur internet « représente en France environ 10% du commerce de détail avec des variations en fonction des secteurs. Amazon capterait 20% de ces 10% », détaille la Fevad auprès du Figaro . Le français Cdiscount arrive en seconde position du classement avec plus de 23 millions de visiteurs uniques mensuels. 37,3% de la population française s'est connectée chaque mois sur le site.
Des chiffres qui attisent une défiance envers les plateformes numériques. Interrogée sur LCI ce lundi à propos de la fermeture des librairies, la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, a appelé à un boycott des géants du e-commerce. « N'achetez pas des livres sur les plateformes numériques », a-t-elle insisté, avant de lancer : « Oui, Amazon se gave, à nous de ne pas les gaver ». Quelques jours plus tôt, Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, indiquait craindre qu’Amazon ne sorte « grand vainqueur » de la crise sanitaire. La maire de Paris Hidalgo a également déclaré ce lundi « Je le dis vraiment aux Parisiennes et aux Parisiens: n'achetez pas sur Amazon. Amazon c'est la mort de nos librairies et de notre vie de quartier ».
Le géant américain a annoncé jeudi 29 octobre le triplement de son bénéfice net sur le troisième trimestre, à 6,3 milliards de dollars.
Plusieurs enseignes tirent leur épingle du jeu
Lors du premier confinement, la Fevad avait aussi observé que les Français s'étaient largement reportés sur les sites de leurs enseignes favorites, démontrant « un fort attachement » aux magasins. Les enseignes Fnac, Leroy Merlin et E.Leclerc arrivent ainsi respectivement en 3, 4 et 5eme positions des sites de e-commerce les plus visités en France, au second trimestre.
Plus difficile, en revanche, pour les petits commerçants de s’implanter sur le marché de la vente en ligne. Pourtant il existe une réelle demande des consommateurs, observe le baromètre: « 68,3% des personnes interrogées pensent que les commerces de proximité en centre-ville devraient offrir la possibilité de commander sur internet ». « Pouvoir commander en ligne lorsqu'on ne peut pas se rendre en magasin devient une attente partagée par de plus en plus de Français, et qui devrait perdurer dans le temps bien au-delà de la crise », indique Marc Lolivier, Délégué Général de la Fevad.
* Le marché représente tous les biens physiques achetés sur Internet (hors Voyages, transport, hôtellerie notamment), B to C, achats sur les sites web .fr mais aussi sur les sites implantés à l'étranger et qui livrent en France. Les frais de livraison ne sont pas intégrés.
* Étude menée du 06 au 20 août 2020 auprès de 2003 cyberacheteurs âgés de 15 ans et plus.
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