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Non, Paris n'est pas menacée par une pénurie estivale de pain

Le Figaro12/08/2015 à 08:53

À en croire la presse britannique, il y aurait de moins en moins de boulangeries ouvertes l'été dans la capitale. En cause : les artisans français ne sont plus obligés de déclarer leurs congés en préfecture. Une crainte qui semble exagérée à en croire la profession.

Le gouvernement a décidé il y a quelques mois de faire tomber une obligation historique. Pour la première fois depuis 1790, les boulangers français n'ont plus l'obligation de déclarer leurs congés en préfecture. La raison? Un article passé sous silence et publié dans la loi relative à la simplification de la vie des entreprises remet ainsi en cause une mesure adoptée après la Révolution française. Jusqu'ici, chaque artisan devait informer la préfecture de ses jours de fermeture afin de prévenir une éventuelle pénurie de pain pendant les vacances. À l'image du régime des pharmaciens, un système de garde était mis en place pour offrir un service minimum aux clients. On pourrait alors penser que ce changement de réglementation est anecdotique.

Sauf qu'il y a quelques jours, la presse anglaise s'est emparée du sujet. Selon nos voisins britanniques, Paris serait actuellement frappée par un manque cruel de baguettes. Le Daily Mail a alors évoqué «une disette touchant les baguettes parisiennes» tandis qu 'un reporter du Telegraph évoque sa mélancolie de «ne bientôt plus voir l'image familière du Français marchant dans la rue avec sa baguette sous le bras, remplacée par des habitants en colère face à leur boulangerie fermée». Le constat pose des questions. Car au-delà de la bataille politique engagée de longue date par François Hollande pour économiser à terme près de 11 milliards d'euros, c'est un aliment de base qui deviendrait introuvable.

Jusqu'en décembre dernier, un boulanger qui ne déclarait pas ses congés en préfecture risquait une amende pouvant aller de 11 à 33 euros par jour de fermeture non autorisée. «Jusqu'ici, la préfecture était le gendarme mais aujourd'hui on a plus cette surveillance. On a pas encore les chiffres, la rentrée sera déterminante, explique Dominique Anract, le président de la Chambre professionnelle des artisans boulangers-pâtissiers de Paris. Il y a désormais un devoir et une responsabilité de chaque artisan. On doit garder l'impact et le marché de la baguette dans les boulangeries sous peine de voir les clients partir pour les autres pôles». Avant la suppression de la disposition, deux groupes, un en juillet et un en août, assuraient un service permanent aux consommateurs.

Reste qu'actuellement, le problème semble ailleurs. Depuis quelques années, la consommation de pain a reculé en France. «On a surtout une pénurie de clients en août, c'est un problème majeur. Le mois de juillet est déjà calme mais le constat est visible. Le système a également évolué car aujourd'hui, la majorité des boulangeries à Paris ne ferment plus, notamment les grands groupes. La progression des intérims permet d'assurer un service permanent, sans période de fermeture», complète Dominique Antract. Un constat partagé par Jean-Louis Mack de la Confédération nationale de la boulangerie qui rappelle «l'opposition affichée lors de la suppression du texte. C'était une réglementation dissuasive qui permettait d'éviter de laisser des zones sans pain. Après, le risque de pénurie est assez faible, les artisans sont responsables et ne peuvent se permettre de perdre de la clientèle».

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

1 commentaire

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  • bearnhar
    12 août08:15

    De toute manière, bientot la révolution...

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