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Les grands appartements ont moins la cote à Paris
Le Figaro03/05/2021 à 09:00

(Crédits photo : Unsplash - Yann Maignan )

(Crédits photo : Unsplash - Yann Maignan )

 Avec les envies d'ailleurs des familles, les baisses des prix des grandes surfaces sont plus marquées que pour les studios ou les deux-pièces.

Paris a moins la cote. Entre avril 2020 et avril 2021, les prix de l'immobilier ont reculé de près de 3%, selon Meilleurs Agents. Tous les arrondissements ont été touchés. Particulièrement le centre de la capitale qui a souffert de l'absence des étrangers bloqués par le Covid-19. Idem pour les différentes typologies de biens: toutes sont concernées mais les grandes surfaces (-3,7% en moyenne en avril sur un an) plus que les petites (-2,9%).

Avant le Covid-19, les familles désertaient Paris parce qu'elles n'avaient plus les moyens de s'y loger ou allaient s'installer à l'est de la capitale où les prix de l'immobilier sont plus abordables. Aujourd'hui, même les familles aisées ont des envies d'ailleurs, de logements plus grands et surtout disposant d'espaces extérieurs. À budget équivalent, les surfaces sont facilement doublées voire triplées en Île-de-France par rapport à Paris. La plupart des ménages ne vendent pas leur bien car la Ville lumière reste, malgré tout, attrayante, mais le pied-à-terre a remplacé le grand appartement. «Les projets ont évolué avec le Covid: l'idée est de sortir de Paris», affirme Richard Tzipine, directeur général du réseau Barnes.

Des acheteurs parfois inattendus

Les cartes de la capitale (voir ci-dessous) montrent clairement que les baisses les plus prononcées sont pour les grandes surfaces. «Les familles, en quête de surfaces plus grandes et d'un cadre de vie plus agréable, se projettent plus souvent dans les villes périphériques», décrypte Barbara Castillo Rico, responsable des études économiques de Meilleurs Agents. Les arrondissements familiaux et résidentiels comme les 14e, 15e et plus au centre, les 5e, 6e et 7e, sont les plus touchés. Avec des baisses supérieures à 4%.

Mais difficile, pour autant, de parler de bonnes affaires avec des prix qui dépassent allègrement les 14.000 euros le m² pour les arrondissements les plus chers de Paris. «Ces quartiers ont atteint des prix tellement élevés que, malgré les baisses, les acheteurs peuvent être découragés tant pour les grandes que pour les petites surfaces d'ailleurs», analyse Barbara Castillo Rico. C'est dans les 4e, 5e ou encore 6e que les prix des studios et des deux-pièces ont le plus chuté en un an (voir ci-dessous).

Et bien qu'il soit moins chic que le centre de Paris, l'est parisien attire. «Les ventes ont explosé dans les 11e, 12e et 20e. Nos chiffres d'affaires sont proches de nos meilleurs scores dans l'ouest parisien», affirme Richard Tzipine, directeur général de Barnes France. Le bois de Vincennes, les immeubles récents - avec balcons ou terrasses -, les maisons individuelles sans compter les prix plus abordables attirent.

Notamment des acheteurs inattendus. «Nous avons vendu à distance un pied-à-terre de 85 m² à un Américain et un 165 m² à un couple de Sud-Américains de retour à Paris, entre 11.000 et 12.500 euros le m², l'un proche de la place de la Nation et l'autre boulevard Beaucmarchais», raconte Sébastien Mouton, directeur Barnes Paris Est. De quoi rappeler aux agents immobiliers que les étrangers seront bientôt de retour, a priori à partir du 9 juin.

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