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Le gouvernement réfléchit à un coup de pouce sur les petites retraites

Le Figaro15/09/2014 à 08:41

VIDÉO - Le ministère des Affaires sociales avait indiqué vendredi que les pensions inférieures à 1200 euros ne seraient pas revalorisées en octobre. Mais l'exécutif hésite maintenant à être plus généreux que prévu.

Sur le dossier des petites retraites, le gouvernement hésite. Le secrétaire d'État aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a annoncé ce dimanche que le gouvernement fera un geste pour les petites retraites. Manuel Valls devrait préciser ce «coup de pouce» mardi, lors de sa déclaration de politique générale, a-t-il précisé.

Dans le Journal du Dimanche daté du 14 septembre, le premier ministre, justement, a aussi déclaré que le gouvernement entendait «compenser l'effet négatif de l'inflation sur les petites retraites», semblant revenir sur la parole de sa ministre des Affaires sociales Marisol Touraine. En effet, vendredi le cabinet de la ministre avait annoncé que les pensions inférieures à 1200 euros ne seraient pas revalorisées au 1er octobre, du fait de la faible inflation.

Incertitude sur le «geste»

Mais qu'entend Manuel Valls par «petite retraite»? S'agit-il des pensions sous le seuil de pauvreté ou celles inférieures à 1200 euros? Ou voulait-il seulement parler de l'ex- «minimum vieillesse», c'est-à-dire de l'Allocation solidarité aux personnes âgées (Aspa), que le gouvernement a de toute façon promis de revaloriser exceptionnellement en avril dernier? En ce cas, le «coup de pouce» ne serait pas une annonce, mais la confirmation d'un engagement passé. Quoi qu'il en soit, l'incertitude planait encore dimanche après-midi sur le geste en préparation pour les pensionnés modestes. En haut lieu, on précisait d'ailleurs que rien n'était arbitré.

Il faut dire que l'annonce de la «stabilité» des petites pensions, vendredi, a attisé les tensions entre d'un côté le gouvernement et sa majorité à l'Assemblée. Le président du groupe Radical à l'Assemblée, Roger-Gérard Schwartzenberg, a ainsi demandé vendredi au gouvernement «de décider de donner un coup de pouce». «La revalorisation des pensions de moins de 1200 €, qui serait très utile pour améliorer le pouvoir d'achat et la consommation de ces retraités, pourrait contribuer à une certaine relance de la demande, au moment où la croissance est au point mort», a-t-il notamment avancé.

Pour sa part la très influente CFDT a aussi vigoureusement protesté contre la décision gouvernementale. «La confédération CFDT et l'Union confédérale des retraités CFDT désapprouvent la non revalorisation des petites retraites, a réagi le syndicat réformiste dans un communiqué. Elles estiment qu'un geste significatif doit être fait en direction des retraités les plus modestes.»

Une économie potentielle comprise entre 300 et 150 millions

«Il n'y a pas beaucoup d'inflation et donc les règles que nous appliquons chaque année de la même manière pour revaloriser les retraites aboutissent à ce que cette revalorisation est égale à zéro», s'était justifiée Marisol Touraine sur RTL, vendredi soir. Cela aurait aussi permis d'économiser entre 300 et 150 millions d'euros en fonction du taux de revalorisation retenu, d'après une source au fait du dossier. Une somme relativement modique par rapport au mécontentement soulevé parmi les petits retraités, a peut-être finalement jugé Matignon.

En effet, pour les 6,5 millions de personnes concernées, l'effet aurait été le même que celui d'un gel en bonne et due forme. Et aurait ressemblé à une promesse non tenue. «L'argument technique de la faible inflation pour ne pas appliquer cet engagement est inaudible pour les personnes concernées qui vivent avec une retraite souvent proche du seuil de pauvreté», a d'ailleurs argumenté la CFDT vendredi.

En avril dernier, la question de la revalorisation, ou non, des petites retraites avait contribué à creuser le fossé entre le gouvernement et les frondeurs lors de l'examen du budget rectificatif de la Sécu. Ces derniers réclamaient, avec une grande partie des députés de la majorité plus disciplinés, que les pensions des plus modestes soient épargnées par le gel décrété jusqu'en octobre 2015 sur les pensions. Au terme d'un débat houleux, le gouvernement avait finalement plié.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

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