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La coup de gueule d'un boulanger contre le pain industriel
Le Figaro06/10/2017 à 15:52

Dans une vidéo qui fait le buzz sur Facebook, un jeune boulanger de 23 ans s'en prend à la concurrence déloyale des grandes surfaces contre les boulangeries. Cette vidéo pose également la question de la difficulté des boulangers indépendants et de la «désertification» des centres-villes.

«Un jour nos petits-enfants n'auront plus de boulanger-pâtissier dans leur village, ce sera fini!». Ce coup de colère, mais aussi ce cri du coeur, a été posté lundi soir sur Facebook par Jordan Lecestre, un boulanger de 23 ans originaire de Monclar-de-Quercy, près de Montauban. Il a tourné la vidéo dans sa voiture, à la sortie d'un magasin Super U. Ce qui a déclenché sa sidération? Avoir vu deux clients attendre à la caisse du supermarché avec des baguettes de pain comme seuls achats.

Dans la séquence en question, vue à ce jour près de 200.000 fois sur Facebook, le jeune homme défend avec passion l'artisanat français et s'en prend à la concurrence déloyale des grandes surfaces contre les boulangeries. «Y'a pas des boulangers dans votre quartier? Y'a pas des boulangers dans votre village?», s'interroge-t-il. Avant de poursuivre: «Vous mettez tout votre argent dans les grands centres commerciaux. Mais c'est n'importe quoi, en plus vous achetez du pain de m**** [...] Les baguettes qu'ils font sont remplis d'améliorants». Le jeune homme estime que les baguettes vendues en grandes surfaces sont du «travail bâclé», contrairement à ce que font les artisans boulangers, qui se lèvent «entre minuit et 2 heures du matin». Jordan Lecestre justifie l'écart du prix de la baguette (35 centimes en grande surface, contre 1 euro à 1,10 euro chez un boulanger) par la qualité du produit. «Chez un artisan, elle est faite avec amour, elle est faite avec des vraies farines», explique-t-il.

«Dans 20 ans, un dimanche quand vous serez là, bah tiens je vais m'acheter un petit gâteau pour fêter l'anniversaire de mon petit, bah non il n'existera plus ce boulanger parce que vous l'aurez tué le boulanger!», poursuit le boulanger. Avant de conclure, la voix pleine de colère: «Arrêtez d'acheter vos baguettes dans la grande distribution, faites marcher l'artisanat français, on en a besoin bordel de merde!».

Contacté par Le Figaro, le jeune homme explique vouloir «défendre la baguette de tradition française». Il poursuit: «Aujourd'hui en France, on délaisse la boulangerie artisanale alors que c'est là qu'il y a du bon pain». Quant au buzz suscité par sa vidéo, il déclare: «Je ne m'attendais pas du tout à ça. Beaucoup de personnes se sentent visiblement concernées et ça fait plaisir».

Crise des boulangers et «désertification» des centres-villes

Le coup de gueule de ce jeune boulanger soulève des questions de fond. En premier lieu, la difficulté des boulangers indépendants face aux grands groupes industriels. Selon le dernier baromètre publié par la société Altarès sur les défaillances d'entreprises, un tiers des entreprises du secteur agroalimentaire placées en redressement ou en liquidation judiciaire au cours du premier trimestre 2017 sont des boulangeries-pâtisseries. Cela concerne le plus souvent des petits commerces situés en zone rurale et créés depuis moins de 6 ans.

Cette hausse des défaillances de boulangeries s'explique notamment par la baisse de la consommation de pain dans l'Hexagone, qui n'atteint aujourd'hui que 120 grammes par jour, contre 150 grammes en 2003, selon l'Association nationale de la meunerie française. Face à la concurrence des grosses enseignes de l'industrie agroalimentaire, qui exercent une pression à la baisse sur les prix de la baguette, les boulangeries artisanales survivent difficilement. La boulangerie industrielle représente en effet 45% du marché des pains, viennoiseries et pâtisseries en France, ce qui lui permet de réaliser un chiffre d'affaires de 8,5 milliards d'euros par an.

» Lire aussi - À Paris, les boulangers tentent de gérer le casse-tête des congés estivaux

Autre élément, la «désertification» rapide des centres-villes. Début septembre, l'association «Centre-Ville en Mouvement», qui réunit plusieurs centaines d'élus, avait alerté Emmanuel Macron sur la «désertification rapide» des centres-villes et demandé à ce que cette problématique soit déclarée «Grande cause nationale 2018». «Beaucoup de villes moyennes de 40 à 50.000 habitants sont des mouroirs après 19 heures», déplorait notamment Patrick Vignal, député de l'Hérault et président de l'association «Centre-Ville en Mouvement».

» Lire aussi - Des élus interpellent Macron sur les centres-villes devenus des «mouroirs»

Depuis 2010, la vacance commerciale (c'est-à-dire la part de locaux commerciaux vacants dans l'ensemble des commerces d'une ville) augmente d'un point par an. Son taux a atteint 11,3% dans le centre-ville des agglomérations urbaines de plus de 25.000 habitants en 2016, selon les dernières données de l'Institut pour la ville et le commerce. Le taux de boutiques vides est supérieur à 10 % dans 89 municipalités. Parmi les plus touchées figure notamment Béziers, où le taux de vacance commerciale s'élevait à 24,4 % en 2015. Un record national.

8 commentaires

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  • fbray
    07 octobre20:50

    Quand parfois, j'achète du pain (baguette à 1.05 EUR) chez le boulanger le plus proche, je suis obliger de préciser bien cuit (il fait du pain pas cuit.. ;)). Ce pain le soir du même jour est soit de la brique ou du chiffon. Celui acheté dans la grande surface (baguette 0.85 EUR) est encore du pain consommable le surlendemain. De plus au niveau gout il est similaire voir meilleur !! De plus les ingrédients sont indiqués sur le sac fourni contrairement au boulanger proche.

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