Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
Plus de 40 000 produits accessibles à 0€ de frais de courtage
Découvrir Boursomarkets
Fermer

La «cheapflation», ou quand les industriels rognent sur la qualité des produits pour conserver leurs marges
information fournie par Le Figaro 08/09/2023 à 18:37

(Crédits photo : Unsplash - Markus Winkler )

(Crédits photo : Unsplash - Markus Winkler )

Certains fabricants n'hésitent pas à changer la composition de leurs références par des arômes artificiels ou des exhausteurs de goûts, au risque de renforcer la malbouffe des Français.

De la cellulose de bois dans du parmesan, de l'eau dans du jambon ou des arômes artificiels de chocolat dans des glaces ? Sans le savoir, vous avez peut-être déjà consommé des aliments victimes de « cheapflation ». Derrière ce mot barbare - un néologisme formé de « cheap », pour bas de gamme, et inflation - se cache une technique peu scrupuleuse, qu'emploient certains industriels : remplacer « certains produits ou aliments par des substituts (alimentaires ou non) moins chers ». Objectif : « Maintenir des marges ou vendre plus de produits », soulignait John Plassard, directeur adjoint de la banque privée Mirabaud & Cie, dans l'une de ses études publiée en avril 2022.

« La “cheapflation” est la dernière trouvaille des industriels pour maintenir leur marge et permettre à leurs clients de “presque” pouvoir continuer à manger leurs produits préférés, malgré la hausse de l'inflation qui grève leur pouvoir d'achat », détaillait-il. Le rapport citait notamment l'exemple de « la crème glacée » désormais appelée « dessert glacé [...] parce qu'on lui a retiré tellement de produits laitiers pour les remplacer par des produits de remplissage » qu'elle ne correspond plus, légalement, à son appellation d'origine. Même exemple avec les produits « chocolatés » ou « aromatisés au chocolat » qui contiennent certainement « de l'huile de palme, des arômes artificiels ou une autre concoction similaire ».

«Shrinkflation», publicité ciblée, accusations : entre distributeurs et industriels, la guerre est déclarée

«Il faut bien lire les étiquettes»

Certains exemples inquiètent davantage. C'est le cas du parmesan, qui est « complété, parfois fortement, par une fibre végétale souvent dérivée du bois (le plus souvent appelée “cellulose” dans l'industrie alimentaire) », indiquait John Plassard. Si aucun cas n'a été recensé en France, Bloomberg avait déjà épinglé en 2016 plusieurs fabricants qui utilisaient ce produit de remplacement aux États-Unis. La cellulose n'a aucune valeur nutritive, « l'homme n'a aucun moyen de la digérer et cela peut provoquer divers problèmes digestifs ».

En outre, les industriels faisant de la « cheapflation » ne préviennent pas toujours leurs clients du changement de composition des produits. « J'incite le consommateur à bien lire les étiquettes et la liste des ingrédients. conseille Coralie Costi, diététicienne nutritionniste. Plus elles sont courtes et mieux c'est ». La présence de mots inconnus n'est « pas bon signe », complète-t-elle, soulignant des risques non-négligeables pour la santé : « L'ajout d'additifs ou d'exhausteurs de goûts peut entraîner des maladies cardiovasculaires, du diabète ou le dérèglement du microbiote. »

Les effets de la « cheapflation » peuvent aussi se voir dans la restauration. « Regardez dans les restaurants ou dans les cantines, on a remplacé des produits qui coûtaient cher dans les menus par d'autres qui coûtaient moins cher », relevait Michel-Édouard Leclerc, président des centres E. Leclerc, ce vendredi matin sur BFMTV. Un constat partagé par Coralie Costi qui explique que « ce sont les enfants qui en font les frais » avec une « éducation nutritionnelle » tronquée. Si, pour l'heure, cette technique « est loin d'être généralisée » en France, selon les experts du secteur, il faut toutefois renforcer sa vigilance dans les rayons, au risque de se faire duper dans son assiette. Contactés, ni l'Association nationale des industries alimentaires, ni le cabinet de la ministre déléguée chargée du Commerce n'étaient en mesure de nous répondre.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer