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Ces villes pourraient disparaître à cause de la montée des eaux

Le Figaro11/05/2016 à 17:13

EN IMAGES - Chaque année, les océans grimpent de 3 millimètres, et même jusqu’à trois fois plus dans certaines régions du monde. La montée des eaux et l’érosion menaçent ainsi de nombreuses villes et villages.

Elles s’appelaient Kale, Rapita, Rehana, Kakatina et Zollies, et servaient d’escale aux pêcheurs de la région. Ces cinq îles de l’archipel de Salomon ont été submergées par les flots, engendrant avec elles la destruction d’une dizaine de maisons et la relocalisation forcée de deux villages. En cause, le réchauffement climatique et la montée du niveau des mers. Une étude parue dans la revue «Nature Climate Change» estime à 136 le nombre de métropoles côtières susceptibles d’être englouties. Et au moins tout autant de villages...

Le Figaro Immobilier s’est donc penché sur quelques unes de ces villes et villages du monde, où les terres et les populations sont dangeureusement menacées par la montée des océans.

• Taro, dans l’archipel des îles Salomon. Outre les cinq îles qui ont disparu entre 1962 et 2014, six autres des 900 îles de la région sont fortement menacées de disparition, d’après une étude australienne récemment publiée. Dans la province de Choiseul, le village de Taro situé seulement moins de deux mètres au-dessus de la mer a été contraint de penser son repliement afin d’échapper aux vagues. L’île Hetaheta quant à elle, est passée de 251.700 km2 en 1947 à 95.910 km2 en 2014. Une surface quasiment divisée par trois!

Dans ce secteur du globe, le rythme de la montée des océans y est trois fois plus rapide que dans les autres parties du monde: 7 à 10 millimètres tous les ans contre une moyenne mondiale et annuelle de 3 millimètres. Il y a quelques mois d’ailleurs, un séisme aux îles Salomon avait fait peser le risque d’un possible tsunami. De quoi inquiéter encore davantage les autorités locales et mettre en place des projets de repliements.

• Kutudbia, au Bengladesh.

Les moussons, les inondations et les cyclones confrontent depuis toujours le pays aux difficultés naturelles. Entre la fonte des neiges et des glaciers de l’Himalaya jusqu’à l’océan indien, l’eau est partout sur ce territoire qui s’est déjà réduit d’environ un quart en trente ans. 100.000 personnes vivent aujourd’hui sur l’île de Kutubdia, mais elles savent que cette dernière est condamnée à disparaître. Les scientifiques ont en effet prévenu les habitants que l’île pourrait être complètement engloutie d’ici seulement... 50 ans. Les remparts contre les inondations et les abris anti-cycloniques ne sont donc que des solutions temporaires face à l’érosion des vagues qui grignotent les côtes. Dans la capitale à Dacca, 11 millions de personnes pourraient également être exposées à des inondations dramatiques à moyen terme.

• Tawara, dans l’archipel des Kiribati

Au coeur du Pacifique, cet atoll de l’archipel des Kiribati est devenu l’un des symboles du changement climatique. Ici, la montée des eaux pourrait atteindre 98 centimètres d’ici à 2100 si l’on en croit les estimations du Groupe dexperts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Soit un tiers de l’altitude maximale de Tawara. D’ailleurs, la plupart des îlots de ce pays dépassent à peine le niveau de la mer. Fait aussi bien inquiètant que réaliste: le Président Anote Tong se prépare à la submersion totale de son pays qui selon lui, pourrait être inhabitable d’ici à 2050.

• Saintes-Maries-De-La-Mer, en Camargue

La France n’est pas épargnée! Laboratoire français du réchauffement climatique, la ville estuaire de Saintes-Maries-De-La-Mer pourrait bien, elle aussi être submergée sous les flots. Ce village de 2.500 habitants entre la Méditarranée et les marées de la Camargue est cerné par les eaux. Déjà plus de 20 millions d’euros ont été dépensés pour protéger cette commune de l’avancée indéniable de la mer, qui a gagné un kilomètre sur les vingt dernières années. Les plages ont été remplacées par des kilomètres de digues, mais chaque tempête fragilise de nouveau les installations et le littoral. En tout, 15.000 hectares sont vulnérables, dont 3000 seront peut-être prochainement cédés à la mer.

• Grand-Lahou, en côte d’Ivoire

Sur une bande de terre encerclée par les eaux, le village historique de Grand-Lahou est situé à une centaine de kilomètres d’Abidjan. Ces vingt dernières années, la commune a vu les vagues manger trois kilomètres de ses côtes, des dizaines d’anciennes maisons coloniales, et même une école et un hôpital. Ainsi, 20.000 personnes, pêcheurs et habitants subissent les conséquences du réchauffement climatique qui emporte peu à peu la ville moins d’un mètre au-dessus de la mer. Avec la montée des eaux, ce n’est pas seulement Grand-Lahou qui est susceptible d’être noyé, mais aussi 562 kilomètres carrés le long de la côte.

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