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Les masques fabriqués par des entreprises non spécialisées sont ils sûrs ?
Le Figaro31/03/2020 à 15:29

Le ministère a lancé un appel à propositions il y a plusieurs jours aux entreprises du luxe, de l'habillement et du textile en général. (Crédits photo : Pixabay - Juraj Varga )

Très éloignées du monde médical, des PME ont entrepris une reconversion solidaire pour soutenir la production nationale de masques. Sans attendre les recommandations des autorités.

Qui dit «guerre» contre le coronavirus, dit constitution d'un arsenal défensif. Outre la hausse de la production de masques sanitaires annoncée par l'exécutif (de 15 millions, elle doit à passer à 40 millions par mois en avril, a confirmé Emmanuel Macron mardi), l'effort porte aussi sur de simples masques chirurgicaux, à destination des non-soignants. «Dans les prochains jours», l'exécutif table sur une production quotidienne de «480.000 masques», avec l'appui notamment de l'industrie textile, a indiqué Bercy.

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Pour produire davantage de ces masques non sanitaires, le ministère a lancé un appel à propositions il y a plusieurs jours aux entreprises du luxe, de l'habillement et du textile en général. Les premiers partenariats ont déjà été scellés, comme l'a annoncé le 28 mars sur son compte Twitter le premier ministre Edouard Philippe: «Pour répondre à la demande de masques à usage professionnel non sanitaire, nous avons mobilisé l'ensemble du tissu productif national: 24 producteurs français seront en capacité de produire près d'un demi-million de masques par jour dans les prochains jours». Une information confirmée lundi par la secrétaire d'État Agnès Pannier-Runacher.

Bercy précise que la Direction générale des armées (DGA) a établi un cahier des charges «permettant de conduire des tests quantifiant le niveau de protection de ces nouveaux masques». Ce cahier des charges, en conformité avec les normes européennes, permet aux entreprises qui ne sont pas spécialisées dans ce type de fabrication de produire des masques qui soient suffisamment protecteurs pour les travailleurs au quotidien.

Des initiatives partout en France

Certaines entreprises du textile n'ont toutefois pas attendu pour se mobiliser en urgence contre le Covid-19. Elles ont déjà commencé à produire des masques, et ce sans validation particulière des autorités. Pour quel niveau de sécurité sanitaire ?

Il convient d'abord de rappeler que plusieurs types de masques existent. Le masque chirurgical jetable, tout d'abord : en le portant, la personne contaminée évite de projeter des particules ; en revanche, un individu encore non atteint ne sera pas protégé par un tel masque. C'est ce type de masque que des PME ont commencé à fabriquer de leur propre initiative. Le masque dit «filtrant» (modèles de type FFP2 et FFP3) est censé protéger la personne non contaminée qui le porte. Celui-là est beaucoup trop complexe à fabriquer de manière artisanale, à cause de l'obligation «d'étanchéité du visage», souligne le docteur Odou, professeur de pharmacie au CHU de Lille et responsable du département de pharmacie de la ville, qui appelle à éviter de «jouer à l'apprenti sorcier».

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À L'Ascenseur Confection, spécialiste des vêtements de travail à Merville, dans le Nord, les ateliers ont rouvert pour confectionner ces masques chirurgicaux. «Cela permet de participer à l'effort national, de se sentir utile en soutenant ceux qui continuent à travailler», explique le responsable commercial Fabien Flotat, qui fait état de 30.000 commandes déjà reçues. Objectif de l'entreprise: fabriquer entre «800 et 1000» masques par jour, à destination du secteur agroalimentaire et des livreurs de rue, «afin d'éviter que les stocks pour les hôpitaux ne soient mobilisés». Il a fallu très vite créer un patron pour modéliser les masques et établir un cahier des charges. Ils sont fabriqués à partir de tissu en polyester et coton. «C'est un masque en mode dégradé et auto-certifié. Il est similaire à ce qu'on peut trouver en usage dans les entreprises agroalimentaires», explique Fabien Flotat. La production a démarré la semaine du 23 mars.

Depuis mi-mars, la petite entreprise Les tissages de Charlieu (Loire), qui produit en temps normal du tissu pour la mode ou l'aéronautique, dédie elle aussi sa production aux masques chirurgicaux en tissu lavable. Ils ne sont pas homologués aux normes européennes, mais respectent un cahier des charges validé par des professeurs de médecine. 180.000 masques sortent chaque jour de la petite usine reconvertie, assure l'entreprise au Figaro. «C'est mieux que rien, on prendra ce que l'on nous donnera», commente le docteur Fabrice Denis, oncologue et pilote du site gouvernemental d'information sur le Covid-19.

Lemahieu, autre société du Nord, a coopéré avec le CHU de Lille. Le centre hospitalier a développé et testé en laboratoire un modèle avant que la production ne soit lancée, rapporte La Voix du Nord. L'entreprise qui fabrique habituellement des sous-vêtements en maille vise 700 masques par jour pour le personnel hospitalier. Le CHU précise toutefois que ces masques ne sont pas utilisés lors d'actes invasifs ou de soins, mais sont «un substitut acceptable» dans d'autres situations comme les déplacements dans l'hôpital. Rien n'a cependant été laissé au hasard. «Nous avons mélangé un certain nombre de matières que l'on retrouve dans les masques chirurgicaux aux normes», explique le cocréateur de ce modèle, le docteur Odou, du CHU de Lille. «Nous n'avons pas eu le temps d'utiliser une méthode de test de la norme actuelle qui est trop lourde, mais nous avons utilisé des outils à disposition dans notre laboratoire en comparant notre technique à ce qui existe. Nous avons retenu les points de filtrage importants à partir d'un comptage particulaire, vérifié et validé le niveau de filtration, le taux d'accumulation de l'humidité...». Ces prototypes de masques sont en en train d'être testé par la DGA en vue d'une homologation.

«Rien n'interdit» la production de ces masques

Sans autorisation préalable de production et sans contrôle de qualité par une autorité centrale, que pense le gouvernement de ces initiatives disparates ?

«Rien n'interdit» la fabrication de ces masques, répond Yves Marie Cann, conseiller d'Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances. «À condition de ne pas porter d'allégation mensongère concernant le Covid-19». En clair, ces masques ne peuvent pas prétendre constituer une protection fiable contre le virus, mais peuvent tout de même être produits et distribués. Les porteurs doivent donc se montrer prudents, car «sans avoir testé le tissu on ne peut pas savoir quelle est sa capacité de protection», ajoute le docteur Odou.

«La plupart des petites entreprises qui fabriquent des masques en tissu font plutôt ce que j'appelle des masques de confort», explique-t-il, tout en rappelant que les Français pourraient s'en passer dans bien des situations. «Mais cela a un côté rassurant. Après tout, un masque, par définition, filtre».

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