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François Fillon veut en finir avec l'ISF et augmenter la TVA

Le Figaro25/06/2014 à 21:04

Regrettant de ne pas avoir supprimer l'ISF en 2007, l'ancien premier ministre juge qu'il est aujourd'hui temps de supprimer cet impôt « imbécile » qui fait fuir les investisseurs étrangers et les riches français.

Convaincu que la France a besoin d'un traitement de «choc», François Fillon s'attaque de front à toute une série de tabous, qui sont autant de marqueurs de gauche. L'ancien premier ministre, qui présentait ce mercredi ses propositions pour redresser la compétitivité de la France, se pose ainsi en libéral, fustigeant les «fausses réformes». Même si cette identité libérale n'est pas revendiquée, il cite comme exemple Margaret Thatcher qui a su, selon lui, faire sauter les blocages de la Grande-Bretagne. Mais en bon gaulliste, il précise aussitôt que celle qui s'est opposée à des fusions industrielles entre des groupes français et britanniques n'était pas toujours une adepte du laisser faire.

Quoiqu'il en soit, François Fillon n'y va pas de main morte. Il préconise, entre autres, la fin des 35 heures, la réduction et la dégressivité des allocations chômage, la diminution du nombre de fonctionnaires ou la suppression de l'ISF, un impôt jugé «imbécile», qui, de surcroît «n'existe nulle part ailleurs en Europe». Au delà, de considérations idéologiques, le coprésident par intérim de l'UMP considère que le fait de surtaxer les riches pénalise l'investissement, car il les fait fuir hors de France. Et oblige l'actuelle majorité à courir «derrière les investisseurs étrangers», ce qui est «hypocrite et absurde».

Jeter aux oubliettes la taxe à 75%

Pourquoi n'a-t-il pas supprimé l'ISF lorsqu'il était au pouvoir? Si c'était à refaire, il s'y prendrait autrement. «Au lieu d'instaurer le bouclier fiscal, qui nous a valu de nous faire insulter pendant 3 ans, nous aurions dû supprimer l'ISF en 2007, en ajustant la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu. Ma conviction est qu'au bout de 6 mois, le débat aurait été clos et que le gouvernement socialiste ne l'aurait pas rétabli», affirme aujourd'hui François Fillon, en forme de mea culpa.

Il va sans dire que, pour les mêmes raisons, François Fillon souhaite également jeter aux oubliettes la taxe à 75 % versée par les entreprises sur les salaires supérieurs à 1 million d'euros par an, mesure phare du programme du candidat Hollande, remaniée après avoir été rejetée par le conseil constitutionnel.

Autre mesure coup de poing, celui qui aspire aux plus fautes fonctions de l'État, veut en finir avec les droits de mutation à titre onéreux (ou «frais de notaires», payés lors de l'achat d'un bien immobilier), qui «freinent la mobilité professionnelle». Plus globalement, l'idée portée par la majorité selon laquelle «le capital doit être taxée comme le travail», à laquelle l'opposition a pu, elle aussi, adhérer quand elle était aux manettes, est selon lui un «slogan désastreux».

Potion amère

Face au risque de blocage social que pourrait provoquer son programme, François Fillon veut croire que le pays demande de vraies réformes et de l'efficacité. «Il y a une attente de changement radical dans la société française», a analysé François Fillon à l'issue de son Tour de France, nos concitoyens étant «exaspérés par un immobilisme délétère» et par la hausse de la fiscalité et, pour beaucoup, «mesurant les limites d'un État providence qui n'a plus les moyens de tout faire». Il est aussi «persuadé que la situation sera beaucoup plus dégradée en 2017, ce qui rendre la climat beaucoup plus propice» à de vraies réformes. Dans l'esprit de ce qui avait été amorcé en 2007, puis a été interrompu par la crise, sans que le précédent gouvernement ne retrouve ensuite la volonté de rupture du début, reconnaît-il.

Son programme passerait aussi par une réduction des prélèvements de 50 milliards sur les entreprises, financé par une hausse de la TVA de 3 points - donc par une hausse supplémentaire de la fiscalité sur les ménages dans un premier temps -, et par des coupes dans les dépenses publiques de plus de 20 milliards pendant trois ans, puis de 15 à 20 milliards les années suivantes. La potion est amère, l'ancien premier ministre ne s'en cache pas. Outre la gravité de la situation, il faudrait sans doute déployer des trésors de pédagogie pour la faire accepter.

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