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Un homme passe devant la banque américaine JPMorgan Chase, sur Park Avenue à New York, le 11 mai 2012

AFP Video12/05/2012 à 11:01

La perte de 2 milliards de dollars causée par des paris risqués qui ont mal tourné chez JPMorgan Chase, première banque américaine, ravive le débat sur la sécurité du système financier mondial et ternit le bilan, jusqu'alors impeccable, de son PDG Jamie Dimon.Le patron de JPMorgan, l'un des plus ardents pourfendeurs d'une réglementation accrue, doit aujourd'hui manger son chapeau alors que sa banque est à l'origine de la perte de courtage la plus grosse encaissée par une banque sur les marchés depuis la crise de 2008.A Wall Street, l'action du groupe a plongé de 9,3% vendredi."C'est une énorme humiliation", constate Erik Oja, analyste de Standard and Poor's, interrogé par l'AFP.JPMorgan Chase était considérée comme l'une des banques les mieux gérées des Etats-Unis, notamment grâce à sa gestion de la crise de 2008. Elle est même devenue la première banque du pays en termes d'actifs l'an dernier, supplantant Bank of America.La loi de réforme financière Dodd-Frank, dont plusieurs dispositions ont été retardées, reçoit ainsi un coup de pouce paradoxal de la banque qui a mis le plus d'énergie à la combattre.La coûteuse bévue de JPMorgan provient du coeur de la réforme, "la règle Volcker", qui prévoit d'interdire aux banques de faire du courtage en propre, et aussi de limiter drastiquement leurs activités dans les produits dérivés en raison de l'opacité de ce marché, mais n'est toujours pas appliquée.Pour Barney Frank, l'un des architectes de la loi de 2010, "l'argument selon lequel les institutions financières n'ont pas besoin de nouvelles règles pour éviter des actions irresponsables commes celles qui ont mené à la crise de 2008 est aujourd'hui 2 milliards de dollars plus difficile à croire".Chez les républicains, le sénateur Bob Corker, un modéré, a appelé à une audition parlementaire sur l'affaire, pour comprendre si les finances publiques sont protégées d'une éventuelle faillite de banque.Les marchés digéraient le choc de cette annonce: "c'est un nouvel exemple du fait que les énormes paris spéculatifs faits avec l'argent des actionnaires sont un problème comportemental génétique pour les traders des grandes banques, qui se prennent pour les 'Maîtres de l'Univers'", a commenté la maison de courtage Miller Tabak."Financièrement, l'impact est très gérable", juge toutefois Erik Oja. Les estimations des analystes, en prenant en compte la perte annoncée, prévoient encore un bénéfice trimestriel de quelque 4 milliards de dollars après impôts pour le deuxième trimestre. C'est plutôt la réputation de la banque qui va souffrir et "cela va probablement mener à une rédaction plus stricte de la réglementation issue de la règle de Volcker". Les analystes s'inquiétaient aussi de l'aveu par la banque qu'elle n'avait pris la mesure du risque trop élevé de ces paris qu'en lisant un article début avril du Wall Street Journal.L'article décrivait l'étonnement des courtiers de Londres devant les position massives prises dans les dérivés de crédit par un confrère français, Bruno Michel Iksil, surnommé "la baleine de Londres"."Cela suggère que JPMorgan ne comprend pas la gestion du risque comme elle le devrait", constate l'analyste Dick Bove, de Rochdale Securities. "Quand vous êtes censé être la banque la mieux gérée du pays et qu'un problème comme cela est révélé, cela soulève une question: y a-t-il quelqu'un qui soit capable de gérer une banque de cette taille'"."Ca n'aide personne à avoir confiance dans le système financier. Citibank et Bank of America vont probablement devoir dévoiler plus d'informations sur ce qu'elles font" sur les marchés, renchérit Erik Oja.Une source proche du dossier a en tout cas affirmé que les autorités boursières américaines (SEC) et britanniques (FSA) avaient été mises au courant de la perte. Le Wall Street Journal affirme que la SEC examine les transactions au coeur du problème, le gendarme des marchés américains n'a pas commenté.Standard and Poor's a réagi avec modération en maintenant les notes de la banque, se contentant d'abaisser les perspectives à négatives. Sa concurrente Fitch a été moins clémente, abaissant les notes de JPMorgan.


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