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Le logement, regrettable absent de la campagne électorale
Le Cercle des analystes indépendants27/04/2017 à 10:11

Le logement, regrettable absent de la campagne électorale

Les mois écoulés ont permis d'aborder bien des sujets économiques, de confronter les analyses et les propositions. Avec onze candidats et autant d'équipes au travail, on aurait pu penser que tous les sujets d'importance aient été largement approfondis, débattus et clarifiés. Tel n'est, à l'évidence, pas le cas. Parmi les grands oubliés deux retiennent particulièrement notre attention :

- le logement, son coût et les difficultés croissantes d'accès à l'habitat,

- l'extrême densification de l'activité économique française en Île de France au détriment d'un trop grand nombre de régions.

Arrêtons-nous sur ces sujets et sur l'incompréhension que suscite leur absence dans le débat économique actuel.

Un accès au logement de plus en plus difficile

Selon le cabinet Deloitte, il fallait en moyenne 8 ans pour acquérir en France, en 2015, un appartement de 70 m2, à comparer à une durée de 6,5 années en Italie, 4,5 en Espagne, moins de 4 en Belgique et légèrement plus de 3 en Allemagne. En cause, des prix français de l'immobilier qui, bien qu'inférieurs à ceux du Royaume-Uni, figurent parmi les plus élevés d'Europe continentale, en l'occurrence deux fois plus chers en moyenne (4000 EUR/m2 en moyenne) qu'en Allemagne (2000 eur/m2) en 2015. La conséquence de cette situation n'est pas tant que la proportion de propriétaires soit significativement inférieure à celle de nos voisins, ce qui, d'ailleurs, ne se vérifie pas formellement, mais que ce haut niveau des prix se répercute sur ceux des loyers et sur le coût de la vie en général. Ainsi, malgré un taux de propriétaires plus élevé de 10 points à celui des Allemands, c'est en moyenne 30 % de leurs revenus que les ménages français consacrent à la location de leur logement, contre 25 % outre-Rhin. Ponction sur le pouvoir d'achat, source d'exclusion croissante, notamment en période de basse conjoncture prolongée, le coût économique et social des spécificités du marché immobilier français est considérable, impactant y compris la compétitivité des salaires et les coûts des entreprises via des prix du foncier particulièrement pénalisants, notamment pour les activités de services largement concentrés dans l'espace urbain.

Difficile de continuer à mettre en avant l'insuffisance de l'offre de logements au niveau national pour expliquer ce phénomène, à en juger par la déprime du marché dans nombre de régions. Pourtant en accentuant la concentration urbaine, la crise a tendu les conditions du marché immobilier des grandes villes, entretenant des déséquilibres à l'origine des hauts niveaux de prix et de loyers. Ces observations nous amènent au second sujet d'extrême préoccupation que constitue le constat d'un fossé de plus en plus important entre les différentes régions françaises.

Hypertrophie francilienne de l'économie française

Avec quasiment 5 % du PIB de l'UE 28, l'Île de France est, de loin, le premier pôle économique régional européen. Selon la même nomenclature -NUTS 2- elle concentre 30 % du produit intérieur brut national, une part en sensible augmentation au milieu des années deux mille qui reflétait jusqu'en 2007 une réelle dynamique. La contrepartie en a été, toutefois, un mouvement de désertification d'une proportion croissante de régions à travers le territoire français que la crise de ces dernières années a considérablement accéléré. La France détient ainsi le triste record, après le Royaume-Uni, des plus grands écarts régionaux de revenus par habitant entre les différentes régions qui la composent. Si ce phénomène n'est pas nouveau il a pris au cours des dernières années des allures particulièrement préoccupantes avec un creusement de l'écart de 64 % entre l'Île de France et les régions les plus pauvres entre 2006 et 2015. Conséquence, avec un revenu médian inférieur de 13 points à la moyenne de l'UE 28 -neuvième rang des dix principaux pays européens- la proportion de la population française dont le PIB par tête était inférieur à celui de la moyenne européenne a franchi en 2015 un niveau record de 70 %. 

Le logement, regrettable absent de la campagne électorale

Générateurs de profonds déséquilibres en même temps que d'érosion du patrimoine, ces particularismes français sont incontestablement de plus en plus inquiétants et largement à même d'expliquer le désarroi des populations que l'on retrouve aujourd'hui dans les urnes.

Le peu d'intérêt qu'ils suscitent tant du côté des économistes que des politiques est dès lors assez largement incompréhensible, aboutissant, au terme de cette longue campagne électorale à un sentiment d'inachevé ou de relative superficialité du travail de préparation de ce qui devrait fixer les grandes lignes de la politique économique des cinq années à venir du prochain gouvernement.

Véronique Riches-Flores

Économiste indépendante, RF Research

3 commentaires

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  • heimdal
    27 avril12:32

    L'hyper-centralisation spécifique française a paupérisé la population hors Ile de France .On est au niveau de l'Espagne en PIB médian :conclusion une toute petite partie s'engraisse au détriment de la grande majorité à coups de cadeaux fiscaux ,d'exonérations ,caisses occultes (un ministre de l'intérieur en a largement usé et abusé ) .La classe moyenne a elle aussi reculé (la principale à financer le coût du social ). Pauvre France de privilégiés ,de matraqués et de perfusés .

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