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Pourquoi et comment investir dans des baskets de collection?
Dernière mise à jour le : 28/09/2021

Parmi les investissements alternatifs les plus rentables en 2021, on trouve celui dans les baskets de collection crédit photo : Getty Images

Parmi les investissements alternatifs les plus rentables en 2021, on trouve celui dans les baskets de collection crédit photo : Getty Images

Longtemps marginalisé et considéré comme insolite, l’investissement dans les baskets de collection se professionnalise à travers l’émergence de plateformes d’échanges dignes des sites boursiers. Les sneakerheads achètent et vendent des paires qui dépassent les 20.000 euros et réalisent des plus-values supérieures à 2.000% en moins de cinq ans. Un placement rentable… mais pas sans risques.

Sommaire:

  • Des plus-values à quatre chiffres
  • Un marché à 6 milliards de dollars
  • Un placement alternatif qui se consolide
  • Vers une multiplication des plateformes de revente
  • Investir dans la bonne paire

Des plus-values à quatre chiffres

Des Nike Air Force 1‘07 Off White ComplexCon vendues à l’origine 150 dollars (127 euros) et qui s’échangent désormais pour 4 000 dollars (3.398 euros). Une paire de Nike Air Max 97 dont la semelle transparente est remplie d’eau «bénite» du Jourdain partie sur le marché de la revente pour plus de 4.000 euros. Des NMD Human Race de chez Adidas, signées Pharrell Williams et Chanel, vendues 9.000 euros… Bienvenue dans le monde étonnant de la basket de collection.

Dans ce nouveau placement à la mode, la chaussure devient objet d’art et se négocie en quelques années à plusieurs milliers d’euros. Les plus-values réalisées par certains vendeurs sont spectaculaires, dépassant les 2.000% selon les modèles.

Et plus une paire est rare, plus elle prend de la valeur et plus elle se négocie cher. Les Nike Air Mag Back to the Future de 2016, célèbres car portées par Marty McFly dans le film du même nom et limitées à 89 exemplaires dans le monde, se négocient aujourd’hui autour de 27.659 euros! Ces prix feraient presque oublier l’origine populaire de la sneaker.

Un marché à 6 milliards de dollars

Les investisseurs se lancent depuis quelques années dans ce nouveau secteur et, depuis, le marché secondaire de la vente de baskets est en plein boom comme l’observe John Kernan, analyste de la maison de Bourse new-yorkaise Cowen.

Dans une note publiée tout récemment, il estime que le secteur de la revente représente aujourd’hui 2 milliards de dollars (1,6 milliard d’euros) pour les seuls États-Unis, et qu’il pourrait tripler à 6 milliards de dollars d’ici 2025 (5,09 milliards d’euros). En 2018, la vente de sneakers représentait 52% du chiffre d’affaires du marché de la chaussure, soit 80 milliards d’euros.

Plus de 150 marques différentes ont émergé depuis les années 1970, date à laquelle ces chaussures ont fait leur apparition. Le marché est d’ailleurs tout aussi effervescent en France. En 2019, selon la Fédération française de la chaussure, une paire de chaussures vendue sur deux était une paire de sneakers. Le volume de ventes de cette catégorie d’articles progresse de 5% par an depuis 2013.

Un placement alternatif qui se consolide

Contrairement au vin , aux montres de luxe , à l’art ou aux voitures de collection , les baskets ne nécessitent pas une capacité de stockage importante. Ces objets s’entreposent facilement dans une salle et la seule condition pour être sûr de bien les revendre est de ne pas les porter et de conserver tous les accessoires annexes fournis avec (livret sur la conception du modèle pour les paires collector, goodies…).

Il existe cependant des exceptions, comme nous avons pu le voir à l’été 2020 lors d’une vente aux enchères organisée par la maison Christie’s où une paire d’Air Jordan 1 déjà portée en 1985 s’est vendue 615.000 dollars. Précisons toutefois que le porteur de ladite paire n’était autre que… Michael Jordan lui-même.

Vers une multiplication des plateformes de revente

Le secteur se professionnalise d’année en année. Fini eBay ou les réseaux sociaux pour trouver les modèles les plus rares, place aux plateformes professionnelles comme StockX, lancée en 2016. Une sorte de place boursière où les actions sont remplacées par les chaussures de sport. Les vendeurs y déposent des baskets avec un prix et des acheteurs viennent surenchérir. SotckX prélève une commission de 9% sur chaque transaction. Le site permet de suivre dans le temps le cours et la volatilité de certains modèles. En 2020, la plateforme a réalisé 7,5 millions de transactions. Les industriels du sport, eux aussi, veulent profiter de ce marché. Foot Locker a investi près de 100 millions de dollars pour lancer sa propre plateforme d’échange, GOAT, fondée sur un modèle similaire à celui de StockX.

Mais les pure players ont déjà un coup d’avance. Le site Stadium Goods, par exemple, a travaillé avec la maison d’enchères Sotheby’s, pour une vente aux enchères de 100 paires de sneakers. Un succès. Un collectionneur canadien a investi plus de 1,2 million de dollars (1,01 million d’euros), dont 437.500 dollars (371.000 euros) pour une paire de Nike Waffle Racing Flats, fabriquée à la main, la «Moon Shoe» de 1972. En Chine, la plateforme Poizon affiche un volume annuel d’échanges de près de 1,9 milliard d’euros, selon la société spécialisée iiMedia Research. L’intérêt des investisseurs chinois pour les baskets est tel que la banque centrale chinoise a émis un avertissement en octobre 2019 sur les risques de spéculations excessives autour de ces produits après qu’un vendeur ait réalisé une plus-value de 5.000% sur la plateforme Poizon.

Investir dans la bonne paire

Tout l’enjeu pour ces sites est de rassurer les acquéreurs sur l’authenticité des chaussures qu’ils achètent, tant les contrefaçons peuvent être nombreuses et de grande qualité. Vérification de la boîte, des coutures, de l’étiquette… Tout y passe, des lacets à la semelle sans oublier l’odeur du produit. Des spécialistes sont engagés pour débusquer les faux modèles et StockX a créé cinq bureaux d’authentification aux États-Unis, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni où des “sneakers authenticators” traquent les faux.

En France, la plateforme Rakuten assure que 5% des faux produits décelés sur son site de vente sont des baskets, issues principalement de Chine. Pour trouver la paire qui peut rapporter gros, il existe des critères objectifs de sélection. Tout d’abord miser sur les éditions collector et autres séries limitées. Les grandes marques comme Nike ou Adidas alimentent, à travers des pénuries programmées, ce marché de la revente de chaussures.

Moins il y a de paires disponibles et plus les quelques sneakers en circulation valent de l’or, surtout si une grande marque ou un artiste reconnu vient adouber de son nom la précieuse basket. Anna Wintour, Dior, Chanel, Kanye West, Pharrell Williams, Rihanna, Damien Hirst ou encore Takashi Murakami… on ne compte plus les collaborations entre artistes de renom et fabricants de chaussures de sport. Ainsi, les Nike Air Yeezy 2 Red October, de couleur rouge vif, créées par le rappeur Kanye West pour Nike en 2014, se vendaient en magasin 250 euros au moment de leur sortie. Leur prix a atteint, quelques années plus tard, les 13.500 euros pour une pointure 45 avant de retomber aujourd’hui à 6.370 euros.

Luis Miguel Lozano, une pointure mondiale de la collection de sneakers

C’est l’un des plus grands collectionneurs de baskets au monde. Luis Miguel Lozano, habitant de Jumilla en Espagne, possède près de 2.000 sneakers vintage de la marque Nike. Le collectionneur est dans le milieu ce que l’on appelle un sneakerheads, c’est-à-dire un véritable passionné de la chaussure de sport. À travers son musée personnel, c’est toute l’histoire et l’esthétique de la marque à la virgule que l’on retrouve, des années 1970 à aujourd’hui. Son objectif: réunir les modèles qui, selon lui, feront date dans l’histoire de la marque. “Jumi”, comme on le surnomme, est suivi par près de 15.000 followers sur Instagram. Un documentaire d’une quarantaine de minutes, intitulé Luis Miguel Lozano a plus de 2.000 paires de sneakers, est disponible gratuitement sur YouTube afin de découvrir l’univers de cet homme.

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