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Investissement ESG: mieux comprendre les critères sociaux
Dernière mise à jour le : 09/06/2021

Par-delà l’aspect environnemental, le caractère social des placements ESG est souvent oublié crédit photo : Shutterstock

Par-delà l’aspect environnemental, le caractère social des placements ESG est souvent oublié crédit photo : Shutterstock

L’Investissement Socialement Responsable (ISR) est désigné par le sigle ESG (Environnement, Social et Gouvernance). Toutefois, ces trois critères sont rarement mis sur un même pied d’égalité. Ainsi, la première préoccupation des investisseurs concerne l’environnement. Le caractère social des placements passe au second plan. Et d’ailleurs, de quoi s’agit-il vraiment ?

Sommaire:

  • Au commencement était le développement durable
  • Une multitude de critères extra-financiers
  • Le respect environnemental masque souvent les objectifs sociaux
  • Les facteurs sociaux de l’investissement ESG

Au commencement était le développement durable

L’Investissement Socialement Responsable (ISR) est la prise en compte, dans le domaine de l’investissement financier, de la notion de développement durable. Selon la définition retenue par l’Organisation des Nations unies (rapport Brundtland, 1987), il s’agit d’un développement économique efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable.

Ainsi, en parallèle aux éléments habituellement retenus (ratios financiers des entreprises, prévisions des états-majors, niveau d’endettement, environnement conjoncturel), l’ISR intègre des critères dits “extra-financiers”.

Une multitude de critères extra-financiers

Les agences de notation compilent des données issues des rapports officiels des entreprises (bilans, rapports annuels). Puis elles les passent au crible de leur propre grille d‘analyse. Elles y ajoutent une veille sur Internet pour identifier d’éventuelles controverses qui proviendraient d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) ou des sites d’informations généralistes. Et en fin de course, elles délivrent une évaluation, qui peut donc avoir valeur de sésame dans le cadre d’un investissement ESG. Ou, au contraire, faire office de repoussoir.

L’amélioration de l’offre, le renforcement de la régulation comme la création et la promotion de labels ont donné naissance à un écosystème devenu incontournable. Selon l’agence de presse financière Bloomberg, les investissements tenant compte des enjeux ESG devraient représenter plus d’un tiers du marché d’ici 2025, avec près de 53.000 milliards de dollars d’actifs gérés.

À noter

Euronext Paris a lancé en mars 2021 l’indice CAC 40 ESG. Il s’agit de la déclinaison “responsable” de l’indice de référence français.

Le respect environnemental masque souvent les objectifs sociaux

Toutefois, pour un investisseur particulier, il est difficile de s’y retrouver dans cet écosystème. Les critères extra-financiers varient selon les agences de notation. Et ils ne sont d’ailleurs pas toujours clairement identifiables. Les labels sont nombreux et ils diffèrent parfois selon les pays.

Par ailleurs, l’aspect environnemental de l’investissement ESG (le E de ESG) masque souvent les autres critères (S et G). Dès lors, pour l’investisseur particulier, ESG signifie encore trop souvent et exclusivement “respectueux de l’environnement”. Or, ce n’est là qu’un aspect de l’investissement responsable. En effet, ce dernier fait également la promotion d’une véritable éthique sociale et sociétale.

Les facteurs sociaux de l’investissement ESG

Le facteur social de l’investissement ESG examine la façon dont une entreprise organise et gère ses relations avec les personnes. Ces personnes sont en premier lieu ses propres employés. Mais également les employés de ses fournisseurs. Et enfin ses clients.

Par conséquent, de manière générale, une entreprise est bien notée sur le plan social si elle est capable de fidéliser, de former et d’assurer le bien-être de ses salariés. Dans ce cadre, les notions de diversité, d’égalité et d’inclusivité s’avèrent centrales. Par-delà la promotion de l’égalité femmes-hommes, bien heureusement devenue incontournable, il s’agit ici de prendre en compte l’ensemble des diversités au sein de l’entreprise (ethniques, LGBTQ+, handicaps). La prévention des accidents du travail, la formation du personnel et la mise en avant du “dialogue social” sont également regardés de près.

À savoir

La diversité au sein d’une entreprise favoriserait l’intelligence collective, développerait la capacité d’innovation des employés et attirerait les talents. Dès lors, sa performance économique et financière s’en trouverait améliorée. Le social n’est jamais loin du financier...

Pour les fournisseurs de l’entreprise, et même l’intégralité des éléments de sa chaîne de sous-traitance (les fournisseurs des fournisseurs), les mêmes attentes sont de mise. En effet, en termes d’image, rien ne sert à une entreprise d’être vertueuse si ses fournisseurs ne le sont pas. Ce sujet est particulièrement sensible pour les multinationales à qui il est beaucoup demandé. Celles-ci multiplient les contrôles, car elles craignent de faire l’objet d’une campagne mondiale de dénigrement. À l’heure des réseaux sociaux, une réputation même solidement établie peut être détruite très rapidement.

À savoir

Début 2021, Nike, Adidas, H&M ou encore Uniqlo ont annoncé le boycott du coton produit dans la province chinoise du Xinjiang, sur fond d’allégations de travail forcé de la minorité musulmane ouïghour.

Par ailleurs, l’entreprise doit veiller au bien-être des consommateurs. En mettant en œuvre tous les moyens pour respecter les normes sécuritaires en vigueur, bien évidemment. Mais surtout en s’attachant à ne rien leur cacher de la composition exacte de ses produits ou de leur impact sur la santé et l’environnement. La notion de dialogue est ici centrale.

Nasdaq: l’inclusivité des minorités pourrait devenir une obligation

Aux États-Unis, la Bourse du Nasdaq a proposé en décembre 2020 de nouvelles règles de cotation. Celles-ci obligeraient toutes les sociétés à publier des statistiques sur la diversité de leur conseil d‘administration. En outre, les plus grandes sociétés cotées sur cette place électronique devraient justifier pourquoi elles ne comptent pas au moins deux administrateurs appartenant à une communauté sous-représentée parmi leurs administrateurs. En cas de non-respect de cette règle, la radiation de la société pourrait être envisagée.

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