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Réchauffement climatique et Investissement
Partenaire16/10/2019 à 18:28

TRIBUNE LIBRE. On estime aujourd'hui que notre impact environnemental sur la planète influencera grandement les décisions des gouvernements mondiaux, le fonctionnement des différentes industries et le comportement des entreprises au cours des années à venir. Cette situation engendre des défis croissants, mais elle représente également une opportunité qu'il nous faut saisir.

Le secteur financier peut en effet devenir l'un des fers de lance d'une nouvelle approche des investissements, plus holistique, qui met à la fois l'accent sur les résultats financiers et environnementaux.

Lors de la signature de l'Accord de Paris sur le réchauffement climatique en 2015, 195 pays ont pris la décision commune de tenter de contenir l'augmentation des températures mondiales « nettement en dessous » de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de « poursuivre l'action menée pour limiter » leur hausse à 1,5 °C. La plupart des pays signataires se sont focalisés sur ce chiffre de 2 °C, objectif significativement plus ambitieux que ne l'étaient les aspirations initiales.

Suite à cela, le Rapport spécial du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) sur les conséquences d'un réchauffement planétaire de 1,5 °C a été approuvé en octobre 2018 par les gouvernements mondiaux, en amont de la conférence de Katowice de 2018 sur les changements climatiques, organisée en Pologne en décembre. Ce rapport, qui inclut plus de 6 000 références scientifiques, est le fruit d'une collaboration entre plusieurs milliers d'experts et d'analystes d'institutions publiques du monde entier.

D'après les conclusions de ce rapport, la limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C sera extrêmement bénéfique. En effet, une augmentation des températures de 2 °C entraînerait une croissance significative des risques liés à ce réchauffement climatique (inondations, élévation du niveau de la mer, chaleurs extrêmes, sécheresses et pauvreté accrue) pour plusieurs centaines de millions de personnes.

Mais atteindre cet objectif climatique ne sera pas chose facile : le GIEC note que celui-ci nécessitera des « changements rapides, considérables et sans précédent dans tous les aspects de la société ». L'Agence Internationale de l'Energie (AIE) estime qu'un investissement d'environ 3,5 billions de dollars, soit environ deux fois l'investissement actuel, doit être effectué chaque année entre 2016 et 2050 uniquement pour limiter l'augmentation des températures à 2 °C.

D'ici 2030, on estime que quatre milliards de personnes vivront dans des zones touchées par une situation de stress hydrique sévère et d'ici 2050, la moitié de la population mondiale n'aura pas un accès suffisant à de l'eau potable. Un investissement annuel d'environ 114 milliards d'euros (130 milliards de dollars) est nécessaire afin de couvrir les besoins en eau et en installations sanitaires d'ici 2030, dont 60 % concernent l'Afrique Subsaharienne (1).

D'après Helen Clarkson, PDG de The Climate Group, « le moment d'agir est venu ».

« Ce rapport du GIEC est un appel à l'action destiné non seulement aux nations, mais également aux entreprises, aux gouvernements fédéraux et régionaux et aux villes, précisément car l'ampleur et le rythme des changements requis pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C sont sans précédent », explique-t-elle ». Le processus de décarbonisation de notre économie est déjà en marche. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de voir les entreprises et gouvernements locaux agir plus rapidement, faire preuve de plus d'ambition et d'insister plus que jamais sur le caractère urgent de la situation. »

Les investisseurs doivent réévaluer leurs actifs

D'après le docteur Charles Donovan, directeur du « Centre of Climate Finance and Investment » à l'Imperial College de Londres, « De grandes disparités existent en termes d'investissements liés aux changements climatiques, car nous avons réalisé très tard que les plus grandes sources de capitaux sont détenues par le secteur privé. Sans la participation active de la communauté des investisseurs institutionnels, nous n'avons aucune chance d'atteindre nos objectifs environnementaux. »

Des initiatives telles que le programme « Taskforce on Climate-related Financial Disclosures » (TCFD)2 ont permis de s'assurer que les investisseurs sont de plus en plus conscients des différents risques liés au réchauffement climatique. Mais l'initiative « Principles for Responsible Investment » (3) (PRI) mise en place par l'ONU met en lumière le fait qu'il « existe une divergence d'ambitions par rapport à l'objectif fixé par l'Accord de Paris lorsque l'on se base sur l'axe des politiques actuelles. »

Cette situation pourrait entraîner la mise en place de ce que les PRI appellent une « réponse inévitable liée aux politiques » (Inevitable Policy Response ou IPR) afin d'éliminer ces divergences avec l'Accord de Paris. Des politiques plus strictes seraient ainsi implémentées, qui « changeraient immédiatement la manière dont les investisseurs valorisent leurs actifs et créeraient une période d'incertitude et de volatilité importante jusqu'à ce que les investisseurs soient capables de juger l'impact réel des politiques ayant été annoncées puis mises en place », précise le programme IPR.

« Mais l'ampleur de la tâche est tellement énorme que nous ne pouvons pas réduire nos émissions de gaz à effet de serre simplement par l'intermédiaire de réglementations », explique Donovan. « Bien que cela ait fonctionné dans le cas de la couche d'ozone et des pluies acides, la relation qui existe entre ces émissions et le fonctionnement général de l'économie mondiale est bien trop profonde et systémique. Nous devons repenser le secteur de l'énergie et investir de manière dynamique, afin de canaliser plusieurs billions de dollars dans cette transformation énergétique. »

Pour la première fois, une banque centrale, la Banque d'Angleterre au Royaume-Uni, a prévenu les banques et assureurs du pays que ceux-ci devaient nommer un haut dirigeant chargé de la gestion des risques liés au réchauffement Climatique(4). Une telle démarche est sans aucun doute bien loin d'être la dernière de la sorte à être constatée ; cette annonce est en effet survenue quelques jours seulement après que 18 banques centrales, membres du Réseau des banques centrales et des superviseurs pour le verdissement du système financier, ont averti que les conséquences du réchauffement climatique sont « une réalité mondiale et potentiellement irréversible si elles ne sont pas traitées »(5).

Développer une réponse appropriée

Avec des réglementations plus strictes et un besoin d'investissements extrêmement important, il est désormais crucial que les investisseurs comprennent parfaitement les défis et opportunités que représente le réchauffement climatique.

Alors que notre connaissance dans ce domaine se renforce, ceci devient aujourd'hui plus facile. Près de 500 des plus grandes entreprises mondiales ont adopté des objectifs inclus au sein de l'initiative « Science-Based Targets », et d'après Matt Christensen, directeur international des investissements responsables chez AXA Investment Managers, les investisseurs commencent également à en faire de même.

« Les investisseurs commenceront à s'interroger sur la température de leur portefeuille global. C'est un moyen de rendre le réchauffement climatique plus facile à comprendre et à assimiler : une version de l'initiative Science-Based Targets axée sur les actifs », ajoute Christensen. « Nous allons finir par développer un jargon spécifique nous permettant de comparer les différentes sociétés mondiales en fonction de leurs performances liées au réchauffement climatique. »

Les investisseurs ont commencé à se pencher sur les nombreuses manières dont ils peuvent maximiser les différents avantages positifs sociaux et environnementaux. Les propriétaires d'actifs demandent de plus en plus aux différents individus chargés de la gestion de leurs actifs des outils leur permettant d'effectuer cette transition.

C'est précisément dans ce cadre que des outils comme l'initiative TCFD entrent en scène, car ils permettent d'harmoniser ce processus. L'harmonisation et la transparence sont essentielles. À l'heure actuelle, le processus de divulgation d'informations est encore principalement sélectif et basé sur le volontariat.

« Nous avons besoin d'une liste de questions que nous pouvons poser à tous les membres de ce secteur, afin de pouvoir facilement comparer leurs réponses », explique Christensen. « Aujourd'hui, ce processus est encore très fastidieux pour nous et pour les entreprises elles-mêmes. »

Être un élément de la solution

En plus de chercher à améliorer les performances des sociétés, les investisseurs peuvent également investir dans des solutions permettant d'apporter une réponse au réchauffement climatique : les technologies liées aux énergies renouvelables telles que l'énergie éolienne ou solaire, l'optimisation de l'efficacité énergétique et du stockage de l'énergie, ainsi que l'ensemble des infrastructures et services qui soutiennent ces dernières.

La demande de technologies écologiques est à la fois alimentée par les réglementations mises en place par les gouvernements, par le soutien des consommateurs et par la demande formulée par les professionnels. Certaines des plus grandes sociétés au monde comme Ikea*, Anheuser-Busch InBev*, GM* et Mars* ont rejoint l'initiative RE100, et ont promis de s'appuyer sur des sources d'énergie renouvelables pour satisfaire l'intégralité de leurs besoins en électricité.

De tels objectifs entraînent une croissance exceptionnelle des achats d'énergie renouvelable par les professionnels : des contrats d'achat d'énergie renouvelable représentant un total de 7,2 gigawatts (GW) ont en effet été signés entre le début de cette année et août dernier, par rapport à 5,4 GW sur l'ensemble de l'année 2017. Les 152 signataires de l'initiative RE100 ont à eux seuls fait une promesse d'achats annuels d'énergie renouvelable d'ici 2030 supérieure à la demande globale d'électricité actuelle en Californie (6).

Bien que la notion d'investissement écologique puisse paraître simple, une définition plus claire de ce que représente précisément un investissement vert reste encore nécessaire. À titre d'exemple, de nombreux propriétaires d'actifs cherchent à investir dans des infrastructures à faibles émissions de carbone comme l'énergie hydraulique. Mais leur impact en termes de déplacement forcé de communautés et de destruction d'habitats naturels continue de faire débat.

Une solution à ce problème est l'investissement à impact social, où un impact social et environnemental positif et mesurable est explicitement visé en complément d'un rendement financier. Bien qu'il représente toujours une fraction mineure du marché, ce secteur est en croissance rapide.

Environ 228,1 milliards de dollars sont actuellement gérés dans le cadre d'investissements à impact social selon l'étude Annual Impact Investor Survey de 2018 effectuée par le Global Impact Investing Network. Ce chiffre représente une augmentation de 46 milliards de dollars par rapport à 2014, probablement due aux Objectifs de Développement Durable (ODD) fixés par l'ONU. Cette initiative mondiale a été créée afin de développer un plan de croissance économique durable et se pencher sur certains besoins sociaux liés à l'éducation, la santé, la protection sociale et les opportunités professionnelles, tout en cherchant à apporter une réponse au réchauffement climatique et à d'autres problèmes environnementaux, avec pour but d'atteindre les objectifs fixés d'ici 2030.

Ces ODD représentent un défi de taille, qu'aucune entreprise ne peut affronter seule. La collaboration est donc essentielle et de nombreuses initiatives ont été lancées afin de se pencher sur le réchauffement climatique et d'autres problèmes.

Le programme Climate Action 100+ se focalise sur les échanges avec les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre dans le monde, et l'initiative « The Investor Agenda » permet aux investisseurs de communiquer sur les actions qu'ils entreprennent afin d'apporter une réponse au réchauffement climatique. Pas moins de 392 investisseurs représentant un total de 32 billions de dollars en actifs sous gestion utilisent « The Investor Agenda » afin de mettre en avant les différentes actions liées au réchauffement planétaire qu'ils ont déjà implémentées, et s'engagent jour après jour à en mettre en place de nouvelles.

« Nous essayons de fournir des preuves claires de nos actions, afin que les discussions s'articulent autour des risques et des rendements, et non pas autour de notre engagement et de nos ambitions. Nous sommes efficaces, mais nous avons malheureusement beaucoup de retard, car nous n'avons pas eu toutes ces conversations pendant les 20 à 30 premières années de ce processus », déclare Charles Donovan.

« Un manque de prise de conscience est toujours notable chez la plupart des entreprises. Même au sein des institutions tournées vers l'avenir, qui ont investi beaucoup de temps à comprendre ce problème, un grand manque de connaissances est toujours constatable. Beaucoup de personnes sont encore peu conscientes des perturbations technologiques qui commencent déjà à se produire. »

« Les investisseurs sont dans une position unique pour modérer les risques liés au réchauffement climatique », déclare Betty Yee, directrice administrative et financière de l'état de Californie et membre du conseil d'administration de deux des plus grands fonds de pension aux États-Unis, CalPERS et CalSTRS. « Avec plusieurs billions de dollars sous gestion à l'échelle mondiale, nous pouvons exiger que les principaux émetteurs de gaz à effet de serre rendent compte de leurs actions et que les gouvernements soient tenus responsables de l'impact de leurs décisions. »

Afin de faire une réelle différence, un engagement actif et positif devra devenir systématique. Les entreprises ne peuvent plus se contenter d'effectuer un tri sélectif basé sur des critères négatifs pour exclure les entreprises ayant un impact nuisible. Comme le souligne Matt Christensen, « Cette solution n'est pas optimale. À l'avenir, nous devrons parvenir à faire évoluer des secteurs majeurs comme l'industrie du pétrole ou les services publics, et les aider à s'adapter à un monde aux émissions de carbone limitées où ils peuvent tout de même garantir leur croissance. »

En définitive, si le monde veut pouvoir atteindre ses objectifs face au réchauffement climatique, les entreprises vont devoir modifier de manière fondamentale leur activité et leur fonctionnement. Mais pour cela, elles auront besoin de financements. Pour les investisseurs, cette situation représente une possibilité de révolutionner leur manière de penser, d'agir différemment et de tirer parti de nouvelles opportunités**.

RÉDIGÉ PAR Mike Scott, Pour Bloomberg Media Studios et AXA IM

Sources

1 Banque européenne d'investissement : présentation du cadre lié aux obligations responsables en matière de durabilité, juillet 2018
2 https://www.fsb-tcfd.org /
https://www.unpri.org/climate-change/the-inevitable-policy-response-to-climate-change/3578.article
4 https://www.bankofengland.co.uk/-/media/boe/files/news/2018/october/pra-consults-on-its-expectations-for-the-management-of-financial-risks-from-climate-change.pdf?la=en&hash=D2C1AD2854024009989560B4B54ED66E34CF1331
5  https://www.banque-france.fr/sites/default/files/media/2018/10/11/818366-ngfs-first-progress-report-20181011.pdf
6 https://about.bnef.com/blog /corporations-already-purchased-record-clean-energy-volumes-2018-not-anomaly


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RÉDIGÉ PAR Mike Scott, pour Bloomberg Media Studios.

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1 commentaire

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  • dupon666
    16 octobre20:10

    business as usual....rechauffement n'est qu'un pretexte à faire n'importe quoi

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