Aller au contenu principal
Fermer

Passoires thermiques : ça coince dans les copropriétés

information fournie par BoursoBank 09/09/2024 à 12:00

La rénovation énergétique peine à prendre de l'ampleur dans les copropriétés (Crédits: Adobe Stock)

La rénovation énergétique peine à prendre de l'ampleur dans les copropriétés (Crédits: Adobe Stock)

Alors que le calendrier d'interdiction resserre inexorablement la nasse autour des propriétaires des passoires thermiques, ces derniers, et notamment ceux dont les biens se situent en copropriété ne semblent pas s'emparer du sujet. En 2023, seuls 30.167 logements en copropriétés ont été rénovés par le biais du dispositif MaPrimeRénov' Copropriété, pour une aide moyenne de 7.841 euros (1). Alors, mauvaise volonté des propriétaires ? Difficultés à s'organiser ? Aides insuffisantes ? Qu'est-ce qui coince dans les copros ?

Les copropriétaires sont favorables à la rénovation énergétique…

Pour savoir ce qui coince dans les copros, un sondage est allé leur poser directement la question (2) et les résultats pourraient bien vous étonner…

Première surprise, les copropriétaires ne sont pas du tout opposés à l'idée d'éradiquer les passoires thermiques. Au contraire, ils sont 41% à plébisciter l'interdiction de vendre un logement énergivore.

Ils sont aussi 52% à être favorables à l'idée de rendre la rénovation énergétique des logements obligatoire, y compris pour les propriétaires occupants.

Ils veulent aussi de l'efficacité puisqu'ils sont 44% à être prêts à payer plus cher leurs travaux pour avoir la garantie qu'ils soient bien effectués et 74% à vouloir conditionner les aides financières à la performance effective des travaux de rénovation énergétique réalisés.

A lire aussi // 5 choses à savoir sur le prêt personnel écoresponsable de BoursoBank

MaPrimeAdapt' : la nouvelle aide conçue pour les seniors

Voiture électrique : comment installer une borne de recharge chez soi ?

Quels sont les points de blocage ?

Contrairement à la politique actuelle des pouvoirs publics, qui aimeraient pousser les propriétaires vers des rénovations globales plutôt que vers des mono-gestes, comme un changement de fenêtres ou de chaudière par exemple, les copropriétaires soulignent les difficultés à faire voter, financer et réaliser des rénovations globales dans les copropriétés et voudraient à 79% que les travaux importants qui sont réalisés au fur et à mesure soient valorisés.

Autre point de blocage, le manque de continuité des politiques publiques : mono-gestes valorisés, puis exclus des aides avant d'être réintégrés, plafonds d'aides modifiés, rallonge budgétaire annoncée puis finalement révisée à la baisse… en la matière l'année 2024 a déjà été un cas d'école au vu des multiples changements de cap imposés au dispositif MaPrimeRenov'.

Or si une rénovation est déjà longue à gérer pour un propriétaire seul, c'est encore plus vrai quand toute une copropriété doit se mettre d'accord sur des travaux de rénovation importants.

78% des copropriétaires voudraient que les pouvoirs publics votent une loi qui garantirait la stabilité des aides au financement des travaux sur plusieurs années.

La difficulté à se mettre d'accord à plusieurs semble justement être un autre point de blocage dans les copropriétés et la propension de certains à jouer systématiquement la carte du blocage n'échappe pas à leurs voisins : pas moins de 60% des répondants voudraient que les copropriétaires qui ont des moyens mais freinent les travaux de rénovation lors des votes en AG soient sanctionnés.

Ils voudraient aussi pouvoir agir plus facilement à leur échelle individuelle avec l'attribution de plus d'aides aux copropriétaires qui s'engagent individuellement dans des travaux d'économie énergétique (75%).

Bien qu'ils aient au global bien compris les enjeux et se montrent favorables à la rénovation énergétique du parc immobilier français, les copropriétaires font face à des difficultés concrètes pour lancer les travaux nécessaires.

Leur inquiétude est d'autant plus grande que le calendrier d'interdiction de mise en location des passoires énergétiques entre peu à peu en vigueur :

Les biens classés G+ sont d'ores et déjà interdits de mise en location et ce sera le tour des biens classés G en 2025, puis des biens notés F en 2028 et enfin des biens notés E en 2034.

Le DPE (Diagnostic de performance énergétique) est d'ailleurs devenu un document central des transactions immobilières, qu'il s'agisse de mise en location, de vente ou d'achat d'un bien immobilier.

Des échéances trop courtes pour de nombreux copropriétaires qui sont plus de la moitié (54%) à vouloir que le calendrier d'interdiction des passoires thermiques soit repoussé.

Dans un secteur immobilier déjà chahuté ces derniers mois, avec notamment un marché locatif qui s'assèche l'enjeu est de taille puisque France Rénov' estime que 1,5 million de logements en copropriété ont une étiquette F ou G, soit 15% des logements en copropriétés qui sont considérés comme des passoires énergétiques (3).

Quels leviers financiers complémentaires pour les travaux de rénovation ?

L'argent reste le nerf de la guerre pour donner un coup de fouet à la rénovation énergétique du parc immobilier en France.

Au-delà des aides publiques, plusieurs pistes sont relevées par les répondants copropriétaires, comme :

  • «Baisser drastiquement le prix de l'énergie qui est beaucoup trop chère» à 75%.
  • «Faire contribuer les locataires au financement des travaux» à 54%.
  • «Que les travaux de rénovation soient intégralement financés par les pollueurs (65%) ou par l'Etat» (61%).

(1) «Les chiffres clés de l'Anah, édition 2023», Anah, janvier 2024.

(2) «Les propriétaires d'appartement et les travaux énergétiques», Sondage OpinionWay pour Vos travaux éco, juin 2024.

(3) «Tout savoir sur la rénovation énergétique de votre copropriété, édition 2024», France Rénov', janvier 2024.

DECOUVREZ LES PRODUITS BOURSOBANK
Pour vos travaux, découvrez le crédit proposé par BoursoBank

Estimez dès à présent et instantanément vos mensualités et le TAEG en fonction du montant de vos travaux et de la durée souhaitée de remboursement.

Stéphanne Coignard
Stéphanne Coignard

Stéphanne Coignard

Boursorama

Rédactrice Web

https://www.boursobank.com
21 commentaires
  • 27 octobre 15:24

    Et mettre un crédit d impôt de 40% pour la fenêtre double vitrage et à déclarer sur la déclaration de revenus !!! C est simple non !!! ou trop compliqué pour ces incompétents !!!


Signaler le commentaire Fermer
A lire aussi
  • Loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN) : quelles conséquences pour les terrains à bâtir ? / iStock.com - RonFullHD
    information fournie par Boursorama avec LabSense 29.03.2026 08:30 

    La loi ZAN, qui vise à supprimer d'ici à 2050 l'artificialisation des sols, modifie peu à peu le marché français du foncier. En réduisant le nombre de constructions en vue de protéger les terres naturelles et agricoles, ce concept de "sobriété foncière" va impacter ... Lire la suite

  • Acheter un bien locatif permet de diversifier de manière tangible ses placements. Les propriétaires se constituent des revenus complémentaires tout en se créant un patrimoine. ( crédit photo : Getty Images )
    information fournie par Le Particulier 29.03.2026 08:00 

    Acheter pour louer est-il encore rentable ? Entre des taux élevés, des prix qui ne fléchissent pas, les obligations liées au diagnostic de performance énergétique (DPE) ou encore la fiscalité des revenus locatifs, les investisseurs peuvent légitiment se poser la ... Lire la suite

  • Des avions d'Air France sur le tarmac du Terminal 3 de l'aéroport d'Orly, le 24 juin 2020 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
    information fournie par AFP 28.03.2026 22:23 

    Air France a effectué samedi sa dernière rotation à Orly avant de se recentrer sur Roissy Paris-Charles-de-Gaulle, mettant un terme à une histoire de 80 ans, industrielle et parfois glamour, avec l'aéroport parisien. Le dernier vol aux couleurs de la compagnie ... Lire la suite

  • Un avion d'Air France sur le tarmac de l'aéroport d'Orly, le 24 juin 2020 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
    information fournie par AFP 28.03.2026 11:32 

    Air France quitte samedi l'aéroport parisien d'Orly pour se recentrer sur celui de Roissy Paris-Charles de Gaulle qui poursuivra les liaisons vers Nice, Toulouse et Marseille. Le dernier vol aux couleurs de la compagnie tricolore est un Nice-Paris qui atterrira ... Lire la suite

Pages les plus populaires