L'Europe finit en nette hausse, l'emploi américain modère les paris sur les taux
information fournie par Reuters 02/07/2026 à 18:28

* En Europe, le CAC 40 gagne 1,65% et le Stoxx 600 1,41%

* Wall Street dans le desordre à mi-séance

* La technologie à nouveau pénalisée

par Diana Mandia

Les Bourses européennes ont terminé en nette hausse jeudi, la bonne tenue des valeurs défensives ayant compensé la faiblesse du secteur technologique, tandis que les paris de hausses des taux se sont légèrement atténuées des deux côtés de l'Atlantique après la publication d'une nouvelle série de données macroéconomiques.

À Paris, le CAC 40 .FCHI a gagné 1,65% à 8.474,86 points. À Francfort, le Dax .GDAXI a pris 2,16% et à Londres, le FTSE 100 .FTSE a avancé de 1,67%.

L'indice EuroStoxx 50 .STOXX50E a fini sur un gain de 1,24%, le FTSEurofirst 300 .FTEU3 a pris 1,39% et le Stoxx 600 .STOXX a progressé de 1,41% après avoir touché un nouveau record en séance à 650,48 points.

Les marchés d'actions européens clôturent la séance soutenus par les secteurs les plus défensifs et par une conjoncture favorable alliant espoirs géopolitiques et une légère atténuation des risques inflationnistes.

Tout cela a permis de compenser les difficultés rencontrées par le secteur technologique .SX8P sur le Stoxx 600, qui a reculé de 2,1% et a été le seul à avoir clôturé dans le rouge parmi les compartiments de l'indice paneuropéen, qui a suivi la tendance déjà observée chez ses homologues asiatiques et américains et entamé le semestre sur une tendance hésitante.

Mais c'est surtout le rapport mensuel sur l'emploi américain de juin, qui a toujours une grande influence lorsqu'il s'agit de convaincre les investisseurs de l'évolution possible des taux d'intérêt, qui a été le point d'orgue de cette séance de gains.

L'économie américaine a créé 57.000 emplois en juin, beaucoup moins que prévu, selon les données officielles publiées jeudi par le département du Travail, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne 110.000.

Si le marché du travail de la première économie mondiale continue d'apparaître comme résilient, l'hypothèse selon laquelle il ne le serait pas autant a été bien accueillie par le marché, qui craint surtout une inflation durable à laquelle la Réserve fédérale (Fed) devrait réagir par des hausses de taux.

"C'est un excellent chiffre. C'est le meilleur résultat que nous pouvions espérer. Il montre que le marché de l'emploi se porte bien, sans pour autant être suffisamment dynamique pour accélérer l'inflation", a déclaré Florian Ielpo, responsable macroéconomique chez Lombard Odier Investment Managers.

"Avec la décrue prévue de l'inflation, ce rapport sur l'emploi va permettre un peu plus à Kevin Warsh de sécuriser un statu quo lors du prochain FOMC", écrit Bastien Drut, analyste chez CRAMP.

Le marché estime désormais à 75,6% la probabilité d'au moins un relèvement de taux cette année par la Fed, contre environ 84% avant la publication du rapport.

Dans la zone euro, le ralentissement plus marqué que prévu de l'inflation en juin a également renforcé la conviction des opérateurs que la Banque centrale européenne (BCE) maintiendra le statu quo ce mois-ci, après une hausse des taux d'intérêt intervenue en juin.

VALEURS

Sodexo EXHO.PA a fini sur un gain de 7,3% après avoir relevé son objectif de croissance interne pour l'année 2026, le groupe français de services de restauration citant une performance supérieure aux attentes au troisième trimestre.

À Paris également, Carrefour CARR.PA a pris 3,1% après qu'UBS a relevé sa recommandation à "acheter" contre "neutre", estimant que le titre est désormais "trop bon marché pour être ignoré".

Le laboratoire pharmaceutique Bayer BAYGn.DE s'est octroyé près de 9% après avoir annoncé le regroupement de ses activités américaines liées au Roundup au sein d'une nouvelle entité, Ruveon.

A WALL STREET

La Bourse de New York évolue en ordre dispersé à mi-séance. Si le ralentissement des créations d'emplois tempère les anticipations d'un resserrement de la politique monétaire, la technologie pèse à nouveau.

A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones .DJI gagne 0,73% mais le Standard & Poor's 500 .SPX cède 0,16% et le Nasdaq Composite .IXIC perd 0,78%.

L'indice Philadelphia SE Semiconductor .SOX recule de 4,6% jeudi après avoir perdu 6,3% la veille.

LES INDICATEURS DU JOUR

Outre le rapport mensuel sur l'emploi, les investisseurs ont pris connaissance des inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis, qui ont enregistré une légère baisse à 215.000, selon les données du département du Travail.

Dans la zone euro, le taux de chômage est ressorti à 6,2% de la population active en mai, montrent les données officielles publiées par Eurostat.

CHANGES

Les données sur le marché du travail américain amplifient la baisse du dollar, qui était déjà affecté par une forte appréciation du yen japonais dans un marché nerveux face à la possibilité d'une intervention de Tokyo sur les changes.

Le billet vert cède 0,62% face à un panier de devises de référence .DXY , tandis que le yen japonais s'établit à 160,93 pour un dollar.

L'euro gagne 0,61% à 1,1445 dollar EUR= .

TAUX

Le marché obligataire américain réagit également aux chiffres de l'emploi, qui pourraient atténuer l'empressement de la Fed à relever ses taux, même si les marchés continuent d'anticiper une hausse des coûts d'emprunt cette année.

Le rendement des Treasuries à dix ans US10YT=RR perd 1,4 point de base à 4,4613%. Le deux ans US2YT=RR recule de 4,3 points de base à 4,1205%.

Dans la zone euro, les rendements ont fini la séance en ordre dispersé, les investisseurs réajustant également leurs anticipations en matière de taux d'intérêt.

Le rendement du Bund allemand à dix ans DE10YT=RR a pris 2,2 points de base à 2,9457%, tandis que celui de l'obligation à deux ans DE10YT=RR , plus sensible aux anticipations sur les taux, a reculé de 1,5 points de base à 2,4974%.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré mercredi que les risques pesant sur l'inflation et la croissance économique de la zone euro étaient désormais plus équilibrés qu'il y a quelques semaines, ce qui contribue également à la détente.

PÉTROLE

Les cours du pétrole évoluent à leur plus bas niveau depuis quatre mois, poursuivant ainsi la tendance observée lors des dernières séances, alors que les investisseurs suivent avec espoir les négociations entre l'Iran et les États-Unis visant à trouver une issue durable à leur conflit.

Le fait que le Qatar, médiateur entre les deux parties, ait déclaré que des progrès avaient été réalisés dans les pourparleurs tenus à Doha cette semaine a également contribué à apaiser les craintes concernant l'approvisionnement.

Le Brent LCOc1 cède 1,33% à 70,62 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) CLc1 perd 1,41% à 67,61 dollars.

A SUIVRE LE 3 JUILLET : nL8N42Y16F

La Bourse de New York sera fermée vendredi en raison du jour férié de la fête de l'Indépendance américaine, qui tombe un samedi cette année.

LA SITUATION SUR LES MARCHÉS

(Rédigé par Diana Mandiá)

|1|Les valeurs à suivre à la Bourse de Paris et en Europe WATCH/LFR |1|