L'Europe finit dans le rouge, séance plus tranquille à Wall Street
information fournie par Reuters 06/11/2026 à 18:22

* En Europe, le CAC 40 a perdu 0,81% et le Stoxx 600 1,05%

* Wall Street dans le vert à mi-séance

* Les créations d'emplois aux Etats-Unis dépassent les attentes en octobre

par Diana Mandia

Les Bourses européennes ont terminé en baisse vendredi, pénalisées par le récent coup de panique à Wall Street concernant l'encadrement légal du secteur de l'intelligence artificielle (IA), même si les indices américains se stabilisent au lendemain de leur pire séance depuis avril 2025.

À Paris, le CAC 40 .FCHI a terminé en baisse de 0,81% à 8.139 points. Le Footsie britannique .FTSE a perdu 1,01% et le Dax allemand .GDAXI 2,02%.

L'indice EuroStoxx 50 .STOXX50E a reculé de 1,04%, le FTSEurofirst 300

.FTEU3 de 1,06% et le Stoxx 600 .STOXX de 1,05%.

Sur la semaine le CAC enregistre tout de même un gain de 2,1% et le Stoxx 600 grappille 0,19%.

Les Bourses clôturent une semaine mouvementée en raison des élections de mi-mandat aux États-Unis, qui ont privé les républicains du président Donald Trump de leur majorité au Congrès et laissent entrevoir la possibilité d'une approche plus ferme de la part des démocrates concernant le secteur de l'intelligence artificielle (IA) et les centres de données qui l'alimentent.

Les places européennes, bien que nettement moins exposées aux valeurs technologiques que Wall Street, Tokyo ou encore Séoul, ont ressenti vendredi ce coup de froid, après le plongeon de 5,5% du Nasdaq la veille, soit la pire performance journalière de l'indice de référence de la "tech" américaine depuis la guerre commerciale du printemps 2025.

"Ça a été brutal", dit James Athey, gestionnaire de fonds chez Marlborough, une société d'investissement londonienne, expliquant que les ventes des particuliers et des fonds spéculatifs s'étaient alimentées mutuellement. Il estime que les prochains jours constitueront un véritable test pour la confiance du marché dans l'IA.

La plupart des compartiments sectoriels du Stoxx 600 ont clôturé vendredi dans le rouge, y compris la technologie .SX8P (-0,27%), qui s'était montrée plutôt hésitante au cours de la séance car elle avait déjà reflué la veille dans le sillage de ses homologues américains.

Les doutes liés à l'IA dépassent le cadre du secteur et pourraient même avoir des répercussions sur la politique monétaire des banques centrales, si elles venaient à affecter la croissance.

Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a déclaré vendredi que la volatilité récente pourrait compliquer la tâche des banques centrales à un moment où les risques pesant sur les prix ne cessent de s'accroître.

La semaine s'achève toutefois avec les investisseurs de plus en plus convaincus que la Réserve fédérale (Fed) relèvera ses taux d'intérêt en décembre. L'économie américaine a créé bien plus d'emplois que prévu le mois dernier et le taux de chômage a reculé légèrement à 4,1%, selon les données officielles publiées vendredi par le département du Travail, ce qui devrait laisser les mains libres à la banque centrale pour lutter contre l'inflation en augmentant davantage les coûts d'emprunt.

Dans la zone euro, le processus de remplacement de la présidente Christine Lagarde, qui quittera ses fonctions en février, est déjà en cours, avec deux candidats officiels en lice : l'Espagnol Pablo Hernández de Cos, directeur général de la Banque des règlements internationaux, et Klaas Knot, ancien gouverneur de la Banque centrale des Pays-Bas.

"Lors de sa prochaine réunion, le 9 novembre, l'Eurogroupe fera le point sur ces candidatures", a déclaré vendredi dans un communiqué Kyriakos Pierrakakis, président l'instance qui réunit les ministres des Finances des pays de la zone euro.

VALEURS

À Paris, lanterne rouge du SBF 120, TP TEPRF.PA a plongé de plus de 15% après que le groupe a abaissé jeudi soir son objectif de chiffre d'affaires annuel.

Dans cet océan de rouge se distingue toutefois Air France-KLM AIRF.PA qui a pris 7% et étend ainsi ses gains de la veille, soutenu par ses résultats et par un relèvement de recommandation de Barclays sur le titre.

A WALL STREET

A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones .DJI grappille 0,04%, le Standard & Poor's 500 .SPX gagne 0,87% et le Nasdaq Composite .IXIC progresse de 1,55%.

Le secteur des semi-conducteurs de Philadelphie .SOX , qui avait chuté de plus de 12% jeudi, grimpe de 4%, et les opérateurs de centres de données se redressent également.

LES INDICATEURS DU JOUR

Outre le rapport sur l'emploi américain, les investisseurs ont dû analyser d'autres données économiques provenant des deux côtés de l'Atlantique.

Le moral des ménages américains s'est quant à lui amélioré plus que prévu en novembre, montrent vendredi les résultats préliminaires de l'enquête mensuelle de l'université du Michigan, même si les inquiétudes liées à la hausse du coût de la vie persistent.

Dans la zone euro, les ventes au détail ont reculé plus que prévu sur un mois en septembre, selon les données publiées vendredi par Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne (UE).

En France, le déficit commercial s'est établi à 7,314 milliards d'euros à fin septembre, montrent les données du bureau des Douanes françaises.

TAUX

Les rendements obligataires de la zone euro ont terminé la séance pratiquement inchangés, même s'ils enregistrent des baisses hebdomadaires, les investisseurs s'étant tournés vers des valeurs refuges en raison des craintes sur l'IA.

Le rendement du Bund allemand à dix ans DE10YT=RR a fini à 3,2546%, tandis que celui du titre à deux ans DE10YT=RR s'est établi à 2,9783.

Aux Etats-Unis, les rendements des Treasuries avancent après les données du marché du travail, qui ont renforcé les anticipations d'un resserrement de la politique monétaire de la part de la Fed.

Celui de l'obligation à dix ans US10YT=RR prend 2,6 points de base à 4,8635% et le deux ans US2YT=RR avance de 5 points de base à 4,5282%.

CHANGES

Le dollar se raffermit face aux autres principales devises, soutenu par les chiffres sur l'emploi, et gagne 0,61% face à un panier de devises de référence

.DXY .

L'euro cède quant à lui 0,62%.

PÉTROLE

Les cours du pétrole sont en passe d'enregistrer une forte baisse hebdomadaire, grâce à la perspective d'une éventuelle désescalade du conflit au Moyen-Orient après le revers subi par le parti du président américain Donald Trump aux élections de mi-mandat.

Le contrat sur le pétrole Brent de la mer du Nord, référence mondiale du marché, devrait connaître un recul de 17% sur la semaine, le plus marqué depuis avril 2020, lors de la pandémie de COVID-19.

Vendredi, les cours montrent toutefois une évolution hésitante. Le Brent

LCOc1 recule de 0,64% à 97,66 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) CLc1 est stable à 90,55 dollars.

A SUIVRE LE 9 NOVEMBRE : nL5N46K18B

LA SITUATION SUR LES MARCHÉS

(Rédigé par Diana Mandiá)

|1|Les valeurs à suivre à la Bourse de Paris et en Europe WATCH/LFR |1|