L'Europe clôt en ordre dispersé, entre optimisme géopolitique et banques centrales information fournie par Reuters 18/06/2026 à 18:20
* En Europe, le CAC 40 a gagné 0,44% et le Stoxx 600 a perdu 0,34%
* Wall Street dans le vert à mi-séance
* Le prix du pétrole revient aux niveaux de début mars
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi, les investisseurs se montrant partagés entre les inquiétudes liées à un éventuel resserrement de la politique monétaire aux États-Unis et l'accalmie des prix du pétrole dans le contexte de l'accord entre les États-Unis et l'Iran.
À Paris, le CAC 40 .FCHI a gagné 0,44% à 8.467,98 points et, à Francfort, le Dax allemand .GDAXI a pris 0,37%.
Le Footsie britannique .FTSE a en revanche clôturé en baisse de 1,04%, pénalisé par les valeurs minières et financières. Et les investisseurs ont dî digérer la décision de la Banque d'Angleterre (BoE) de maintenir ses taux d'intérêt inchangés.
L'indice EuroStoxx 50 .STOXX50E a fini sur un gain de 0,37%, le FTSEurofirst 300 .FTEU3 a perdu 0,31% et le Stoxx 600 .STOXX a reculé de 0,34%.
Le président américain Donald Trump et son homologue iranien Massoud Pezeshkian ont signé mercredi un protocole d'accord prolongeant de 60 jours supplémentaires le cessez-le-feu annoncé en avril entre les Etats-Unis et l'Iran et prévoyant la reprise du trafic maritime sans restrictions dans le détroit d'Ormuz.
Même si de nouvelles négociations entre les deux parties doivent débuter vendredi, les investisseurs misent déjà clairement sur une normalisation progressive des cours du pétrole, qui sont revenus aux niveaux enregistrés le premier jour ouvrable de la guerre en Iran, le 2 mars dernier.
Trois superpétroliers battant pavillon saoudien et transportant six millions de barils de brut ont par ailleurs traversé jeudi le détroit d'Ormuz, ce qui renforce l'espoir des opérateurs de voir les flux se normaliser prochainement.
Ce recul des cours du pétrole compense la prudence suscitée par l'évolution de la politique monétaire, et en particulier par les nouvelles prévisions trimestrielles de la Réserve fédérale (Fed) lors de la première réunion présidée par Kevin Warsh cette semaine.
Neuf membres du comité de la banque centrale prévoient désormais une hausse des coûts d'emprunt d'ici la fin de l'année, ce qui, conjugué à un changement radical dans la communication de l'institution, a suscité l'inquiétude des investisseurs et renforcé les craintes d'une politique monétaire plus restrictive malgré l'accord conclu au Moyen-Orient.
"Une chose est désormais claire : un nouveau chapitre s'est ouvert à la Fed", dit Josh Jamner, analyste chez ClearBridge Investments, ajoutant que la décision de la banque centrale de fournir moins d'indications aux marchés financiers entraînera probablement une plus grande volatilité.
La politique monétaire a également été au centre de l'attention des opérateurs en Europe, la Banque d'Angleterre (BoE) ayant maintenu jeudi ses taux inchangés, une situation qui devrait perdurer, selon des analystes.
"Les données récentes ont, dans l'ensemble, été plutôt accommodantes et nous n'anticipons pas d'effets de second tour significatifs sur l'inflation, compte tenu d'un marché du travail qui montre des signes de faiblesse et d'une politique budgétaire restrictive. Cela étant, dans le contexte géopolitique actuel, le seuil déclenchant un relèvement des taux demeure relativement bas", indique Peder Beck-Friis, économiste chez PIMCO.
PÉTROLE
Le Brent LCOc1 recule de 2,39% à 77,65 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) CLc1 perd 2,63% à 74,77 dollars.
Bank of America a déclaré que la réouverture totale du détroit d'Ormuz pourrait faire passer le cours moyen du Brent à 82 dollars le baril cette année, contre une prévision antérieure de 93 dollars le baril.
VALEURS
Capgemini CAPP.PA a reculé de plus de 8%, dans le sillage du cabinet de conseil américain Accenture ACN.N , qui a abaissé la fourchette haute de sa prévision de croissance annuelle du chiffre d'affaires, les entreprises limitant leurs dépenses face à une conjoncture économique incertaine.
Carrefour CARR.PA a plongé de 6,1%, JP Morgan ayant placé le distributeur français sous surveillance négative en prévision de la publication des résultats du premier semestre.
Edenred EDEN.PA a bondi de 17% après des informations de presse faisant état d'un intérêt du fonds d'investissement britannique BC Partners.
Ailleurs en Europe, Volkswagen VOWG.DE a abandonné 2,4% en réaction à des informations selon lesquelles son projet d'usine à Osnabrück rencontre des difficultés liées à un actionnaire clé.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones .DJI gagne 0,29%, le Standard & Poor's 500 .SPX 0,81% et le Nasdaq Composite .IXIC 1,05%, le rebond du secteur technologique reléguant au second plan le ton plus agressif de la Fed.
Le secteur des semi-conducteurs se distingue, avec Intel INTC.O grimpant de 9,5% après que le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'Apple avait accepté de collaborer avec le fabricant de puces pour concevoir et fabriquer ses produits aux Etats-Unis.
LES INDICATEURS DU JOUR
Au Royaume-Unis, les salaires hors primes ont progressé de 3,4% au cours des trois mois à fin avril, tandis que le taux de chômage est tombé de façon inattendue à 4,9%, selon les données officielles publiées jeudi.
Aux Etats-Unis, les inscriptions au chômage ont baissé lors de la semaine au 13 juin, à 226.000 contre 230.000 la semaine précédente, a annoncé jeudi le département du Travail, ce qui constitue un nouveau signe de la bonne santé du marché du travail américain.
La situation économique est plus nuancée en Allemagne, où l'institut d'études économiques Ifo a revu à la baisse jeudi ses prévisions de croissance pour l'année prochaine, en raison d'une inflation qui devrait rester élevée malgré l'accord visant à mettre fin au conflit en Iran.
CHANGES
Le dollar gagne 0,59% face à un panier de devises de référence .DXY , à son plus haut niveau depuis un an, le virage "hawkish" opéré par la Fed incitant les opérateurs à renforcer leurs paris sur des hausses de taux cette année.
L'euro perd 0,21% à 1,1475 dollar EUR= .
La livre sterling perd 0,45% face au dollar EUR= .
TAUX
Les rendements obligataires de la zone euro ont fini en ordre dispersé jeudi, les opérateurs évaluant l'évolution possible de la politique monétaire américaine et les perspectives concernant le Moyen-Orient.
Le rendement du Bund allemand à dix ans DE10YT=RR a reculé légèrement pour s'établir à 2,9202%, tandis que celui de l'obligation à deux ans
DE10YT=RR a pris 1,6 point de base à 2,5995%.
Les marchés monétaires tablent sur au moins un nouveau relèvement des taux de la Banque centrale européenne (BCE) cette année, avec la possibilité d'un deuxième.
Aux Royaume-Uni, le rendement du Gilt britannique à 10 ans GB10YT=RR a reculé de 3 points de base à 4,75%, tandis que celui de son homologue à deux ans
GB10YT=RR a progressé de 3,6 points à 4,1814% après la décision de la BoE.
Aux États-Unis, le marché de la dette souveraine s'apaise jeudi, après que le rendement du titre à deux ans a atteint son plus haut niveau depuis 16 mois la veille.
Le rendement des Treasuries à dix ans US10YT=RR perd 2 points de base à 4,4434%. Celui de l'obligation à deux ans US2YT=RR est stable à 4,1661%.
A SUIVRE LE 19 JUIN : nL8N42K1GH
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)
|1|Les valeurs à suivre à la Bourse de Paris et en Europe WATCH/LFR |1|