L'Europe clôt dans le vert, les craintes inflationnistes persistent
information fournie par Reuters 24/07/2026 à 18:03

Les Bourses européennes ont rebondi vendredi, aidées par un recul des cours du pétrole, qui ne dissipe toutefois pas les craintes d'une nouvelle accélération de l'inflation dans un contexte d'escalade militaire au Moyen-Orient.

À Paris, le CAC 40 .FCHI a gagné 0,88% à 8.372,28 points. À Francfort, le Dax .GDAXI a avancé de 1,33% et à Londres, le FTSE 100 .FTSE a pris 0,91%.

L'indice EuroStoxx 50 .STOXX50E a fini sur un gain de 1,13%, le FTSEurofirst 300 .FTEU3 de 0,90% et le Stoxx 600 .STOXX 0,84%.

Sur la semaine, le Stoxx 600 a pris 0,49% et le CAC 40 0,40%.

Les actions clôturent une semaine marquée par une nette recrudescence des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, avec la survenue d'un nouvel obstacle à la circulation des pétroliers en mer Rouge : les Houthis ont annoncé un blocus contre les navires saoudiens en mer Rouge, ce qui s'ajoute aux perturbations dans le détroit stratégique d'Ormuz.

Ces nouvelles tensions sur l'approvisionnement en brut ont fait grimper jeudi les prix du Brent, référence mondiale du marché, à plus de 100 dollars le baril pour la première fois depuis fin mai.

Sur la semaine, la hausse s'élève à plus de 8% et, depuis le début du mois, à 30%.

Les prix reculent toutefois vendredi, le Brent LCOc1 s'établissant à 95,60 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) CLc1 à 88,14 dollars, ce qui a permis aux actions de souffler un peu.

Trois sources pakistanaises ont dit à Reuters que le Pakistan explorait actuellement une voie susceptible de permettre la reprise des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran, à la suite d'une initiative de la Chine, ce qui a accéléré la chute des cours vers la fin de la séance boursière.

L'escalade a déjà eu pour effet d'accentuer la pression sur les banques centrales afin qu'elles adoptent une politique monétaire plus restrictive pour lutter contre l'inflation.

La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu son taux d'intérêt de référence inchangé jeudi, tout en laissant la porte ouverte à un relèvement en septembre et en avertissant que l'impact inflationniste de la crise énergétique ne s'était pas encore pleinement manifesté.

L'attention se porte désormais sur la Réserve fédérale américaine (Fed), qui achève mercredi sa réunion de deux jours et qui devrait également choisir le statu quo sur les coûts d'emprunt, même si les paris en faveur d'une hausse se sont renforcés ces derniers jours.

La Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque du Japon (BoJ) se réuniront également la semaine prochaine.

VALEURS

À Paris, Carrefour CARR.PA a perdu 4,8%, le géant de la distribution française ayant fait état jeudi soir d'un résultat opérationnel courant (ROC) inférieur aux estimations.

Argan ARGAN.PA a grimpé de plus de 14% au lendemain de l'annonce du projet de rapprochement du groupe logistique français avec son homologue européen WDP WDPP.BR .

Ailleurs en Europe, SAP SAPG.DE a pris 9%, le groupe allemand de logiciels ayant fait état d'une croissance de son carnet de commandes "cloud" supérieure aux prévisions au deuxième trimestre

A WALL STREET

Les indices affichent une certaine volatilité à Wall Street, les inquiétudes liées aux dépenses en matière d'IA venant à nouveau éclipser les solides résultats du secteur technologique, tandis que les investisseurs évaluent l'impact des nouveaux droits de douane annoncés jeudi par le gouvernement américain et les risques inflationnistes découlant de la guerre au Moyen-Orient.

A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones .DJI avance de 0,71%, le Standard & Poor's 500 .SPX gagne 0,55% et le Nasdaq Composite .IXIC grappille 0,06%.

Intel INTC.O , qui a fait part jeudi soir de son intention d'augmenter ses dépenses au cours des deux prochaines années recule de 3,6% malgré une ouverture dans le vert.

L'indice Philadelphia SE Semiconductor .SOX , qui regroupe l'ensemble du secteur des semi-conducteurs, cède 3%.

LES INDICATEURS DU JOUR

Les données préliminaires sur l'activité du secteur privé pour le mois de juillet ont constitué le principal indicateur macroéconomique que les investisseurs ont pu analyser ce vendredi.

Dans la zone euro, l'activité a renoué avec la croissance pour la première fois en quatre mois, portée par un rebond des nouvelles commandes, alors même que la forte inflation et la reprise des conflits au Moyen-Orient assombrissaient les perspectives, selon une enquête publiée vendredi.

En France, la contraction du secteur privé s'est atténuée, la production dans les services n'ayant ralenti que très légèrement, même si l'inflation, les coûts d'emprunt et la situation géopolitique restent des sources de préoccupation.

TAUX

Les taux obligataires reculent vendredi, profitant de l'accalmie des cours du pétrole, même s'ils restent proches, dans certains cas, de leurs plus hauts niveaux de ces dernières années, en raison des craintes inflationnistes et budgétaires.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans US10YT=RR perd 4,8 points de base pour s'établir à 4,6547%, tandis que celui de l'obligation à deux ans US2YT=RR recule de près de 5 points de base à 4,3113%.

"La recrudescence des tensions au Moyen-Orient a véritablement remis le marché sur la bonne voie pour prendre conscience qu'il existe un niveau structurel d'inflation trop élevé, qui va nécessiter une hausse des taux", a déclaré Robert Tipp, stratège chez PGIM Fixed Income.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans DE10YT=RR a perdu 3,7 points de base à 3,1743%. Le deux ans DE10YT=RR a reculé quant à lui de 6,7 points de base à 2,8328%.

En France, le rendement de l'OAT à dix ans FR10YT=RR a fini en baisse de 5,8 points de base à 3,9711% après avoir atteint en début de semaine la barre des 4%, qui n'avait plus été franchie depuis juin 2009.

L'écart de taux (spread) entre l'OAT à 10 ans et son homologue allemand ressort à 80 points de base, après s'être creusé pour dépasser les 84 points de base la veille dans un contexte d'incertitude budgétaire dans la deuxième économie de la zone euro.

Au Royaume-Uni, le rendement du Gilt britannique à 10 ans GB10YT=RR a reculé de près d'environ 7 points de base à 5,0337%.

Selon les 70 économistes interrogés dans le cadre d'un sondage réalisé par Reuters entre le 21 et le 24 juillet, la Banque d'Angleterre (BoE), qui publiera jeudi prochain sa décision de politique monétaire, devrait maintenir ses taux inchangés tout au long de cette année.

CHANGES

Le dollar perd 0,12% face à un panier de devises de référence .DXY mais est en passe d'enregistrer sa plus forte hausse hebdomadaire depuis environ un mois, porté par les anticipations d'une hausse des taux d'intérêt par la Fed.

L'euro grappille 0,1% à 1,1387 dollar EUR= .

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá)