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“Social bonds”: ces fonds responsables qui répondent à la crise
Dernière mise à jour le : 25/10/2021

Le marché des “social bonds” a atteint 100 milliards d’euros en 2020 crédit photo : Getty Images

Le marché des “social bonds” a atteint 100 milliards d’euros en 2020 crédit photo : Getty Images

On les appelle “social bonds”. Ces fonds obligataires ont la particularité de financer des projets à vocation sociale. Ils ont fortement gagné en intérêt avec la crise de la Covid-19, les confinements et les dispositifs de chômage partiel mis en place un peu partout dans le monde, particulièrement en Europe.

Sommaire:

  • Des montants records
  • Des performances difficilement quantifiables

Des montants records

40 milliards d’euros: c’est le montant colossal du programme d’émission de “social bonds”, ou “obligations à vocation sociale”, émis par la seule Union européenne en 2020 à la suite de la première crise de la Covid-19. À la fin de l’année 2020, le marché de ces obligations a atteint en tout 100 milliards d’euros, soit dix fois plus que l’année précédente. Une conséquence directe de la crise sanitaire, des différents confinements et des dispositifs de chômage partiel instaurés un peu partout en Europe. Les “social bonds” servent en effet à financer des opérations dans les domaines de la santé, de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté.

Émis par des États, des collectivités et même des entreprises, ces fonds obligataires appartiennent à la famille des obligations ESG (Environnementales, Sociales et de Gouvernance) , qui rencontrent un franc succès ces dernières années. Les “social bonds” sont destinés à financer des projets sociaux précis, à destination de populations bien spécifiques. En tête des usages, les services dits essentiels: l’éducation, la santé, mais également les services financiers comme l’assurance chômage ou les allocations familiales. Ils représentent plus de 40% de ces usages. Viennent ensuite les projets d’accès au logement abordable (35%) comme la construction de logements sociaux, et enfin la création d’emplois (28%). La lutte contre la Covid-19 a par ailleurs été ajoutée à la liste des usages autorisés dès l’année 2020, dopant ainsi considérablement le marché de ces obligations à vocation sociale.

La majorité des émetteurs d’obligations sociales restent les États ou collectivités territoriales, qui cherchent ainsi à financer leur politique via des dispositifs innovants. La fédération Wallonie-Bruxelles, en Belgique, a ainsi levé en juin dernier 500 millions d’euros en émettant ses propres obligations sociales. L’appétit des investisseurs pour ces “social bonds” ne s’est encore une fois pas démenti: les offres de souscription ont atteint 1,4 milliard d’euros, soit près de trois fois le montant recherché. Il semble même qu’ils attirent de nouveau des investisseurs qui avaient boudé le marché des obligations classiques.

Des performances difficilement quantifiables

Les critères de sélection des social bonds sont définis par l’International Capital Market Association (ICMA), dans ses Social Bonds Principles. L’ICMA les évalue d’abord sur la base de quatre éléments essentiels: l’utilisation des fonds, bien sûr, mais également le processus d’évaluation et de sélection des projets financés, la gestion des fonds et le reporting.

Malgré ces critères émis par l’ICMA, les observateurs appellent toutefois à la prudence quant à l’usage de ces obligations sociales. Car, à l’inverse des “green bonds”, dont les retombées sont quantifiables (baisse des émissions de CO2, économies d’énergie…), l’impact de l’efficacité des social bonds est plus difficilement quantifiable. Les performances sociales d’un projet financé par “social bond” sont, par nature, d’ordre qualitatif plus que quantitatif. Qui juge de l’efficacité sociale d’un projet, sinon ses bénéficiaires eux-mêmes?

Le risque d’un “social washing”, à l’instar du “green washing”, est donc bel est bien réel. On verrait ainsi des émetteurs profiter de l’essor des social bonds et de leur image positive, sans en respecter les exigences sociales. En juillet 2020, la banque ING a ainsi analysé l’ensemble des “obligations pandémiques”, émises au plus fort de la crise, qui représentaient 237 milliards d’euros au total. Sur l’ensemble de ces obligations, seulement 15% d’entre elles répondaient à des critères sociaux, là où 80% à 90% des green bonds répondaient effectivement aux critères des obligations vertes.

L’essor des green bonds ne se dément pas

C’est l’autre grande tendance en matière de fonds obligataires: les “green bonds” ou “obligations vertes”, ont également le vent en poupe. Destinés à financer des projets dans le domaine du développement durable, ces “green bonds” pourraient, selon certains spécialistes, peser pas moins de 800 milliards d’euros à la fin de l’année 2021. Émis tout à la fois par des États, mais également des collectivités et des entreprises, les green bonds ont l’avantage d’être plus rentables pour les investisseurs qui les choisissent.

Les entreprises s’y mettent timidement

C’est une entreprise française qui, en 2018, était la première multinationale à émettre son propre social bond. Le géant de l’agroalimentaire Danone a, en effet, levé 300 millions d’euros, afin de financer des projets destinés à la recherche sur la nutrition, l’agriculture responsable et l’émancipation des populations. Depuis, les entreprises sont rares dans le domaine des “social bonds”. Ceux-ci devant être intégralement consacrés à des projets sociaux, les entreprises restent réticentes. Une compagnie suédoise de production de matériel médical s’est toutefois lancée dans un social bond. Getinge a ainsi émis une dette d’un milliard de couronnes suédoises, soit 94 millions d’euros.

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