Donner de l’argent à son enfant par virement est possible, mais les règles de déclaration et de fiscalité dépendent du montant et de la nature du don ( Shutterstock )
Argent de poche, coup de pouce ou somme plus importante : tous les virements à un enfant ne se valent pas. Quelques précautions permettent d’éviter les surprises.
Donner 50 euros d’argent de poche, aider à financer un permis ou transférer plusieurs milliers d’euros pour un premier logement : un simple virement peut suffire. Aucune obligation de passer devant un notaire pour transmettre de l’argent à son enfant sous la forme d’un don manuel. La simplicité de l’opération ne dispense pas de s’interroger sur sa nature. Derrière un même geste peuvent se cacher un cadeau ordinaire, une aide destinée aux dépenses quotidiennes ou une donation, avec des règles fiscales et successorales différentes.
Donner de l’argent à son enfant : quelles règles fiscales respecter ?
Tout dépend d’abord du contexte. Une somme offerte pour Noël, un anniversaire ou une réussite à un examen peut être considérée comme un « présent d’usage ». Elle échappe alors à la déclaration et aux droits de donation, à condition de rester raisonnable au regard des revenus et du patrimoine du parent. Sans seuil fixe, un cadeau de 1 000 euros n’a pas le même poids dans tous les budgets. À l’inverse, une somme importante versée sans occasion particulière relève généralement du « don manuel ». Même réalisé par virement, ce don doit être déclaré.
La déclaration ne signifie toutefois pas que l’enfant devra payer un impôt. Chaque parent bénéficie d’un abattement de 100 000 euros par enfant, renouvelable tous les quinze ans et utilisable en plusieurs fois. Un couple peut donc, si ces abattements sont disponibles, transmettre 200 000 euros à un enfant sans droits de donation. Pour un enfant majeur ou émancipé, une exonération supplémentaire de 31 865 euros par parent peut s’ajouter, à condition que celui-ci ait moins de 80 ans et que le don soit déclaré dans le mois. Ce dispositif concerne les dons de sommes d’argent .
Un simple virement peut avoir des conséquences sur votre succession
Depuis le 1er janvier 2026, les dons manuels se déclarent en principe sur le site impots.gouv.fr, via « Déclarer un don ou une cession de droits sociaux ». C’est à l’enfant bénéficiaire d’accomplir cette démarche, même lorsque l’abattement couvre entièrement le montant reçu. Pour un mineur, le parent qui a fait le don peut le déclarer en ligne s’il est son représentant légal. Si, en revanche, un grand-parent donne de l’argent à son petit-enfant mineur sans être son représentant légal, la déclaration doit être effectuée par le représentant du mineur au moyen du formulaire papier n° 2735.
Un autre réflexe permet d’éviter les malentendus : garder une trace du transfert. Le virement laisse une preuve de la date et du montant, mais son libellé peut préciser « cadeau d’anniversaire » ou « donation pour apport immobilier », selon la réalité de l’opération. C’est utile lorsque les versements se répètent. En effet, les dons faits à un enfant sont en principe pris en compte lors de la succession du parent, pour préserver les droits de ses frères et sœurs. Pour des sommes importantes ou une famille recomposée, le conseil d’un notaire aide à sécuriser la transmission.
Compte bancaire ou livret d’épargne : que choisir pour son enfant ?
Pour les versements du quotidien, disposer d’un compte au nom de son enfant simplifie les choses. Chez BoursoBank, l’Offre 10-17 , réservée aux enfants de clients, permet d’ouvrir un compte à partir de 10 ans, jusqu’à 17 ans et six mois. Les parents peuvent l’alimenter instantanément, consulter les opérations et ajuster les plafonds de la carte gratuite. L’adolescent apprend à gérer son argent sans risque de découvert, puisque les paiements sont refusés lorsque le solde est insuffisant. De quoi distinguer argent de poche et sommes destinées à être conservées.
Lorsque l’objectif est de constituer un capital, le Livret Bourso+ Jeune offre une solution. Réservé aux enfants mineurs des clients BoursoBank, il ne comporte ni frais d’ouverture ni frais de gestion et accepte des virements programmés dès 10 euros par mois. Son taux, fixé par la banque, s’établit à 2,70 % brut par an depuis le 1er août 2026, pour un plafond de 10 000 euros. Les intérêts sont fiscalisés. Les parents gèrent le livret jusqu’à la majorité de l’enfant. Attention cependant : l’argent donné à un enfant lui appartient. Le versement, même simple, mérite donc d’être pensé comme une véritable transmission.
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