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Année sabbatique: Claire et Thomas veulent financer leur parenthèse sans fragiliser leur patrimoine

information fournie par Le Particulier 06/11/2026 à 08:00

Année sabbatique: comment financer un budget de 46.000 euros sans fragiliser son patrimoine? Claire et Thomas arbitrent entre épargne, location et revenus réduits. ( crédit photo : Getty Images )

Année sabbatique: comment financer un budget de 46.000 euros sans fragiliser son patrimoine? Claire et Thomas arbitrent entre épargne, location et revenus réduits. ( crédit photo : Getty Images )

Sommaire:

  • Claire et Thomas veulent s’offrir une année sabbatique
  • Un patrimoine à préserver…
  • … Mais une liberté qui a un prix!
  • Louer la maison pendant six mois pour soulager la facture
  • Une réorganisation professionnelle qui s’impose
  • Retirer 4000 euros de l’épargne disponible
  • Préserver l’assurance-vie et le PEA
  • Flécher 1700 euros par mois d’épargne pour le projet

  • Profiter de leur année de revenus élevés pour ouvrir un PER
  • Une année de liberté qui se prépare comme un projet patrimonial

Claire et Thomas veulent s’offrir une année sabbatique


Travail, enfants, maison, contraintes du quotidien… à 43 et 45 ans, Claire, responsable marketing dans une entreprise de cosmétiques, et Thomas, ingénieur dans l’industrie, ont couru sans s’arrêter depuis des années. Cet été, le couple s’est offert un voyage de trois semaines au Portugal. Pour la première fois depuis longtemps, Claire et Thomas ont goûté au plaisir de disposer de temps et de moments de qualité avec leurs deux enfants, Léon (12 ans) et Mila (15 ans), sans avoir à optimiser chaque journée. Une parenthèse qui a sonné comme un déclic. Ensemble, ils ont décidé de s’offrir une année sabbatique.

Ils l’envisagent pour profiter de la vie en famille, avec un voyage de six mois en Amérique latine et permettre à Thomas de concrétiser un projet qui lui tient à cœur: monter une entreprise de création de mobilier sur mesure. Depuis près de trois ans, Thomas fabrique en effet des meubles en bois sur son temps libre. Ce qui n’était au départ qu’un loisir est devenu progressivement une activité plus sérieuse, avec quelques commandes auprès d’amis et de connaissances. Il aimerait profiter de cette année pour structurer une activité professionnelle autour de sa passion.

Un patrimoine à préserver…

Claire et Thomas gagnent aujourd’hui environ 6500 euros par mois à eux deux. Installés depuis une dizaine d’années dans une maison qu’ils ont achetée alors que leurs enfants étaient encore petits, ils ont progressivement constitué un patrimoine confortable. Leur résidence principale vaut aujourd’hui environ 420.000 euros. Il leur reste 185.000 euros de crédit immobilier à rembourser. Côté placements, ils épargnent environ 1500 euros par mois à eux deux. Si bien qu’ils disposent aujourd’hui de 22.000 euros sur leurs livrets et comptes rémunérés, de 32.000 euros sur une assurance-vie et de 18.000 euros sur un PEA. Le couple ne souhaite pas fragiliser ce patrimoine pour financer une seule année de liberté. Quarantenaires, Claire et Thomas ont encore devant eux plusieurs années de vie professionnelle, les études de leurs enfants à financer et, désormais, un projet entrepreneurial à accompagner. Hors de question, donc, de transformer leur parenthèse en décapitalisation durable.

… Mais une liberté qui a un prix!

Pour autant, le couple a bien conscience que leur projet représente un coût élevé. Claire et Thomas établissent d’ailleurs immédiatement un budget pour cette année de coupure. Ils estiment leurs charges incompressibles (crédit immobilier, assurances, entretiens de la maison…) à 1500 euros par mois, soit 18.000 euros sur l’année. Quant au voyage, ils prévoient une enveloppe d’environ 12.000 euros, comprenant la location d’un van aménagé pour voyager en toute liberté et à moindre coût. Ils budgètent également 6000 euros pour le projet professionnel de Thomas: achat de matériel, aménagement de son atelier, matières premières, premiers prototypes et frais de création de l’entreprise. Enfin, ils conservent une enveloppe de 10.000 euros pour les dépenses courantes de la famille pendant les six mois passés en France.

Au total, leur parenthèse représente environ 46.000 euros sur douze mois, soit un peu plus de 3800 euros par mois. Claire et Thomas réalisent que leur projet est très ambitieux: ils vont devoir trouver des solutions pour alléger la facture et renoncer à une année complète sans travail pour éviter de vider leur épargne.

Louer la maison pendant six mois pour soulager la facture

Le couple identifie rapidement un moyen de réduire la facture. Pendant les six mois de voyage, leur maison restera inoccupée. Plutôt que de la laisser vide tout en continuant à payer le crédit, ils envisagent de la louer temporairement, avec l’accord de leur banque et de leur assurance et dans le respect des règles applicables à leur logement. Ils estiment pouvoir en tirer environ 1200 euros par mois pendant six mois, soit 7200 euros de recettes brutes. Après les frais de gestion, d’entretien et la fiscalité éventuelle, ils retiennent prudemment 5000 euros de revenus nets dans leur budget. Le coût net de leur année sabbatique est ainsi ramené à environ 41.000 euros (soit un peu plus de 3400 euros par mois).

À noter

Le couple n’a aucun doute sur sa capacité à louer sa maison pendant six mois. Leur bien, situé à proximité de La Défense, se prête particulièrement à ce type de location: quatre chambres, un jardin, un environnement calme et une bonne desserte, autant d’atouts pour des salariés en mobilité ou des étudiants qui ont besoin d’un logement pendant quelques mois.

Une réorganisation professionnelle qui s’impose

Le projet de Claire et Thomas suppose par ailleurs de continuer de percevoir des revenus. Pour Claire, aucun problème: elle souhaite maintenir une activité professionnelle et conserver le contact avec ses clients historiques. Elle entend négocier avec son employeur un passage à temps partiel, tout en restant en télétravail total, comme c’est le cas depuis plusieurs années. Elle espère ainsi obtenir un mi-temps, qui devrait lui procurer autour de 1400 euros de revenus mensuels, soit 16.800 euros sur l’année.

Concernant Thomas, la situation est différente: il a besoin de temps pour préparer sa reconversion pendant le voyage, puis entrer dans l’opérationnel dès son retour. Il ne veut surtout pas démissionner pour se lancer dans une aventure dont il ignore encore si elle sera viable. Après s‘être renseigné, il choisit de demander un congé sabbatique d’un an à son employeur. Ce dispositif lui permet de suspendre son contrat de travail et de retrouver, à son retour, son emploi précédent ou un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente. En contrepartie, son salaire est suspendu pendant le congé et il ne peut pas compter sur l’assurance chômage pour compenser cette absence de rémunération. Du côté de Thomas donc, aucune rentrée d’argent à prévoir, ni pendant le voyage, ni ses six premiers mois d’activité, puisqu’il compte réinvestir toute entrée d’argent dans son entreprise pour favoriser sa réussite.

Retirer 4000 euros de l’épargne disponible

Sur les 46.000 euros de dépenses nettes prévues pour financer leur année sabbatique, environ 5000 euros seront couverts par les revenus nets de la location de la maison et 16.800 euros par le salaire de Claire. Il reste 24.200 euros à financer sur l’année.

Claire et Thomas ont justement 22.000 euros disponibles sur leurs livrets et comptes rémunérés. Ils pourraient donc financer quasiment l’intégralité de cette somme avec cette enveloppe. Ils choisissent néanmoins la prudence et refusent de réduire leur épargne de précaution à peau de chagrin. En revanche, ils réalisent que cette somme est supérieure à ce dont ils ont besoin pour leur sécurité habituelle. Après avoir évalué leurs dépenses, ils décident de conserver 18.000 euros d‘épargne de précaution, soit environ six mois de dépenses courantes et de remboursement du crédit. Ils peuvent donc se permettre de prélever 4000 euros sur cette épargne pour financer une partie de leur année sabbatique. Reste donc 20.200 euros à constituer avant leur départ.

Préserver l’assurance-vie et le PEA

Le couple pourrait aller les chercher ces fonds en vendant une partie de leur PEA ou en effectuant un retrait de leur contrat d’assurance-vie . Mais ces solutions ne leur paraissent pas pertinentes. Leur PEA, valorisé à 18.000 euros, est par définition destiné à un horizon de long terme et ils ne souhaitent pas interrompre leur investissement pour financer une dépense ponctuelle. Même logique pour l’assurance-vie, et ses 32.000 euros de capitaux. Ils préfèrent conserver cette enveloppe comme second niveau de sécurité, avec les 18.000 euros de liquidités. Elle pourra par exemple servir à financer les études des enfants ou à accompagner le développement de l’entreprise de Thomas en cas de besoin.

Flécher 1700 euros par mois d’épargne pour le projet

Le couple dispose d’un an pour préparer sa parenthèse. Tant que Thomas et Claire travaillent tous les deux à temps plein, ils décident de boucler le budget de leur année sabbatique en fléchant une épargne de 1700 euros par mois pendant les douze prochains mois, soit 20.400 euros au total, dédiée à leur projet. Pour le couple, habitué à épargner 1500 euros par mois depuis plusieurs années, cet effort d‘épargne supplémentaire de 200 euros par mois est tout à fait acceptable.

Compte tenu de l’horizon très court de cette épargne, Claire et Thomas souhaitent opter pour un placement sécurisé, sur des supports garantis et immédiatement disponibles. Plutôt que de tenter de faire fructifier cette somme à tout prix, ils préfèrent la certitude de la retrouver intacte au moment de prendre le large. Ils choisissent donc d’alimenter leur assurance-vie, ouverte il y a 12 ans, en privilégiant son fonds en euros. Cette solution leur permet de conserver une épargne disponible tout en profitant de l’antériorité fiscale du contrat. En cas de retrait, seuls les gains compris dans la somme retirée sont imposables. Or, après huit ans de détention d’un contrat, un couple peut bénéficier d’un abattement annuel de 9200 euros sur les gains retirés, sous réserve de respecter les conditions fiscales applicables.

Profiter de leur année de revenus élevés pour ouvrir un PER

La question fiscale les conduit à un autre arbitrage. Claire et Thomas sont imposés dans une tranche marginale d’imposition (TMI) s’élevant à 30%. Or leur année sabbatique va faire fortement baisser leur revenu imposable. Ils décident donc de profiter de cette dernière année de revenus habituels pour ouvrir chacun un PER et y verser au total 6000 euros (soit 250 euros par mois chacun), conformément à leurs plafonds de déduction autorisés - comme ils ont pu le vérifier dans leur avis d’imposition.

À 30% de TMI, ces versements leur permettent de réduire leur imposition de 1800 euros. Le gain fiscal n’est pas immédiat sur leur budget de voyage, mais l’opération leur permet de commencer à constituer une épargne retraite, tout en profitant d’une déduction intéressante alors que leurs revenus sont encore élevés.

Pour Claire et Thomas, cet effort d’épargne supplémentaire est réalisable à condition de rationaliser leur budget personnel, qu’ils n’ont pas optimisé depuis plusieurs années. Ils identifient rapidement des pistes d’économies: moins de restaurants et de sorties, limitation des achats impulsifs, renégociation des abonnements et contrats récurrents…

Une année de liberté qui se prépare comme un projet patrimonial

Claire et Thomas ont trouvé les moyens de financer leur année sabbatique sans sacrifier leurs acquis. Ils compartimentent leur patrimoine:

- 18.000 euros restent disponibles pour conserver un matelas de sécurité et financer des imprévus,

- Les 50.000 euros déjà investis en assurance-vie et sur le PEA restent dédiés à leurs projets de long terme.

- Ils placent dès maintenant 1700 euros par mois pendant 12 mois sur leur assurance vie pour accumuler 20.400 euros de capital mobilisable et non imposé.

- Ils profitent de leur dernière année fiscale favorable pour préparer la retraite, en ouvrant des PER et en y plaçant 6000 euros sur l’année.

Cette répartition leur impose certes un effort d’épargne supérieur à leurs habitudes, mais elle les conduit aussi à repenser leurs dépenses courantes et à réduire temporairement leur train de vie. Moins de dépenses superflues, davantage d’arbitrages: pendant un an, chaque euro économisé les rapproche de leur objectif. Une façon, aussi, de transmettre à leurs enfants une idée simple: les projets qui comptent supposent de faire des choix et de savoir faire quelques sacrifices pour les rendre possibles.

La question de la scolarité des enfants

Pendant leur année sabbatique, Claire et Thomas prévoient de faire suivre des cours à distance à leurs deux enfants. Ils anticipent dès maintenant ce point avec les établissements concernés et déposeront dès que possible auprès des services de l’Éducation nationale de leur département une demande d’autorisation d’instruction dans la famille, en justifiant leur projet d’itinérance, conformément à leur obligation d’instruction.

1 commentaire
  • 08:13

    Mais bien sûr, a l heure ou tout le monde manifeste pour gagner plus, l article est complètement déconnecté.


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