Pétrole, argent, Bitcoin, défense: où placer son argent en 2026? information fournie par Le Particulier 08/03/2026 à 08:00
Sommaire:
- Pétrole: la demande est à la hausse
- L’argent, encore et toujours une valeur refuge
- Bitcoin, des hauts et des bas
- Défense: une opportunité pour les investisseurs
Pétrole: la demande est à la hausse
Dans son rapport mensuel, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une hausse de la demande mondiale de pétrole en 2026. La production devrait ainsi augmenter en moyenne à 930.000 barils par jour contre 850.000 barils en 2025, «reflétant une normalisation de la conjoncture économique après les turbulences tarifaires de l’année dernière». L’AIE s’attend aussi à des besoins croissants en pétrole dans les prochaines décennies tirés par les secteurs traditionnels (transport, chauffage, climatisation, etc.) mais surtout par «la demande des centres de données et de l’IA». Le contexte est donc favorable aux investisseurs, à condition toutefois d’avoir le cœur bien accroché. Le cours du pétrole a tendance à fluctuer régulièrement en fonction du contexte géopolitique, comme les tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, les décisions de l’OPEP concernant sa production ou encore la découverte de nouveaux gisements de pétrole.
Le pétrole, comme les contrats à terme qui y sont liés, présente un niveau de risque élevé et ne doit représenter qu’une part limitée d’un patrimoine financier diversifié. Ces instruments permettent d’acheter ou de vendre du pétrole à une date et un prix fixés à l’avance. Mais ils sont complexes à comprendre, notamment pour les particuliers. Certains investisseurs se tournent vers des ETF (Exchange‑Traded Fund) ou des ETC (Exchange‑Traded Commodities) pour s’exposer au secteur, en complément éventuel d’autres supports. Les premiers permettent d’investir dans des actions d’entreprises du secteur énergétique, les seconds répliquent directement le prix du pétrole brut. Ces instruments se négocient en Bourse et présentent des caractéristiques de liquidité et de fonctionnement différentes de celles des contrats à terme.
L’argent, encore et toujours une valeur refuge
Malgré une chute de sa valeur de 30% fin janvier, l’argent continue d’occuper une place importante dans les stratégies de certains investisseurs en 2026. La demande physique est toujours soutenue et, comme l’or, la «Cendrillon des métaux précieux» a toujours un statut de valeur refuge en cas de crise ou d’incertitudes économiques. Deux jours après sa dégringolade, le cours de l’argent amorçait déjà une nette remontée. C’est la preuve de sa capacité de rebond. Autre avantage de l’argent: son prix est largement inférieur à celui de l’or, même en passant de 27,86 euros à 60,91 euros l’once en un an (+119%).La correction de ces derniers jours illustre la volatilité du marché de l’argent et les ajustements de prix qui peuvent intervenir à court terme. L’évolution future de ce marché dépendra toutefois des conditions économiques et industrielles des prochains mois. L’argent est nécessaire à la fabrication de nombreux équipements. Le secteur de l’industrie en raffole. L’argent présente une dynamique parfois différente de celle des marchés boursiers, ce qui en fait un actif étudié pour la construction de portefeuilles diversifiés dans un contexte incertain.
Plusieurs options existent pour investir dans l’argent. Une première possibilité consiste à acquérir de l’argent physique (pièces, lingots ou lingotins), en tenant compte des contraintes de stockage et de sécurité. Une autre solution consiste à investir dans l’argent via des produits financiers comme les ETF ou ETC adossés au métal. L’accès à ces produits financiers est possible via un compte‑titres ordinaire (CTO), selon les conditions de l’intermédiaire financier. Cette méthode évite les contraintes liées au stockage et à la sécurité. Cependant, contrairement aux ETF, leurs cours peuvent connaître de fortes variations et restent donc plus volatils.
Bitcoin, des hauts et des bas
Le Bitcoin va-t-il poursuivre sa chute en 2026? Après avoir atteint son plus haut historique en octobre dernier, à 107.662 euros), il est passé sous la barre des 60.000 euros en février de cette année. Pour certains, cette correction est normale. Le Bitcoin est soumis au cycle du halving, un mécanisme mis en place par son inventeur Satoshi Nakamoto, entraînant, tous les quatre ans, une division par deux des émissions de bitcoins. Mais pour d’autres, ce pattern serait désormais cassé. Notamment parce que le dernier halving date de 2024. Or, historiquement, les hausses post‑halving duraient environ 12 à 18 mois avant une consolidation, mais en 2025 la progression a été plus irrégulière, avec un pic suivi d’une forte chute, remettant en question la fiabilité du cycle. Les analystes expliquent ce dérèglement par l’arrivée massive d’investisseurs institutionnels et d’ETF, les régulations renforcées du Bitcoin dans certains pays, les facteurs macroéconomiques (inflation et hausse des taux d’intérêt), et l’augmentation de la spéculation à court terme, rendant les mouvements de prix plus volatils et moins prévisibles.
La question de la place du Bitcoin dans une stratégie patrimoniale reste ouverte et dépend fortement du profil, des objectifs et de la tolérance au risque de chaque investisseur. Une seule certitude: le Bitcoin est une valeur risquée mais très liquide. Lors de phases de turbulences sur les marchés, le Bitcoin fait souvent l’objet de mouvements rapides d’achat et de vente, reflétant son importante liquidité et sa forte volatilité. L’exposition au Bitcoin peut prendre différentes formes (achat direct sur des plateformes d’échange, investissement dans des sociétés du secteur ou via certains produits financiers), chacune présentant des caractéristiques et des risques spécifiques.
Défense: une opportunité pour les investisseurs
Les chiffres parlent d’eux-mêmes: les budgets militaires mondiaux ont progressé de 9,4% en 2024, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm ( Sipri ) et l’Europe a annoncé un plan de 800 milliards d’euros pour «réarmer l’Europe» d’ici 2030. Logiquement les carnets de commandes des entreprises de la défense sont pleins depuis 2022 et l’invasion russe en Ukraine. En quatre ans, l’indice STOXX Europe Aerospace & Defence a ainsi enregistré une hausse d’environ 165%. Et même si la guerre en Ukraine devait prendre fin dans les semaines à venir, les tensions géopolitiques partout dans le monde et la volonté des Européens de s’affranchir des Etats-Unis porteront encore longtemps le cours des actions.
Plusieurs options se présentent pour profiter de ce super-cycle de croissance:
- Certains investisseurs choisissent des actions d’entreprises du secteur de la défense comme Thales (France), Lockheed Martin (USA) ou Leonardo (Italie).
- Il existe également des ETF spécialisés dans l’aéronautique et la défense, tels que iShares STOXX Europe 600 Aerospace & Defense (EXV1) ou SPDR S&P Aerospace & Defense, qui répliquent des indices de ce secteur
- Des fonds thématiques dédiés à la défense et à la sécurité regroupent plusieurs entreprises du secteur au sein d’un même support, avec un niveau de risque qui dépend de leur stratégie et de leur composition.
Le nouveau fonds Bpifrance Défense est accessible via un compte‑titre ordinaires un PEA ou un PEA‑PME, selon les conditions de chaque intermédiaire.
Réservé aux particuliers français, le fonds de private-equity lancé en mars dernier par la Banque publique d’investissement a pour objectif de récolter 450 millions d’euros. Il est possible d’investir via un compte titres ordinaire, un PEA ou un PEA-PME. Le PEA et le PEA‑PME bénéficient d’un cadre fiscal spécifique, qui peut s’avérer plus ou moins adapté selon la situation de chaque épargnant. Sous réserve du respect des conditions en vigueur, les gains réalisés dans le cadre d’un PEA ou d’un PEA‑PME peuvent, après cinq années de détention, être exonérés d’impôt sur le revenu (hors prélèvements sociaux).
A noter:
Le PEA classique a un plafond de versement jusqu’à 150.000 euros, et le PEA‑PME jusqu’à 225.000 euros (plafond global commun).