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“Greens bonds”, les investisseurs s’arrachent les obligations vertes
Dernière mise à jour le : 07/10/2021

Le marché des green bonds devrait atteindre 800 milliards d’euros en 2021 crédit photo : GettyImages

Le marché des green bonds devrait atteindre 800 milliards d’euros en 2021 crédit photo : GettyImages

Les émissions de green bonds devraient atteindre 800 milliards d’euros fin 2021, boostées par l’entrée en jeu de nouveaux États sur le marché, et l’appétit des investisseurs pour ces fonds labellisés verts. Comment expliquer le succès fulgurant des green bonds ? Explications.

Sommaire:

  • L’Union européenne entre dans la danse
  • Concilier environnement et rentabilité
  • Des critères pour encadrer le secteur

L’Union européenne entre dans la danse

Si ce n’est pas un record, c’est en tout cas un succès historique. Le 16 mars 2021, l’État français levait 7 milliards d’euros en émettant sa deuxième obligation verte, destinée à financer des projets labellisés développement durable. Les offres ont très rapidement dépassé les 34,5 milliards d’euros selon le Crédit Agricole CIB, l’une des banques pilotant le projet. Le taux de rendement, de 0,5% annuel, encourage de plus en plus d’États, collectivités et entreprises à émettre à leur tour des obligations vertes.

L’Union européenne s’apprête de son côté à lever pas moins de 250 milliards d’euros d’obligations vertes, soit un tiers du plan de relance européen en réponse à la crise sanitaire, souhaitant ainsi devenir “le leader mondial de la finance durable”. De nombreux États ont annoncé vouloir entrer dans la danse: Allemagne, Italie, Espagne et Suède vont ainsi rejoindre la France, qui fut en 2017 l’un des premiers États à émettre une obligation verte. Celle-ci pèse en 2021 près de 30 milliards d’euros et continuera d’être abondée en raison de son succès.

Cet appétit est loin d’être freiné par les investisseurs, qui s’arrachent aujourd’hui ces produits conciliant rendement et environnement. On estime ainsi que le marché des obligations vertes devrait atteindre les 800 milliards d’euros cette année, alors qu’il ne pesait que 170 milliards d’euros en 2017!

Green bonds: les entreprises s’y mettent

Une entreprise française a été la première à émettre des green bonds en euros. En 2013, Engie levait en effet 1,4 milliard d’euros, puis 1,5 milliard en 2019, devenant ainsi le plus grand émetteur “corporate” d’obligations vertes au monde. Pourtant, de nombreuses entreprises se sont depuis converties à ce type d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT) dans des domaines très variés. La multinationale américaine Starbucks a ainsi émis 1 milliard d’obligations afin de développer son programme d’achat de café éthique et d’aide aux agriculteurs. La multinationale italienne Enel fait également partie des grands émetteurs de green bonds, aux côtés d’Iberdrola, Icade, Paprec ou la SNCF.

Concilier environnement et rentabilité

Les investisseurs trouvent dans ces green bonds l’occasion parfaite de concilier obligation de rendement et prise de conscience écologique. Depuis 2015, la rentabilité de ces fonds est en effet supérieure à celle des fonds classiques. Les émetteurs de ces titres sont plus attentifs au risque climatique et donnent ainsi plus de garanties d’être performants à long terme. Il est en effet raisonnable de penser qu’il est plus judicieux d’investir aujourd’hui dans de l’énergie solaire que dans l’énergie fossile, étant donné les circonstances climatiques.

Par ailleurs, une multinationale pétrolière a toute latitude pour utiliser son cash-flow pour financer ses investissements. De leur côté, les entreprises dites “vertes” disposent souvent de moins de cash et ont donc besoin de financements extérieurs. C’est ici que les green bonds entrent en jeu.

En 2018, les projets financés par ces obligations vertes concernaient principalement le solaire, l‘éolien et les transports. Le site EDF de Perpignan, qui fonctionne à l’éolien et produit un quart de la consommation en électricité des Pyrénées-Orientales, a ainsi été financé de cette manière.

Des critères pour encadrer le secteur

Par souci de transparence, des critères ont été établis pour identifier quels projets sont ou ne sont pas éligibles à un financement par des obligations vertes. Les Green Bond Principles et la Climate Bond Initiative détaillent non seulement les catégories de projets éligibles, mais également l’utilisation des fonds nécessaires pour être sélectionnés. Une surveillance nécessaire dans la mesure où le dynamisme des green bonds attire parfois des investisseurs moins scrupuleux. Ceux-ci, conquis par la vitrine verte de ce secteur, souhaitant ainsi financer des projets moins vertueux qu’ils ne le prétendent. Ces abus, qu’on appelle “greenwashing”, ou “écoblanchiment”, restent le principal péril pour les green bonds, susceptibles de briser la confiance entre les investisseurs et leurs fonds d’investissement.

Les social bonds profitent de la crise sanitaire

C’est une conséquence directe de la crise sanitaire, des différents confinements et des dispositifs de chômage partiel mis en place un peu partout en Europe: les social bonds ont également connu un fort attrait ces derniers mois. Ces obligations ont pour objectif de financer des projets dans les domaines de la santé, de l’emploi, et de la lutte contre la pauvreté. Sur l’année 2020, les émissions de social bonds ont été multipliées par sept, atteignant 150 milliards de dollars, et devraient à nouveau bondir pour atteindre 250 milliards de dollars en 2021.

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