Crédit immobilier remboursé: Sophie et Julien disposent de 1 150 € par mois. Comment répartir cette épargne entre sécurité, retraite et nouveaux projets? ( crédit photo : Getty Images/Westend61 )
Sommaire:
- Sophie et Julien viennent de rembourser leur résidence principale
- Retraite et maison secondaire: le couple identifie deux principaux projets
- Donner une fonction précise à chaque euro épargné
- Avant d’investir, Sophie et Julien sécurisent leur épargne de précaution
- 26.000 euros mis de côté pour leur future maison à Saint-Malo
- 350 euros par mois pour sécuriser la retraite de Sophie
- Sophie et Julien complètent leur diversification avec 200 euros de SCPI
- 1150 euros par mois, trois objectifs et des horizons différents
Sophie et Julien viennent de rembourser leur résidence principale
À 46 et 48 ans, Sophie et Julien viennent de franchir une étape importante: après 22 ans de mensualités, ils ont enfin terminé de rembourser le crédit de leur résidence principale. Leur maison, achetée en 2004 à une dizaine de kilomètres de Nantes pour 185.000 euros, est aujourd’hui estimée à 390.000 euros. Au fil des années, le couple a transformé cette vieille bâtisse de 110 mètres carré en véritable havre de paix. La cuisine, refaite à neuf s’ouvre sur un grand salon au rez-de-chaussée, donnant sur une terrasse en bois et un jardin de 600 mètres carrés soigneusement entretenu. À l’étage, Sophie et Julien ont aménagé une grande chambre avec salle de bains privative, et créé une deuxième chambre pour accueillir amis et famille. De plus, une partie du grand garage a été transformée en atelier de céramique pour Sophie, passionnée par cette discipline depuis l’enfance.
Le couple n’envisage pas de vendre la maison, située à proximité de leur lieu de travail respectif. Sophie, cadre administrative dans une PME, se rend au bureau en moins de quinze minutes à vélo tandis que Julien, architecte d’intérieur, est à une dizaine de kilomètres en voiture de son agence. Avec la fin de leur crédit immobilier, une nouvelle perspective s’ouvre pour le couple: 1150 euros par mois, jusqu’ici consacrés au remboursement de leur résidence principale, sont désormais disponibles. Sophie et Julien se demandent comment utiliser au mieux cette capacité financière. Le couple partage un objectif commun: il est hors de question de laisser fondre cette somme dans les dépenses courantes.
Retraite et maison secondaire: le couple identifie deux principaux projets
Pendant toutes ces années, Sophie et Julien ont principalement consacré leur argent à leur maison et à leur quotidien. Maintenant que le crédit est terminé, ils ont envie de penser davantage à l’avenir. Sophie, dont le parcours professionnel a été haché, se préoccupe de sa retraite, qui ne sera pas à taux plein. Elle aimerait profiter du temps qui lui reste avant cette échéance pour se constituer progressivement un capital supplémentaire et ainsi maintenir au maximum son niveau de vie. Elle imagine aussi pouvoir donner davantage de place à ce qui lui plaît: aménager un véritable atelier de céramique, transmettre sa passion et, pourquoi pas, en faire une activité à son rythme.
Julien, de son côté, adorerait concrétiser un projet auquel il pense depuis longtemps: acheter une petite résidence secondaire aux alentours de Saint-Malo, où il a grandi et où le couple séjourne trois semaines par an depuis plus de 25 ans dans une petite maison de pêcheur. Julien rêve souvent d’un lieu à eux, même modeste, où ils pourraient aller quand bon leur semble, y compris hors saison, pour se ressourcer et profiter davantage de leurs amis locaux.
Donner une fonction précise à chaque euro épargné
Les objectifs sont désormais clairs et précis. Sophie et Julien souhaitent réfléchir dès maintenant à la meilleure façon d’organiser cette épargne pour financer leurs projets, tout en préservant leur sécurité financière.
Jusqu’ici, le patrimoine du couple s’est principalement construit autour de leur résidence principale, avec des placements simples et disponibles, adaptés à leur quotidien, mais sans véritable stratégie de diversification. Avec les 1150 euros désormais libérés chaque mois, ils peuvent progressivement adopter une stratégie patrimoniale à court, moyen et long terme, à la fois sécurisante et plus ambitieuse, qui leur permet à la fois de:
- Conserver une épargne de précaution disponible en cas d’imprévu,
- Commencer à constituer l’apport nécessaire à leur future résidence secondaire,
- Et consacrer une partie de leurs versements à des placements plus dynamiques pour préparer la retraite de Sophie.
L’enjeu n’est donc pas de chercher à tout prix le placement le plus rémunérateur pour la totalité des 1150 euros, mais de donner une fonction précise à chaque euro épargné. L’argent dont Sophie et Julien pourraient avoir besoin à court terme doit rester facilement accessible et peu exposé au risque. À l’inverse, l’épargne destinée à la retraite, dont l’horizon est de quinze ans ou davantage, peut supporter davantage de fluctuations et être davantage diversifiée, notamment sur les marchés financiers. Entre les deux, l’épargne destinée à leur projet immobilier devra trouver son propre équilibre entre rendement, sécurité et disponibilité.
Avant d’investir, Sophie et Julien sécurisent leur épargne de précaution
Avant de répartir les 1150 euros libérés chaque mois entre leurs différents projets, Sophie et Julien commencent par vérifier ce qu’ils ont déjà de côté. Tout cumulé, ils disposent de 56.000 euros sur leurs livrets d’épargne et leurs comptes courants. Certes, leur crédit est terminé, mais ils savent que leur maison et leur quotidien continuera à générer des dépenses: toiture, chaudière, voiture, travaux d’entretien du jardin… Après avoir fait leurs comptes, ils décident de conserver 30.000 euros sur des supports sécurisés et facilement disponibles. Cette réserve leur permet aussi de ne pas être contraints de vendre un placement au mauvais moment pour faire face à une dépense imprévue. Le solde, environ 26 000 euros, peut alors être mobilisé pour leurs projets de moyen et long terme.
26.000 euros mis de côté pour leur future maison à Saint-Malo
Le projet de résidence secondaire de Julien devient leur premier objectif concret. Le couple se donne cinq à six ans pour voir s’il peut se réaliser, sans s’engager à acheter à tout prix. Ils imaginent un budget d’environ 180.000 euros, auquel il faudra ajouter les frais d’acquisition et, éventuellement, des travaux. Les 26.000 euros disponibles après constitution de leur épargne de précaution sont donc fléchés vers ce projet. Ils décident également d’y consacrer 300 euros par mois sur un placement adapté à un horizon de cinq à six ans, privilégiant la sécurité du capital plutôt que la recherche d’une forte performance.
À noter
À cet horizon, une forte exposition aux actions serait en effet trop risquée: une baisse des marchés au moment où ils auront besoin de leur apport pourrait les contraindre à vendre leurs placements dans de mauvaises conditions. Ils privilégient donc des supports prudents, quitte à accepter un rendement plus limité.
À raison de 300 euros mensuels pendant six ans, ils dégageraient ainsi 21.600 euros supplémentaires. Leur enveloppe atteindrait donc 47.600 euros avant même de tenir compte des éventuels intérêts. À titre illustratif, avec un rendement annuel moyen de 3%, le capital atteindrait environ 54.750 euros au bout de six ans. Avec 3,5%, il serait proche de 56.060 euros, et avec 4%, d’environ 57.400 euros. Sophie et Julien mettent donc aussitôt en place un virement mensuel de 300 euros depuis leur compte commun. Sa destination? Une assurance-vie ouverte depuis une dizaine d’années, qu’ils n’avaient jamais abondée. Cette ancienneté constitue un atout: après huit ans de détention d’un contrat en assurance-vie, les retraits bénéficient d’un régime fiscal plus favorable, avec notamment un abattement annuel sur les gains retirés. Ils vont prendre rendez-vous avec leur conseiller pour choisir les supports les plus adaptés à leurs besoins.
350 euros par mois pour sécuriser la retraite de Sophie
Sophie veut se constituer un complément de retraite . À 46 ans, elle dispose encore d’une quinzaine d’années pour faire fructifier cette épargne. Julien se montre parfaitement solidaire de cet objectif. Le couple choisit donc de verser 350 euros par mois sur le PER de Sophie, investi sur des supports diversifiés, notamment en actions. Un choix qui répond à leur objectif de long terme, tout en présentant un intérêt fiscal immédiat: les versements sont déductibles de leur revenu imposable, dans la limite du plafond disponible. Soumis à un TMI (taux marginal d’imposition) de 30 %, Sophie et Julien peuvent ainsi, en versant 4 200 euros sur leur PER au cours de l’année, réduire leur impôt jusqu’à 1 260 euros (4 200 × 30 %), sous réserve de disposer d’un plafond de déduction suffisant. Ils ont d’ailleurs vérifié que ce plafond, qui est mutualisé pour les couples soumis à imposition commune, indiqué sur leur avis d’impôt, leur permettait de réaliser cette opération.
À retenir
En procédant ainsi, le couple épargne 350 euros par mois pour la retraite tout en allégeant dès aujourd’hui sa facture fiscale.
Avec ce placement, l’objectif est clairement de laisser l’épargne travailler jusqu’à la retraite, sans rechercher une disponibilité à court terme. Ils acceptent donc les fluctuations des marchés en contrepartie d’un potentiel de rendement supérieur sur longue période. À titre d’exemple, 350 euros investis chaque mois pendant quinze ans avec un rendement moyen de 5% par an représenteraient environ 93.000 euros au terme de la période, pour 63.000 euros versés. Sophie et Julien savent qu’une telle projection reste théorique: les marchés ne progressent pas de façon régulière et le capital peut connaître des baisses, parfois importantes. Cette simulation leur permet toutefois de matérialiser concrètement ce que leurs efforts d’épargne pourraient représenter à terme.
Sophie et Julien complètent leur diversification avec 200 euros de SCPI
Julien et Sophie sont attachés à l’immobilier, sans pour autant vouloir s’embarrasser d’un nouveau bien à gérer. Les SCPI leur offrent justement cette possibilité: investir progressivement dans un patrimoine immobilier diversifié, sans avoir à gérer les locations, des travaux ou mobiliser plusieurs dizaines de milliers d’euros d’un coup. Ils ont notamment eu un coup de cœur pour une SCPI investie dans des immeubles de bureaux et de commerces bien situés à Paris, qui leur donne le sentiment de devenir, à leur échelle, propriétaires d’une petite fraction de ce beau patrimoine. Ils gardent toutefois en tête qu’il s’agit d’un placement de long terme: le capital n’est pas garanti et la revente des parts peut prendre du temps, notamment faute d’acheteur. Cette épargne ne doit donc pas servir à financer leur résidence secondaire ni leurs dépenses courantes. Après quelques échanges, Sophie et Julien décident d’y consacrer 200 euros par mois.
1150 euros par mois, trois objectifs et des horizons différents
Les 300 euros restants restent volontairement disponibles. Leur épargne de précaution est déjà constituée: ils n’ont donc pas besoin de renforcer encore cette réserve. En revanche, ils veulent conserver une enveloppe souple pour les dépenses qui ne rentrent dans aucune case: un grand voyage, constituer une belle cave à vin, acheter une montre de collection, saisir une opportunité immobilière sans devoir vendre un placement dans l’urgence... Cette poche de liquidités leur donne surtout de la liberté. Plutôt que de chercher à optimiser chaque euro, le couple accepte d’en laisser une partie disponible pour pouvoir faire face à leurs projets au fil de l’eau. Leur nouvelle capacité d’épargne est ainsi répartie entre long terme, préparation d’un projet immobilier et liberté financière à court terme. Sophie et Julien sont rassurés et confiants: tous les ingrédients sont réunis pour appréhender l’avenir sereinement.
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