Pour viser 1000 euros de revenus mensuels à la retraite, combien épargner à 30, 40 ou 50 ans? Trois simulations pour mesurer l’effet du temps. ( crédit photo : Getty Images )
Sommaire:
- À 30 ans, placer son épargne sur des supports dynamiques
- À 40 ans, sécuriser progressivement son épargne
- À 50 ans, privilégier la sécurité du capital
Tous régimes confondus, la pension mensuelle moyenne des Français s’élève aujourd’hui à 1666 euros bruts soit 1541 euros nets, selon l’étude annuelle de la Drees . A l’avenir, elle pourrait encore être plus faible. Les Français le savent bien. La preuve: ils sont près de 13 millions à avoir souscrit un plan d’épargne retraite, pour un encours total dépassant les 150 milliards d’euros, selon les chiffres de Bercy .
S’ils veulent se dégager un revenu complémentaire de 1000 euros par mois pendant 25 ans - un chiffre retenu pour la démonstration de l’article reposant sur des hypothèses simplifiées (rendement fixe, pas de fiscalité ni d’inflation) -, ils devront, au total, disposer d’un capital de 300.000 euros. Un montant conséquent mais pas impossible à atteindre s’ils commencent à économiser le plus tôt possible. Ils bénéficient alors de rendements intéressants sur des supports pensés pour le long terme, permettant de profiter pleinement des intérêts composés.
Epargne: la force des intérêts composés
C’est «l’effet boule de neige». Les intérêts composés correspondent aux intérêts produits non seulement par les sommes investies, mais aussi par les intérêts déjà accumulés. Prenons un exemple simple. Si vous placez 1 000 euros sur un compte rémunéré à 5% par an, la première année, il générera 50 euros d’intérêts. La deuxième année, vous obtiendrez 52,50 euros d’intérêts (1050 × 5%), soit 102,50 euros d’intérêts cumulés. La troisième année, votre compte sera crédité de 1157,63 euros (1102,50 × 1,05), soit 157,63 euros d’intérêts cumulés. Vous l’avez compris, pour se constituer un patrimoine, le temps est votre meilleur allié.
À 30 ans, placer son épargne sur des supports dynamiques
C’est l’âge de tous les possibles. À 30 ans, les épargnants ont 35 ans devant eux pour placer leur argent sur des produits susceptibles d’offrir un potentiel de rendement élevé. Parmi les placements disponibles, ils peuvent faire le choix d’ouvrir un Plan d’épargne en actions (PEA) ou de souscrire une assurance-vie investie majoritairement en unités de compte. En effet, sur le long terme, les actions offrent des rendements intéressants: proche de 9% annuels sur 30 ans et de 11% sur 40 ans, selon l’Institut de l‘Épargne Immobilière et Foncière ( IEIF ). En retenant un rendement annuel moyen de 6%, il faudra épargner 220 euros par mois pendant 35 ans pour atteindre les 300.000 euros visés. L‘épargnant aura versé 92.000 euros de sa poche, les 208.000 euros supplémentaires proviendront des seuls intérêts composés.
À noter: Après cinq ans de détention, les gains réalisés dans un PEA sont exonérés d’impôt sur le revenu (hors prélèvements sociaux). L’assurance vie offre, elle, un abattement annuel de 4600 euros pour une personne seule (9200 euros pour un couple) sur les gains retirés après huit ans, en plus d’une fiscalité allégée. Ces deux enveloppes sont donc particulièrement adaptées à une épargne de long terme.
À 40 ans, sécuriser progressivement son épargne
Période charnière à bien des égards, 40 ans est un âge intéressant pour épargner. Il reste encore 25 ans pour préparer sa retraite et, en général, ses revenus sont souvent plus élevés qu’à la trentaine. Il peut être intéressant d’opter pour un Plan d’épargne retraite (PER), en gestion pilotée à horizon (le mode de gestion par défaut). L’allocation, majoritairement investie en actions dans les premières années, se réoriente progressivement vers des supports moins risqués à l’approche de la retraite. Avec un rendement annuel moyen de 4,5%, l’effort d’épargne s’élèvera à 540 euros par mois pendant 25 ans pour atteindre un patrimoine de 300.000 euros (138.000 euros d’intérêts composés).
À noter: Les sommes versées sur un PER sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. L’intérêt de cette déduction augmente avec le niveau de la tranche marginale d’imposition, généralement plus élevé en milieu de carrière. En contrepartie, les sommes retirées à la sortie, en rente ou en capital, sont fiscalisées.
À 50 ans, privilégier la sécurité du capital
Avec seulement 15 années pour compléter sa retraite, il devient difficile de lisser les aléas des marchés financiers. Il faut alors envisager d’épargner sur des produits d’investissement sécurisés, comme le fonds en euros de l’assurance-vie. Mais l’effort d’épargne devient peu réaliste. En effet, il faudrait épargner 1260 euros par mois pour atteindre un capital de 300.000 euros.
A 50 ans, l’investissement immobilier peut également constituer une solution pour compléter sa retraite. L‘épargnant peut envisager d’acquérir à crédit un logement, comme un studio dans une ville universitaire. Les loyers offriront une source de revenus complémentaires réguliers, sans effort d’épargne supplémentaire une fois le crédit remboursé. Mais il faudra revoir ses ambitions à la baisse pour sa retraite: un studio dans une ville universitaire, hors Paris, se loue en général entre 400 et 500 euros par mois hors charges. C’est un complément de revenu déjà confortable. Et, plus tard, si la gestion locative est trop pesante, il sera toujours possible de revendre le bien et profiter de son capital.
À noter: Les loyers perçus sont imposables et supportent également les prélèvements sociaux. Ils doivent en outre permettre de couvrir les charges, la taxe foncière, les éventuels travaux ainsi que les périodes de vacance locative.
Combien toucherez-vous réellement à la retraite?
La pension perçue au moment du départ dépend de nombreux facteurs propres à chaque parcours: nombre de trimestres cotisés, niveau de salaire tout au long de la carrière, âge de départ choisi, ou encore le régime de rattachement. Le taux de remplacement, mesurant l’écart entre le dernier salaire perçu en activité et le montant de la pension, varie fortement entre les salariés du privé du public. Pour les premiers, en intégrant la retraite complémentaire, la pension atteint environ 60% du dernier salaire. Ce montant évolue selon le niveau de rémunération et le statut de cadre ou non-cadre. La pension des fonctionnaires est, elle, calculée sur les six derniers mois de carrière. Elle s’élève en moyenne à 75% du traitement indiciaire brut. Pour obtenir une estimation plus précise de sa future pension, il est préférable de se rendre sur le site info-retraite.fr. Il permet d’avoir une vue complète de sa carrière et d’obtenir une estimation de sa retraite en partant à l’âge légal (64 ans) ou à l’âge du taux plein automatique (67 ans).
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