Thomas doit choisir comment utiliser sa prime de 5 000 euros: voyage, remboursement de crédit, retraite ou épargne pour les études de son fils. ( crédit photo : Getty Images/Johner RF )
Sommaire:
- Thomas a-t-il intérêt à rembourser par anticipation son crédit immobilier?
- Le PEE, première brique de la stratégie patrimoniale de Thomas
- Thomas prépare l’avenir de son couple et celui de son fils
C’est une belle surprise pour Thomas. Un an après sa prise de fonction comme responsable commercial dans une entreprise de reconditionnement, il vient de recevoir une prime de participation de 5000 euros. Le père de famille doit décider s’il préfère la percevoir immédiatement ou la placer dans un plan d’épargne salariale. La somme est conséquente: 5000 euros. S’il la perçoit immédiatement, elle viendra s’ajouter à ses revenus imposables l’année prochaine. S’il la verse sur un plan d’épargne entreprise (PEE), il sera au contraire exonéré d’impôt, à condition de ne pas y toucher pendant cinq ans (sauf cas de déblocage anticipé).
Thomas n’a pas le tempérament d’une cigale. Même s’il pourrait en profiter pour changer de voiture ou partir en voyage, il estime avoir mieux à faire avec cet argent. Par exemple, rembourser par anticipation une partie du crédit immobilier contracté avec sa femme. Il y a cinq ans, ils ont acheté un appartement de type 3 d’une valeur de 132.000 euros dans le quartier Douets-Milletière à Tours. Ils remboursent chaque mois 610 euros pendant 20 ans. Avec sa prime de participation plus ses économies, Thomas se demande s’il est pertinent de réduire la durée de son emprunt.
Le père de famille cherche également à comprendre sur quels supports son épargne sera investie dans un PEE. Et s’il n’aurait pas intérêt à compléter ce dispositif par un plan d’épargne en actions (PEA) ou une assurance-vie ouverte pour son fils. Il pourrait alors l’alimenter jusqu’à la majorité de Théo et ainsi anticiper le coût des études. Face à ce champ des possibles, Thomas prend le temps de la réflexion.
Thomas a-t-il intérêt à rembourser par anticipation son crédit immobilier?
Le calcul semble simple: entre les 5000 euros de participation et ses économies, Thomas dispose des 7320 euros nécessaires pour rembourser par anticipation une année de mensualité à sa banque. La réalité est un peu plus complexe. Contrairement à ce qu’il imaginait, sa banque ne va pas supprimer les douze prochaines échéances. La somme sera en fait imputée sur le capital restant dû.
Cinq ans après l’achat de son appartement, il lui reste un peu plus de 101.500 euros de capital à rembourser. En y injectant 7320 euros, il raccourcirait alors son emprunt de quatorze mois. Ce n’est pas intéressant mais l’opération n’est pas gratuite. Les banques sont en droit de facturer des indemnités de remboursement anticipé, plafonnées au plus faible des deux montants suivants: six mois d’intérêts sur la somme remboursée ou 3% du capital restant dû. Avec un taux d’emprunt de seulement 1,04%, Thomas paierait environ 38 euros d’indemnités (7320 × 1,04% ÷ 2).
Même si ce montant est très faible, le responsable commercial n’est toujours pas convaincu par cette opération. Logique: au vu des taux actuels, il est préférable de placer son argent sur des placements dont la rémunération dépasse le coût de son emprunt.
Le PEE, première brique de la stratégie patrimoniale de Thomas
Thomas n’avait encore jamais perçu de prime de participation. Il se renseigne donc sur son PEE. Ce n’est pas un placement en tant que tel, mais un véhicule d’investissement collectif. Il accueille les sommes versées par le salarié (participation, intéressement, versements volontaires), les investit sur différents supports financiers, au choix: fonds monétaires, obligataires ou actions. Le PEE permet de bénéficier d’une exonération d’impôt sur le revenu, à condition de laisser son épargne investie pendant au moins cinq ans, sauf cas de déblocage anticipé.
Thomas peut répartir son argent entre des fonds sécurisés, comme les fonds monétaires ou obligataires, mais peu rémunérateurs, ou des fonds investis en actions, parmi les supports proposés par son PEE, dont le potentiel de performance est plus élevé mais pas garanti. Compte tenu de son âge et de son horizon d’investissement, Thomas privilégie les supports les plus dynamiques. Il accepte la volatilité des marchés dans l’espoir d’obtenir un meilleur rendement sur le long terme.
Mais Thomas ne compte pas s’arrêter là. Il souhaite aussi disposer d’enveloppes complémentaires pour diversifier son patrimoine. En plus de sa prime annuelle versée sur son PEE, il décide d’ouvrir un PEA afin d’accéder à un choix plus vaste d’actions et d’ETF pour préparer son avenir financier. Il souscrit en plus une assurance-vie au nom de son fils.
Les actions, le placement le plus rentable sur le long terme
Selon l‘étude 40 ans de performances comparées (1984-2024) de l'IEIF , les actions génèrent un rendement annuel moyen de 11,8% sur quarante ans, devant le logement parisien (10,2%) et les foncières cotées (9,6%). Sur trente ans, elles affichent une performance de 8,3% par an, un niveau légèrement inférieur à celui des foncières (9,3%) et du logement en France (9%), mais supérieur à celui des SCPI (5,1%), de l’assurance-vie (4%) ou du Livret A (2,3%).
Thomas prépare l’avenir de son couple et celui de son fils
Thomas perçoit un salaire annuel brut de 40.000 euros. Cela lui permet d’épargner 400 euros par mois. Il décide de répartir cet argent entre deux enveloppes complémentaires. Chaque mois, 250 euros seront versés sur un PEA afin de préparer l’avenir de son couple. Contrairement au PEE, dont la sélection de supports est définie par son entreprise, le PEA lui permet d’investir dans un univers beaucoup plus vaste d’actions et d’ETF européens, souvent peu chargés en frais. Le PEA offre en plus un cadre fiscal attractif: après cinq ans de détention, les plus-values et dividendes sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restant dus.
Thomas consacre les 150 euros restants (en plus du versement initial ) à une assurance-vie ouverte pour son fils Théo. Avec un horizon d’investissement de seize ans avant son entrée dans l’enseignement supérieur, Thomas privilégie les unités de compte, plus volatiles mais offrant un potentiel de rendement supérieur sur le long terme. Il retient une hypothèse prudente de rendement annuel moyen de 5%. Grâce aux intérêts composés - les gains générés chaque année produisent à leur tour de nouveaux gains -, son fils pourrait ainsi disposer à sa majorité d’un capital d’environ 45.000 euros, dont 28.800 auront été versés par son père.
La première prime de participation reçue par Thomas constitue donc le socle d’une véritable stratégie patrimoniale. En combinant PEE, PEA et assurance-vie, il adapte chaque enveloppe à un objectif précis. Surtout, il commence à investir jeune. Il a bien raison: le temps est un levier puissant pour se constituer un patrimoine à moindre effort.
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