Retour de l’inflation: faut-il à nouveau placer son argent dans son Livret A?
information fournie par Le Particulier 20/06/2026 à 08:00

Inflation de retour: le Livret A pourrait être revalorisé dès août 2026. Une bonne nouvelle pour l’épargne, mais sans effet miracle sur le pouvoir d’achat. ( crédit photo : Getty Images/iStockphoto )

Avec le choc pétrolier provoqué par la guerre en Iran, les prix à la consommation ont bondi de 1,7% en mars 2026. Le taux des produits réglementés pourrait ainsi être revalorisé dès le 1er août 2026. Une bonne nouvelle pour les épargnants mais ses effets ne seront pas magiques.

Sommaire:

  • Livret A, un succès (presque) jamais démenti
  • Comment est calculé le taux du Livret A?
  • Assurance-vie en euros: une alternative plus intéressante pour les épargnants

Livret A, un succès (presque) jamais démenti

Créé en 1818 pour permettre à tous les Français d’épargner, le livret de caisse d‘épargne, rebaptisé Livret A en 1966, est le produit d’épargne le plus répandu en France. A ses débuts, on compte un peu plus de 352 livrets ouverts. En 1830, c’est 100.000 et en 1870,2 millions. Aujourd’hui, on en dénombre 58 millions, soit 85% de la population française. Son succès tient à sa liquidité, à sa sécurité et à son régime fiscal (exonération d’impôt et de prélèvements sociaux). En contrepartie, ses performances sont limitées et son taux, fixé par les pouvoirs publics, évolue en fonction de l’inflation. Depuis le 1er février 2026, il est ainsi de 1,50% contre 3% trois ans plus tôt et 1,70% en août dernier.

Résultat, le Livret A n’a plus vraiment la cote auprès des épargnants. Pour le seul mois de mars 2026, il affiche une décollecte de 490 millions d’euros, selon les chiffres de la Caisse des dépôts . Mais si le taux remonte dans les mois à venir, le Livret A pourrait à nouveau avoir les faveurs des épargnants.

A savoir: Une partie des fonds déposés sur le Livret A sert à financer la construction et la réhabilitation de logements sociaux, la politique de la ville et des projets d’intérêt général des collectivités locales.

Comment est calculé le taux du Livret A?

Fixé à 5% au moment de sa création, le taux du Livret A n’a eu de cesse d’évoluer. Son taux le plus bas a été atteint le 1er février 2020 - à 0,50%-, et son plus haut a été enregistré le 16 octobre 1981 à 8,50%. Depuis le 1er février 2026, il est fixé à 1,50% mais il pourrait remonter à l’été prochain. Depuis 2008, son mode de calcul repose en effet sur une formule théorique prenant en compte à la fois l’inflation et les taux d’intérêt à court terme. Concrètement, il correspond à la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac et des taux interbancaires, à laquelle s’ajoute un éventuel arrondi au quart de point le plus proche. Cette règle vise à garantir un rendement minimum aux épargnants tout en restant cohérent avec les conditions de marché.

Mais cette formule n’est pas appliquée de manière automatique: les pouvoirs publics conservent la possibilité d’y déroger pour éviter des variations trop brutales, à la hausse comme à la baisse. C’est pourquoi, en période de forte inflation comme aujourd’hui, une revalorisation est probable, sans pour autant être parfaitement alignée sur la hausse des prix. Si la hausse des prix devait durer, son taux pourrait être relevé autour des 1,7 ou 1,8%. L’actualisation du taux d’intérêt étant semestrielle, il faudra attendre le 1er août prochain pour connaître la décision du gouvernement.

Ce que le retour de l’inflation change (ou pas) pour votre épargne réglementée

Si le taux du Livret A devait augmenter cet été, les épargnants ne doivent toutefois pas en attendre d’effets significatifs. Aujourd’hui pour un épargnant un livret ayant atteint le plafond, soit 22.950 euros, rapporte 344,25 euros d’intérêts par an. A 1,7%, l’épargnant gagnerait 390,15 euros par an, soit un gain supplémentaire annuel de 45,90 euros. En conclusion, le rendement est amélioré mais avec une inflation à 1,7%, l’épargne aurait tout de même tendance à s’éroder. Mais après tout, le Livret A sert surtout à se constituer une épargne de précaution. Il permet aux épargnants de faire face aux imprévus (réparation de leur voiture, changement d’électroménager, etc.). Pour bâtir une vraie stratégie patrimoniale, mieux vaut se tourner vers d’autres produits, à commencer par l’assurance-vie.

Assurance-vie en euros: une alternative plus intéressante pour les épargnants

Aujourd’hui, pour les épargnants recherchant la sécurité, il est plus intéressant de placer son argent sur les fonds en euros des contrats d’assurance-vie, eux aussi sans risque. Pour l’année 2025, ils affichent un rendement moyen de 2,65%, net de frais de gestion, selon les chiffres de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Et même si les performances passées ne préjugent pas des performances futures, certains fonds en euros servent un taux bien supérieur à 3%.

Les épargnants souhaitant diversifier leur patrimoine ont donc tout intérêt à ouvrir un contrat d’assurance-vie. Dans une logique de très long terme, ils peuvent ouvrir un deuxième contrat d’assurance-vie en unités de compte pour aller chercher de la performance sur les marchés. Leur bon vieux Livret A servira toujours à régler des imprévus ou à s’offrir des plaisirs ponctuels.