Hausse de la CSG: faut-il revoir vos placements? information fournie par Le Particulier 25/04/2026 à 08:00
Sommaire:
- Rappel: Qu’est-ce que la CSG?
- La CSG augmente pour une partie des revenus du capital
- Quels sont les placements concernés?
- Les placements non concernés par la hausse de la CSG
- Quelle stratégie adopter pour votre épargne?
Rappel: Qu’est-ce que la CSG?
La CSG, ou Contribution sociale généralisée, est un prélèvement social destiné à financer la protection sociale (santé, retraite, dépendance). Elle s’applique à un large éventail de revenus:
- Les revenus d’activité : salaires, primes, chiffre d’affaires des indépendants ;
- Les revenus de remplacement : pensions de retraite, allocations chômage, indemnités journalières ;
- Les revenus du patrimoine : revenus fonciers, rentes viagères ;
- Les revenus du capital : intérêts, dividendes, plus-values.
La CSG fait partie des prélèvements sociaux, au même titre que la CRDS ou le prélèvement de solidarité. Il existe plusieurs taux de CSG selon la nature du revenu et la situation du contribuable.
La CSG augmente pour une partie des revenus du capital
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour l’année 2026 prévoit une hausse de la CSG sur les revenus du capital. Le taux est relevé de 9,2% à 10,6%, soit une progression de 1,4 point. Cette mesure est destinée à financer la branche Autonomie de la Sécurité sociale, qui regroupe la vieillesse, la dépendance et le handicap.
Depuis 2018, les revenus financiers sont soumis à un prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou «flat tax» de 30%. Ce taux comprend:
- 12,8% au titre de l’impôt sur le revenu ;
- 17,2% pour les prélèvements sociaux.
Avec la hausse de la CSG, le taux global des prélèvements sociaux passe de 17,2% à 18,6%. Cette augmentation entraîne automatiquement celle de la flat tax, portée à 31,4%.
Quels sont les placements concernés?
Le Parlement a choisi de limiter la hausse de la CSG à certains revenus du patrimoine et de placement. La mesure concerne:
- Les dividendes ;
- Les plus-values de cession de valeurs mobilières, notamment via un compte-titres ;
- Les produits de placements à revenu fixe, comme les comptes à terme et les livrets bancaires fiscalisés ;
- Les produits de l’épargne salariale: participation, PEE, PEI, PERCO… ;
- Les plus-values sur actifs numériques (cryptomonnaies) ;
- Les gains lors du retrait ou de la clôture d’un PEA ;
- Les rentes de PER issues de versements volontaires déduits, et les intérêts des PER en cas de sortie en capital. Tous les PER sont concernés, bancaires comme assurantiels ;
- Les revenus issus de la location meublée, notamment certains loueurs de meublés non professionnels (LMNP).
La hausse de la CSG est entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Elle s’appliquera rétroactivement à certains revenus perçus en 2025, tels que les loyers de meublés non professionnels, les plus-values générées par la vente de vos cryptomonnaies ou vos titres de bourse.
Les placements non concernés par la hausse de la CSG
Certains placements échappent à la revalorisation de la CSG. Ils restent soumis au taux historique de 17,2% de prélèvements sociaux, et à une taxation globale de 30%. Cela concerne:
- Les contrats d’assurance-vie et de capitalisation ;
- Les plus-values immobilières ;
- Les revenus fonciers issus de la location non meublée ;
- Les PEL et CEL (plans d’épargne logement et comptes épargne logement), sous conditions ;
- Les PEP (Plans d’épargne populaire) ;
- Enfin, les livrets comme le Livret A, le LDDS et le LEP restent défiscalisés.
Quelle stratégie adopter pour votre épargne?
La hausse de la CSG entraîne une baisse du rendement net sur certains placements financiers. Un dividende brut de 5% a désormais une rentabilité nette de 3,43%, contre 3,5% auparavant.
- Cette évolution fiscale représente une bonne opportunité de faire un point sur votre patrimoine, et d’ajuster la répartition de votre portefeuille entre placements soumis au prélèvement forfaitaire unique et enveloppes fiscalement avantageuses. Il est important de ne pas agir dans la précipitation, et d’évaluer en amont le coût de cette mesure et de vos éventuelles opérations futures.
- Face à la baisse de performance, vous pouvez être tenté de revoir vos arbitrages pour rediriger votre épargne vers des supports échappant à la hausse de la CSG. Toutefois, la fiscalité ne constitue qu’un critère parmi d’autres dans le choix d’un placement. Vous devez également prendre en compte le niveau de risque ou la liquidité par exemple. Il est globalement plus intéressant de s’orienter vers un investissement offrant des gains réels taxés plutôt qu’un produit défiscalisé mais peu performant.
- L’augmentation de la CSG est un bon prétexte pour vous pencher sur les frais de votre PEA ou votre PER . Il peut être opportun de transférer votre contrat vers un établissement proposant des conditions plus attractives.
Les cas d’exonération de la CSG:
- Revenus du capital: les livrets d’épargne réglementée (Livret A, LDD, LEP, Livret Jeune), les gains issus de certains contrats d’assurance-vie, certaines plus-values immobilières lorsqu’elles bénéficient d’une exonération d’impôt, comme la vente de la résidence principale.
- Revenus de remplacement: les allocations familiales, le RSA, les pensions de retraite pour les personnes modestes, l’Allocation aux adultes handicapés (AAH), l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), l’Allocation de solidarité spécifique (ASS) pour les chômeurs en fin de droits…
- Revenus d’activité: les indemnités pour accident du travail et maladie professionnelle, la rémunération des volontaires en service civique, certains revenus des stagiaires et apprentis, les sommes versées par l’employeur au titre des chèques repas ou du remboursement des frais de transport.
Bien que la CSG s’applique à la majorité des revenus, certains en sont totalement ou partiellement exonérés. Voici les principaux concernés: