Kalray, 2CRSi, Riber, Soitec, Semco... les gagnants des paris sur l'IA information fournie par Zonebourse 14/04/2026 à 09:54
Les investisseurs français sont à la recherche de dossiers susceptibles de bénéficier directement ou indirectement des retombées de l'essor de l'intelligence artificielle. Cinq entreprises ont tiré profit de cet engouement, dont certaines reviennent de loin. Voici leurs portraits succincts.
Kalray
( 300% en 2026) : l'engouement actuel tient moins à une exécution déjà solide qu'à un pari de retournement spectaculaire : après des années de destruction de valeur et une quasi-faillite, la société a radicalement changé de modèle en abandonnant une stratégie industrielle trop lourde pour se recentrer sur la valorisation de sa propriété intellectuelle dans les DPU, un segment clé pour les data centers et l'IA. Ce pivot, validé par le partenariat structurant avec OpenChip, a fait bondir les marges et redonné de la crédibilité à l'histoire, tout en ancrant Kalray dans un récit porteur de souveraineté technologique européenne. Mais l'engouement boursier repose encore largement sur des attentes (montée d'OpenChip au capital, stabilisation du modèle, passage durable à la rentabilité) plutôt que sur des fondamentaux éprouvés, ce qui en fait davantage une situation spéciale très spéculative qu'une valeur IA solidement installée.
2CRSi
( 255% en 2026) : l'attrait pour 2CRSi repose sur un alignement rare entre narration boursière et dynamique opérationnelle : la société s'est imposée comme l'un des rares pure players français de l'infrastructure IA, en profitant pleinement de l'explosion des investissements dans les data centers. Son positionnement de niche sur les serveurs haute performance sur mesure, notamment avec refroidissement liquide, lui permet de capter une demande en forte croissance tout en promettant des gains énergétiques significatifs, donc une proposition de valeur claire pour les clients. Surtout, le groupe est en train de transformer cette opportunité en résultats concrets, avec une croissance spectaculaire du chiffre d'affaires et une amélioration attendue des marges, ce qui crédibilise enfin un modèle longtemps jugé fragile.
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Riber ( 217% en 2026) : le groupe de Bezons serait-il en train de vivre sa plus belle vie ? Riber s'appuie sur un mélange plus solide que spéculatif, mais qui commence à intégrer une prime d'anticipation. A l'origine, il y a la qualité d'un modèle de niche fondé sur des équipements très spécialisés et à forte valeur ajoutée. A cela s'ajoute désormais une exposition directe aux grandes tendances porteuses (IA, data centers, photonique, défense) qui soutiennent la demande. Surtout, le marché se projette désormais sur un potentiel changement de dimension avec la technologie Rosie en photonique sur silicium, perçue comme un possible tournant industriel. Mais la hausse récente intègre déjà une partie de ce scénario, avec une dimension spéculative liée aux attentes de montée en puissance et à un éventuel intérêt capitalistique, ce qui fait glisser progressivement le dossier d'une valeur de qualité vers une histoire de revalorisation anticipée.
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Soitec ( 199% en 2026) : l'entreprise iséroise donne généralement des haut-le-coeur à ses actionnaires, mais la phase actuelle leur redonne le sourire. Après la chute dépressive de l'action (de 243 EUR en 2021 à 22,62 EUR en décembre 2025), l'heure est à la reconquête. Le retour en grâce s'explique par un décalage perçu entre des fondamentaux à court terme encore fragilisés (notamment par la faiblesse persistante du marché du mobile) et un potentiel de revalorisation lié à des relais de croissance jugés stratégiques. Le marché commence à se projeter sur la photonique sur silicium et les architectures optiques pour l'IA (CPO), où Soitec pourrait bénéficier d'un positionnement sur certains substrats, avec à la clé des marges plus élevées. Cette thèse alimente un regain d'intérêt rapide pour le titre.
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Semco Technologies ( 66% en 2026) : moins visible que ses quatre compatriotes, avec une histoire boursière plus récente, la société héraultaise navigue elle aussi dans le domaine des semiconducteurs. Sa proposition repose sur une combinaison assez rare de positionnement de niche, de visibilité industrielle et de discipline financière : la société opère au coeur du "front-end" des semi-conducteurs avec ses eChucks, des composants critiques à forte valeur ajoutée, dont l'adoption crée une récurrence sur une très longue durée. Le PDG de Semco, Laurent Pelissier, nous expliquait récemment que son entreprise bénéficie indirectement des grandes vagues (IA, 5G, défense, automobile), tout en restant protégée par des cycles de qualification longs et des relations clients profondes. L'équipe de direction a beaucoup insisté, en marge de l'introduction en bourse réalisée l'année dernière sur un modèle économique maîtrisé, centré sur la croissance organique, les investissements autofinancés, la montée en capacité déjà planifiée et une politique de distribution claire.