(Actualisé avec estimations, déclarations et précisions)
par Orhan Coskun, Ece Toksabay et Ali Kucukgocmen
ANKARA, 14 mai (Reuters) -
Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 20 ans, et son
opposant Kemal Kiliçdaroglu ont chacun revendiqué l'avantage
dimanche au soir du premier tour de l'élection présidentielle en
Turquie, même si des sources au sein des deux camps ont admis
qu'aucun des deux hommes ne devrait franchir le seuil des 50%
des voix.
En l'absence de majorité absolue ce dimanche, un
deuxième tour sera organisé le 28 mai.
Comme prévu, les premiers résultats ont donné une
confortable avance au chef de l'Etat sortant,
islamo-conservateur âgé de 69 ans, mais celle-ci s'est érodée
avec la progression du dépouillement. Il est ainsi passé sous
50% des voix après quasiment 90% des bulletins dépouillés.
Les derniers sondages réalisés avant l'élection
donnaient une légère avance à Kemal Kiliçdaroglu, candidat
unique de six mouvements d'opposition, et deux ont même accordé
vendredi plus de 50% des intentions de vote à cet ancien haut
fonctionnaire de 74 ans, qui se revendique de l'héritage de
Mustafa Kemal Atatürk, père de la Turquie laïque. Dans la
plupart des cas, les écarts étaient toutefois faibles.
En l'absence de résultats officiels, chacun des deux
camps a dénoncé les décomptes avantageux avancés par
l'adversaire.
Recep Tayyip Erdogan a mis en garde contre toute annonce
précipitée alors que le dépouillement se poursuivait tandis que
Kemal Kiliçdaroglu, issu du Parti républicain du peuple (CHP), a
exhorté les autorités électorales à tenir compte de l'ensemble
des résultats au niveau national.
CRISE ÉCONOMIQUE ET TRAUMATISME DÛ AU SÉISME
Cette élection est déterminante pour savoir non
seulement qui dirigera la Turquie, membre de l'Otan, mais aussi
quelle sera l'orientation politique et économique de cette
puissance régionale de 85 millions d'habitants.
Ce scrutin présidentiel se tient parallèlement à des
élections législatives dans un contexte de grave crise
économique et après le traumatisme causé par le double séisme de
février, qui a frappé le sud de la Turquie et fait plus de
50.000 morts, selon les chiffres officiels.
Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2003
avec son Parti de la Justice et du Développement (AKP), d'abord
en tant que Premier ministre puis président après la réforme de
la Constitution et l'instauration d'un système présidentiel en
2017, Recep Tayyip Erdogan semble menacé dans les urnes.
Une des inconnues du scrutin est le choix des cinq
millions de jeunes qui votaient pour la première fois cette
année.
A la tête d'une coalition hétéroclite de six partis, et
soutenu également par le Parti démocratique des peuples (HDP)
pro-kurde, Kemal Kiliçdaroglu a promis de revenir, en cas de
victoire, à des politiques économiques plus orthodoxes et de
ramener le pays vers son passé démocratique et laïque.
Recep Tayyip Erdogan dirige la Turquie depuis deux décennies
et ses détracteurs l'accusent de concentrer les pouvoirs, de
museler et d'emprisonner les opposants et d'avoir placé sous sa
coupe les secteurs des médias, de la justice et de l'économie,
encore plus depuis une tentative de coup d'Etat en 2016.
Il a également fait le ménage dans l'armée avec des procès à
répétition après cette tentative de putsch, imputée par Ankara
aux partisans du prédicateur Fethullah Gülen, ancien allié du
président et désormais exilé aux Etats-Unis.
(Avec la contribution de Mehmet Emin Caliskan, Bulent Usta,
Ezgi Erkoyun Can Sezer, Deniz Uyar et Jonathan Spicer, rédigé
par Tom Perry, Daren Butler et Alexandra Hudson; version
française Camille Raynaud, Tangi Salaün et Bertrand Boucey)
Turquie-Chaque camp revendique l'avantage à la présidentielle, deuxième tour probable
information fournie par Reuters 14/05/2023 à 22:23
© 2026 Thomson Reuters. All rights reserved.
Reuters content is the intellectual property of Thomson Reuters or its third party content providers. Any copying, republication or redistribution of Reuters content, including by framing or similar means, is expressly prohibited without the prior written consent of Thomson Reuters. Thomson Reuters shall not be liable for any errors or delays in content, or for any actions taken in reliance thereon. "Reuters" and the Reuters Logo are trademarks of Thomson Reuters and its affiliated companies.
A lire aussi
-
Donald Trump a annoncé jeudi le renvoi de la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem, l'une des figures de proue de la politique d'expulsions massives d'immigrés du président américain. La ministre se voit confier une mission "d'émissaire spéciale" pour ... Lire la suite
-
Posant sans complexe devant des détenus entassés dans une mégaprison salvadorienne ou traitant de "terroristes" des manifestants tués par des policiers américains à Minneapolis, Kristi Noem incarnait jusqu'à la caricature l'inflexibilité de l'administration Trump ... Lire la suite
-
Sous pression de l'opposition politique pour contenir les prix des carburants, qui ont augmenté rapidement avec la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a défendu jeudi son action, réfutant que l’État soit le "grand gagnant" de la situation. Le ministère de l'Économie, ... Lire la suite
-
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier, venue jeudi dans la métropole lyonnaise soutenir les élus verts sortants en danger face à Jean-Michel Aulas et ses alliés, a indiqué que toute alliance avec LFI au second tour se ferait "au cas par cas". "On ne donne ... Lire la suite
- Accueil Bourse
- Tous les cours boursiers
- Cours CAC 40
- Indices boursiers internationaux
- Palmarès Bourse
- Cours du Pétrole (Brent)
- Convertisseur de devises
- Convertisseur dollar / euro
- Convertisseur euro / dollar
- Convertisseur livres / euro
- Convertisseur franc suisse / euro
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer