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Torture et violence sexuelle couramment utilisées par les forces russes en Ukraine-experts
information fournie par Reuters 02/08/2023 à 14:37

par Anthony Deutsch

AMSTERDAM, 2 août (Reuters) - Un grand nombre de prisonniers détenus dans des centres de détention improvisés dans le sud de l'Ukraine occupé par la Russie ont été torturés et ont subi des violences sexuelles, a annoncé mercredi une équipe d'experts internationaux dans un rapport.

L'équipe de conseillers juridiques de Global Rights Compliance, un cabinet spécialisé dans le droit humanitaire, a travaillé avec les procureurs ukrainiens chargés des crimes de guerre dans la région de Kherson depuis que cette dernière a été reprise par les forces ukrainiennes, plus de huit mois après être passée sous contrôle russe.

Les autorités ukrainiennes passent en revue plus de 97.000 signalements de crimes de guerre et ont engagé des poursuites judiciaires contre 220 suspects.

Le Kremlin a toujours nié les allégations de crimes de guerre commis en Ukraine.

Le dernier rapport de l'équipe de Global Rights Compliance, financée par la Grande-Bretagne, l'Union européenne et les Etats-Unis, a analysé 320 cas et récits de témoins sur 35 sites de la région de Kherson.

Parmi ceux-ci, "43% ont explicitement mentionné des pratiques de torture dans les centres de détention, citant la violence sexuelle comme une tactique courante imposée par les gardiens russes", indique un communiqué.

Le ministère russe de la Défense n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire sur ce sujet.

En juin, le parquet ukrainien a engagé une procédure liée à la déportation présumée de dizaines d'orphelins de Kherson, en accusant de crimes de guerre un homme politique russe et deux collaborateurs ukrainiens présumés.

Reuters a fait état en janvier de l'ampleur des actes de torture perpétrés à Kherson. Les autorités ukrainiennes avaient alors déclaré qu'environ 200 personnes auraient été détenues illégalement.

"L'ampleur réelle des crimes de guerre commis par la Russie reste inconnue", a déclaré Anna Mykytenko, conseillère juridique principale à Global Rights Compliance. "Ce que nous pouvons dire avec certitude, c'est que les conséquences psychologiques de ces crimes sur le peuple ukrainien resteront gravées dans les esprits pendant des années."

Au moins 36 victimes entendues par les procureurs ont mentionné l'utilisation de l'électrocution pendant les interrogatoires ainsi que des menaces de mutilation génitale. Une victime a été forcée d'assister au viol d'un autre détenu, selon le rapport.

Parmi les détenus les plus susceptibles de subir des tortures, le rapport évoque les militaires, les policiers, les responsables locaux, le personnel médical ou encore les enseignants. Les techniques de torture les plus couramment utilisées sont la suffocation, le simulacre de noyade (le "waterboarding"), les coups et menaces de viol.

Reuters n'a pas été en mesure de vérifier ces allégations.

(Version française Laetitia Volga, édité par Blandine Hénault)

3 commentaires

  • 02 août 16:50

    Ils faudrait que ces experts se mettent à jour car actuellement les Russes mangent tout cru les prisonniers Ukrainiens


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