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Sarkozy mis sur orbite présidentielle avant la primaire LR

Reuters02/07/2016 à 18:31

LES RÉPUBLICAINS ADOPTENT LE PROJET PRESIDENTIEL DE SARKOZY

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Les Républicains ont mis samedi sur orbite présidentielle Nicolas Sarkozy en adoptant "un projet d'alternance" pour 2017 lors d'un ultime conseil national avant la primaire qui, sous couvert d'unité, a ravivé les hostilités internes.

C'est en l'absence de son principal rival pour l'investiture, Alain Juppé, que l'ancien chef de l'Etat a annoncé à mots couverts sa démission prochaine de la présidence du parti pour se lancer officiellement dans la compétition.

"Ce conseil national sera mon dernier en tant que président des Républicains", a-t-il lancé devant les cadres de LR.

"Cette primaire, ça sera le temps de la concurrence entre de fortes personnalités, entre des talents incontestables", a-t-il dit en présence de François Fillon, seul candidat à assister à son allocution avec Hervé Mariton et Nadine Morano.

Il a toutefois appelé au respect entre les concurrents : "Quand la droite va au combat, elle doit se battre sur le front de la gauche et le front de l'extrême droite, c'est pour cela qu'il est inacceptable que l'on s'attaque entre nous."

Le président des Républicains n'a eu de cesse de se poser en garant de l'union de sa famille politique alors qu'Alain Juppé, toujours favori des sondages malgré une érosion de sa cote de confiance à droite, a ostensiblement fait bande à part.

Le maire de Bordeaux, qui avait subi les sifflets de militants sarkozystes lors du congrès fondateur des Républicains le 30 mai 2015, a assisté en figurant à une petite partie du conseil samedi matin, comme décalé dans un rassemblement marqué de l'empreinte de son initiateur. Il ne s'est pas exprimé à la tribune et a quitté le conseil après le déjeuner sans attendre le vote du projet et l'allocution de Nicolas Sarkozy.

"C'EST PLUS FACILE D'ÊTRE SUR LE TROTTOIR"

Après un tête-à-tête d'une dizaine de minutes avec le président de LR, il s'était en outre éclipsé dans un bar voisin pour parler Europe avec une dizaine de jeunes militants.

Une manière de souligner son indépendance et de "garder [s]a liberté d'action et de proposition" face à une "confusion regrettable", a-t-il dit, "entre Nicolas Sarkozy président des Républicains et Nicolas Sarkozy en campagne pour la primaire".

Nicolas Sarkozy n'a pas apprécié et a fustigé les absents dans son discours de clôture : "C'est plus facile d'être sur le trottoir et de parler à quelques journalistes, c'est moins facile d'être au milieu des siens."

Les juppéistes expliquaient avoir choisi l'abstention plutôt que l'absentéisme pour marquer leur différence.

"C'est plutôt le projet de Nicolas Sarkozy. Je ne vais pas demander à Nicolas Sarkozy ou à ses proches de voter le projet d'Alain Juppé. L'inverse est donc vrai", a justifié le député juppéiste Benoist Apparu auprès de journalistes.

Bruno Le Maire, désormais "troisième homme" des sondages, a lui boycotté la réunion du "parlement" de LR, préférant s'exprimer aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence.

Là encore, Nicolas Sarkozy s'est montré cinglant avec son ancien ministre : "Quand on était ensemble au gouvernement, il y en a assez peu qui m'ont dit : 'Je t'en supplie, je veux sortir tant je suis en désaccord!'"

360 PAGES DE PROPOSITIONS

Le projet du parti, plus de 360 pages d'un corpus de propositions prônant notamment "un contre-choc fiscal" dès 2017, 100 milliards d'euros d'économies sur cinq ans, le rétablissement des peines planchers et leur extension aux récidivistes, ainsi qu'une politique d'immigration restrictive, a été adopté à une écrasante majorité par les membres du parti, qui ont levé un carton bleu pour exprimer leur accord.

Seuls 14 cartons rouges se sont levés dans la salle. Un élu juppéiste a ironisé sur des méthodes "nord-coréennes".

Nadine Morano a voté pour, Hervé Mariton, qui a regretté des "demi-mesures", a voté contre, Alain Juppé, François Fillon, Jean-François Copé n'ont pas pris part au vote.

"Toutes les contributions sont utiles dans la bataille des idées qui va s'engager. Maintenant chacun puisera ou non son inspiration dans ce document", a dit François Fillon qui a appelé à une primaire "franche et loyale" dans un discours applaudi.

La droite "qui s'assume" s'est donc fait entendre haut et fort, avec des nuances, en Laurent Wauquiez, Eric Ciotti, Jean-François Copé ou Nadine Morano, très applaudie et de nouveau en cour auprès de Nicolas Sarkozy après avoir été écartée pour avoir qualifié la France de pays de "race blanche".

"Nous ne voulons pas passer notre temps à nous excuser des valeurs de la droite", a lancé à la tribune le numéro deux du parti, Laurent Wauquiez, héraut de la ligne "droitière".

"Pourquoi vouloir séduire une gauche qui de toute façon ne votera jamais pour vous?", a répété Jean-François Copé, qui joue désormais, non sans égratignures, la coexistence pacifique avec Nicolas Sarkozy, alors qu'Alain Juppé expliquait lors de son aparté avec des jeunes vouloir "rassembler largement".

(Edité par Yves Clarisse)

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