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Notre-Dame : accusée de "détournements de dons", la mairie de Paris va exonérer de redevance le chantier de reconstruction
information fournie par Boursorama avec Media Services 23/03/2022 à 13:01

Notre-Dame de Paris. ( AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT )

Notre-Dame de Paris. ( AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT )

"Il n'a jamais été question qu'un euro de Notre-Dame serve à autre chose qu'à Notre-Dame", a déclaré le premier adjoint à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire, se disant "extrêmement agacé par la polémique instrumentalisée autour du sujet".

Une annonce qui fait suite à de virulentes critiques d'un rapport parlementaire. Selon le premier adjoint Emmanuel Grégoire mardi 22 mars, la mairie de Paris va finalement exonérer de redevance le chantier de reconstruction de Notre-Dame, financé par des dons.

A raison de 3,4 millions d'euros par an et suivant la durée finale du chantier, cette redevance liée à l'occupation du sol devait au total représenter une vingtaine de millions d'euros. Le total des dons encaissés et des promesses de dons contractualisées dans le cadre de la souscription nationale atteignait lui 831 millions d'euros en septembre 2021.

La réouverture au public de la cathédrale incendiée est prévue en 2024 mais le chantier, mené par l'Établissement public (EPRND) pourrait se poursuivre plus longtemps, a souligné Emmanuel Grégoire.

"L'exonération était une hypothèse privilégiée de notre part" mais "nous avions le souhait de garder la main sur le quand et le comment", a-t-il déclaré à l'AFP. Il s'est dit également "extrêmement agacé par la polémique instrumentalisée autour du sujet".

"Il n'a jamais été question qu'un euro de Notre-Dame serve à autre chose qu'à Notre-Dame", a-t-il encore déclaré.

L'exécutif mené par la maire PS Anne Hidalgo proposera jeudi au Conseil de Paris "l'exonération des redevances dues pour l'occupation du domaine public", dans un texte transmis à l'AFP.

Une "incohérence de la mairie de Paris" ?

Mi-février, les députés de la mission d'information sur la restauration de la cathédrale gothique incendiée en avril 2019 avaient fustigé l'attitude de l'Hôtel de Ville, estimant qu'il n'était "pas envisageable de faire prendre en charge par la générosité publique des redevances qui représentent plusieurs millions d'euros, au profit de la mairie de Paris".

La présidente (LR) de la mission d'information Brigitte Kuster avait dénoncé un "détournement évident des dons consentis par des centaines de milliers de donateurs français".

Mardi, la députée parisienne s'est félicitée auprès de l'AFP que "la persévérance paie", se disant "très heureuse que le rapport ait mis en exergue cette incohérence de la mairie de Paris".

"C'est un dossier qu'Anne Hidalgo a pris par-dessus la jambe", a encore déclaré l'élue d'opposition.

Pour Emmanuel Grégoire, Brigitte Kuster a eu un "comportement très partial" au sein de la mission, alors qu'il est "rare d'avoir un sujet sur lequel les pouvoirs publics sont autant alignés" que celui de la reconstruction de la cathédrale.

L’exonération ne pouvait se faire "sans conditions, sur l'organisation du chantier et le calendrier", a encore dit Emmanuel Grégoire.

Anne Hidalgo "s'est dédite", accuse Brigitte Kuster

Dans un communiqué, Brigitte Kuster appelle Anne Hidalgo à "honorer" la promesse d'un don de 50 millions d'euros pour la restauration, faite après l'incendie, l'accusant de s'être "dédite en transformant le don annoncé en financement du réaménagement des abords, qui lui incombe en tant que propriétaire".

En avril 2021, Anne Hidalgo avait affirmé que la décision de consacrer cette somme au réaménagement des abords du site avait été prise "en accord avec l'État" .

Dans le texte qui sera présenté jeudi, la candidate du PS à la présidentielle confirme l'engagement de la Ville à consacrer cette somme à la rénovation du parvis et des abords, "élément constitutif du monument".

Une importante découverte archéologique avant la reconstruction

Lors d'une opération de fouilles archéologiques préalable aux travaux de reconstruction de la flèche de la cathédrale, plusieurs sépultures, dont un sarcophage en plomb datant probablement du XIVe siècle, ont été découvertes, a annoncé lundi 14 mars le ministère français de la Culture.

Ces vestiges sont "d'une qualité scientifique remarquable", selon le ministère. Ils ont été mis au jour au niveau de la croisée du transept de la cathédrale, partiellement détruite par l'incendie d'avril 2019. Parmi les sépultures, "un sarcophage anthropomorphe en plomb, intégralement conservé a été dégagé". Il pourrait s'agir de celui "d'un haut dignitaire, datant probablement du XIVe siècle", d'après la même source.

L'opération a également mis en évidence, immédiatement sous le niveau de dallage actuel de la cathédrale, "l'existence d’une fosse dans laquelle ont été enfouis des éléments sculptés polychromes identifiés comme appartenant à l'ancien jubé de Notre-Dame (tribune formant une clôture de pierre ou de bois et séparant le chœur liturgique de la nef, ndlr), construit vers 1230 et détruit au début du XVIIIe siècle".

Lors de ses travaux, au milieu du XIXe siècle, Viollet-Le-Duc, concepteur de la flèche, avait retrouvé d'autres fragments de ce jubé, aujourd’hui exposés au musée du Louvre.

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